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Le blog d'education et de formation

Entretien avec Jacques Knafo, président-délégué de la Conférence des grandes écoles

28 Juillet 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

 

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LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Sans incitations, l’objectif des 20% des effectifs restera un leurre

Entretien avec Jacques Knafo, président-délégué de la Conférence des grandes écoles
 
· Aucune préconisation de la Cosef n’a été mise en application

· L’Agence d’évaluation de l’enseignement supérieur devient une urgence


· L’émulation entre le privé et le secteur public est réelle



Jacques Knafo est président-délégué de la Conférence des grandes écoles.
L’association regroupe une quinzaine d’établissements d’enseignement supérieur privé et représente 70% des effectifs. L’enjeu aujourd’hui dans le secteur est de relancer l’investissement et de solvabiliser la demande car dit-il, aller dans un établissement privé est un choix et une liberté personnelle. Pourquoi ne pas appliquer le dégrèvement même partiel de frais de scolarité de l’IR comme cela avait été recommandé par la Cosef ? Il faudra une fois pour toutes, installer le mécanisme d’évaluation prévu par la loi. Cela fait dix ans que l’instance d’évaluation attend.


- L’Economiste : Comment s’est passée la campagne d’inscriptions de cet été?

- Jacques Knafo: Par rapport à l’année dernière, nous relevons un léger recul qui s’explique par trois facteurs: les gens sont partis tôt en vacances cette année à cause du Ramadan, les concours et les épreuves de sélection dans les établissements publics- facultés de médecine, ENCG, etc- ont été légèrement retardés. Les résultats ne seront publiés qu’à la fin du mois de juillet. Il n’y a rien d’inquiétant cependant, nous pensons que la situation va redevenir «normale» en septembre et que le petit retard sera rapidement rattrapé.
L’enseignement supérieur privé, toutes filières confondues, représente aujourd’hui près de 30.000 étudiants, c’est une donnée importante. Cela équivaut à un peu moins de 5% de la population globale des étudiants au Maroc. Selon la Charte de l’Education et de la formation, l’objectif est d’atteindre 20%.
Le sentiment de mes pairs est que ce léger coup de froid de l’affluence aux guichets des établissements est juste momentané. En plus de facteurs que je vous ai décrits plus haut, la confusion créée par ces histoires d’universités privées a semé la pagaille dans les esprits des parents.
Beaucoup pensaient par ailleurs que ces établissements, à Rabat et à Casablanca, étaient gratuits. Or, il faut débourser 70.000 dirhams. Ce qui est embêtant dans cette histoire, c’est l’attitude de la CDG. Comment un organisme public peut favoriser un établissement qui n’existe pas juridiquement? C’est un secteur dans son ensemble qu’il faut aider, si elle veut faire un effort pour l’enseignement privé. Qu’elle favorise par exemple la solvabilité de la demande en mettant en place des mécanismes de prêts à de taux réduits. Je ne vois pas pourquoi la CDG qui est un organisme qui gère des fonds publics, offre des terrains à des promoteurs qui débarquent, alors qu’il y a des professionnels installés depuis 25 ans. Pourquoi une entité publique s’intéresserait-elle d’un seul coup à l’Université internationale de Rabat, jusqu’à entrer dans son tour de table ?

- Il se raconte que derrière la décision de la CDG, il y aurait des considérations politiques…

- Lesquelles? Je veux bien, mais je voudrais bien qu’on me le démontre. Il faut être clair: quel est le rôle de la CDG? De par sa mission, elle est là pour aider éventuellement à faire éclore un certain nombre de projets. En principe, elle doit entrer et sortir très vite. Le terrain qu’elle a affecté à l’Université internationale de Rabat, est un bien public et il faut le rentabiliser.
J’aimerais bien aussi acquérir les 20 hectares à 200 dirhams le mètre carré. C’est un véritable scandale. Pour quelles raisons fait-on payer à d’autres investisseurs qui veulent s’installer à Technopolis entre 800 et 1200 dirhams le mètre carré? Ce n’est plus de la politique, c’est du copinage!

- Quelle sera la suite de la dernière réunion de la Commission nationale de coordination de l’Enseignement supérieur?

- Normalement, les propos du ministre étaient clairs à propos de ces universités privées: pas d’autorisation tant que les textes d’application ne sont pas publiés ainsi que le cahier des charges. Nous n’avons rien contre les universités privées, mais il faut qu’elles s’inscrivent dans une procédure légale.

