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Alice Miller : La Psy des Enfants Maltraités

16 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #موضوعات تربوية

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alice-miller-la-psy-des-enfants-50457

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Cet article a pour but de présenter le travail encore méconnu d’Alice Miller , ancienne psychanalyste qui parle de l’enfance et des conséquences des maltraitances à l’âge adultes, comme la reproduction de ce que l’on a soit même subis contre nos propres enfants, les souffrances qui en résultent ou encore nous explique que les criminels ont été effroyablement maltraités et qu’ils n’ont jamais recontrés de "témoins secourables" selon sa propre expression qui leur montre autrechose que la violence et la cruauté de leurs propres parents, quelqu’un qui leur donne un peu d’amour et de compassion, ce qui leur évite de devenir des criminels.


Elle a déjà ecrit plus d’une dizaine de livres sur ce sujet depuis le début des années 1980, sans pour autant que les médias nous parlent de ces découvertes qui restent cachées, exactement comme lorsque l’on a découvert que c’était la terre qui tournait autour du soleil, l’opinion contraire prétenduement juste était erronée, mais elle était tellement défendue que l’on ne pouvait pas la contredire sans risquer de sérieux problèmes.

Alice Miller est une psy encore relativement méconnue, qui malgré ses nombreux livres, et le succès de ses livres, ne rencontre pas le succès médiatique, contrairement à certains de ces « confrères » dont chaque nouvel ouvrage fait l’objet d’un matraquage médiatique.

Elle écrit depuis les années 1980 sur l’enfant, les souffrances de l’enfant et les conséquences à l’âge adulte des maltraitances, qui se répercutent sur toute la société, et même sur des pays entiers lorsque ces enfants deviennent des dictateurs. Son dernier livre s’intitule « Ta vie sauvée enfin  », Flammarion, 2008.

Lorsque l’on parle de maltraitances, on pense souvent aux enfants battus, ayant des marques de coups visibles sur le corps : la violence visible, mais Alice Miller s’intéresse aux maltraitances invisibles et celles encouragées par l’éducation, par la religion, la morale, les institutions éducatives, et ce depuis des millénaires.

Malheureusement, l’angle de recherche adopté par Alice Miller lui interdit le « succès médiatique », car elle ose accuser les parents et c’est encore interdit par la société. C’est la peur d’accuser les parents qui vient de notre enfance, très répandue dans toutes les couches de la société qui nous empêche de découvrir cette vérité qui était interdite à l’enfant.

L’enfant apprend en effet à prendre le point de vue de ses parents et à ne pas le remettre en question pour survivre, exactement comme dans une dictature ou si l’on n’est pas d’accord on risque d’être tué. Elle nous apprend qu’il n’existe pas de criminel ayant des gènes qui le pousse a faire du mal, car lorsque l’on s’intéresse à l’enfance de tels « personnages », on découvre qu’ils ont été effroyablement maltraités, même les plus atroces des dictateurs sont nés des enfants innocents. On se doute bien que de telles affirmations, en contradiction avec notre morale répandue risquent de choquer beaucoup de monde, et que les médias grand publics, comme les politiques, préfèrent flatter leur public dans le sens du poil plutot que de leur livrer des vérités dérangeantes, choquantes, douloureuses, mais libératrices.

Elle a recherché dans l’histoire comment on traitait l’enfant et s’est aperçue que l’on a accusé pendant des millénaires l’enfant innocent pour ne pas accuser les parents et l’on inventa pour ça des théories comme quoi il existe des enfants porteurs de gènes maléfiques ou des « enfants du diable » comme on le croyait au moyen âge parce que l’on ne connaissait pas les causes et l’origine de nos souffrances.

Les souffrances des parents sont souvent rappelées par l’enfant, ce qui a fait croire que c’était l’enfant qui faisait souffrir ces parents parce que l’on ne connaissait pas la véritable origine de telles souffrances.

Exactement comme l’on accusait des « fautes » ou des « péchés » d’être responsables des maladies soit disant envoyées par Dieu pour nous punir, mais depuis nous avons découverts les véritables causes de ces maladies, les microbes et autres virus ce qui nous a libéré de nos croyances dangereuses à ce sujet. Alice Miller nous invite à faire la même chose au sujet de l’origine du mal et des souffrances « psychologiques ». Ces explications était fausses mais permettaient d’éviter d’accuser les parents par peur, de calmer nos peurs et nos angoisses, la même peur que l’enfant avait de ses parents dans l’enfance avec laquelle beaucoup d’entre nous sont restés même adultes.