- Certains, y compris dans la profession, estiment que vous en faites un peu trop au sujet de ces universités, et qu’après tout, c’est au contenu qu’on les jugera. Est-ce le simple fait de porter le nom d’université suffit-il à donner du crédit à ces établissements?

- C’est une question de principe et d’équité que nous défendons. Pourquoi est-ce qu’on interdirait à un établissement comme Mundiapolis, qui a du reste, construit et qui est sur le marché depuis 20 ans, d’arborer le nom d’université ? Et pourquoi on l’autoriserait à des promoteurs qui plus est, ne se conforment pas délibérément à la loi ? En plus, de quoi parle-t-on? Une université suppose en effet plusieurs entités, une mutualisation d’un certain nombre d’entités, des filières de formation, des ressources pédagogiques, et le corps enseignant. Elle suppose surtout de la recherche.
Pour l’instant, on est loin du compte, et en l’absence du cadre réglementaire, ces établissements n’ont pas d’existence juridique. Je rappelle que l’une des recommandations de la Cosef préconisait la création d’universités privées et avec le mécanisme de solvabilisation de la demande sous forme de dégrèvement d’impôt en compensation partielle de frais de scolarité supportés par les parents. Aucune des dispositions de la Charte de la Formation et de l’Education n’a été mise en application à ce jour.

- C’est peut-être la preuve que l’enseignement privé n’est pas aussi prioritaire que vous le prétendez dans la profession…

- On n’est pas en effet à une contradiction près avec l’objectif que l’Etat s’est fixé, c’est-à-dire, que le privé puisse représenter d’ici 2015, 20% des effectifs de l’enseignement supérieur. Par quel miracle? Si on ne met pas en application tout le dispositif tel qu’il a été défini par la Charte, cet objectif sera impossible à atteindre. Tant que les textes d’application de loi sur l’enseignement supérieur ne seront pas publiés, que les lois des finances ne suivront pas, on pourra toujours rêver.

- Est-ce seulement une question d’incitations fiscales?

- Il n’y a pas que le côté fiscal. Prenons le volet régulation. La loi prévoit la création d’une agence nationale d’évaluation qui supervisera le privé comme le public. Où est-elle ? Cela fait dix ans que la loi a été publiée. Cette instance doit évaluer au même titre, le privé et le public. En son absence, c’est l’université du ressort de laquelle se trouve l’école qui assure l’évaluation. Cette université se retrouve en position de juge et partie, très loin de l’esprit de la loi.

- L’enseignement privé n’est pas non plus un bloc homogène et performant. Il y a beaucoup de mauvais qui prospèrent…

- Il ne m’appartient pas de faire le gendarme ou de me substituer au régulateur. Au ministère de fermer des écoles qui ne répondent pas aux exigences réglementaires et pédagogiques. Par contre, mon rôle est de tirer les standards vers le haut; c’est ce que nous faisons au niveau de la Conférence des grandes écoles qui réunit une quinzaine d’établissements. Nous sommes entrain de réfléchir sur les moyens de mutualiser nos ressources, dans le corps professoral, la recherche, la formation des formateurs, etc. Nous nous sommes fixés cinq ans pour y arriver.

- On a l’impression que l’enseignement privé doit encore batailler pour sa légitimité…

- Pas du tout. Au contraire, c’est le privé qui a fait avancer le public en injectant de l’émulation. Il a démontré au secteur public qu’il pouvait réussir plus rapidement l’insertion des jeunes. Par le passé, les universités avaient un gros handicap auprès des entreprises. Qui recrutait-on pour les gros postes? Grandes écoles françaises, universités américaines, etc…Résultat, la majorité des grands postes de responsabilité, excepté le politique, sont trustés par des centraliens, polytechniciens, ponts & chaussées, etc.
Aujourd’hui, l’université a entrepris une remise en cause, et les résultats s’en ressentent. Les facultés ont copié les recettes qui marchent dans les écoles privées : des formations tournées vers le marché du travail, des programmes plus adaptés, etc. A la clé, l’employabilité des lauréats s’en est ressentie aussitôt. Dans certains cas, les facs sont même devenues plus compétitives que des établissements privés.

Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA
 
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© 2001 L'économiste

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