Le Parcours d’Alice Miller

Voici un extrait du Portait d’Alice Miller qui résume son parcours professionnel et son travail :

« Alice Miller a fait ses études à Bâle où elle a obtenu en 1953 son doctorat de philosophie. Elle a exercé sa profession de psychanalyste à Zürich, mais l’a abandonnée pour se consacrer entièrement à ses recherches sur l’enfance. En 1986, elle a reçu à New York le prix Janusz Korczak.

Parmi les 192 pays membres de l’ONU, 17 uniquement ont interdit de battre les enfants. Aux Etats-Unis, il y a encore 20 Etats où les châtiments corporels sont autorisés à l’école et même sur les adolescents. Les personnes qui peuvent s’indigner de ces faits et qui en mesurent les graves conséquences, comprendront sans problème tous les livres d’Alice Miller. Elles comprendront aussi pourquoi cet auteur s’engage, même à son âge avancé, pour libérer la société de son ignorance. A l’aide de ses livres, articles, tracts, interviews et réponses aux courriers des lecteurs sur son site, elle montre que la maltraitance des enfants produit non seulement des enfants malheureux et perturbés, des adolescents destructeurs et des parents mal traitants, mais aussi une société perturbée qui fonctionne si souvent d’une façon extrêmement irrationnelle.

Grâce à ses recherches sur l’enfance, Alice Miller a compris que la violence exercée sur les enfants conduit à la violence globale qui règne sur le monde entier, d’autant plus que l’on commence à frapper les enfants dans les premières années de leur vie, justement au moment où leur cerveau se construit. Même si les conséquences scandaleuses sont évidentes, elles ne sont pas perçues et encore moins prises en compte par la société. Or, la situation est facile à comprendre : les enfants ne sont pas autorisés à se défendre de la violence des parents et sont alors obligés de supprimer et refouler les réactions naturelles à l’agression parentale comme les émotions de la colère et d’angoisse. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’ils peuvent décharger ces émotions très fortes, sur leurs propres enfants ou, dans certains cas, sur des nations toutes entières. »

Le Respect des Parents et l’Enfant

Le point de départ du travail d’Alice Miller est la découverte du « 4ème commandement » et surtout de ces effets nocifs. Ce 4ème commandement nous exhorte à respecter et à honorer nos parents, à ne pas les accuser, de les considérer comme innocents et ça conduit à accuser l’enfant, car il faut alors trouver un bouc émissaire pour décharger notre haine et notre colère, mais l’aspect nocif et dévastateur de cette injonction morale que l’on retrouve partout dans la société, même chez les psys ou dans la religion catholique qui prône le pardon envers ceux qui nous ont offensés est passé inaperçu car cela aurait conduit à accuser les parents de ce qu’ils ont fait subir à l’enfant.

Il est donc nécessaire pour l’enfant pour survivre de « s’aveugler » pour montrer aux parents son « respect » envers eux, les croire, et ne pas les « trahir », mais l’enfant doit donc pour cela se trahir lui même, ce qui n’est pas sans conséquences. Alice Miller appelle ses conceptions moralisatrices qui veulent avilir l’enfant la « pédagogie noire ».

Car Alice Miller nous dit que le pardon et ses injonctions morales ne servent qu’a masquer la réalité, car notre corps ne se laisse pas leurrer, il connait nos véritables sentiments et les sentiments ne s’éprouvent pas sur commande, une injonction morale ne peut faire naitre un sentiment que l’on éprouve pas. Ce commandement nous pousse donc à nous trahir nous mêmes, ce qui conduit inévitablement à des souffrances.

Ce 4ème commandement nous demande donc de pardonner à nos parents et nous interdit de voir ce qu’ils font subir à l’enfant « pour son bien » sinon, comment ne pas les accuser ?

Mais cette aveuglement à un prix qui se paye par des souffrances à l’âge adulte. Cette morale traditionnelle est dangereuse car elle nous force à réprimer nos sentiments qui permettent l’accès à qui nous sommes vraiment. L’ordre derrière ce commandement est « Tu ne t’apercevra de rien », car pour ne pas accuser nos parents, nous devons nous interdire de nous apercevoir de ce qu’ils font subir à l’enfant.

Dans une interview sur son site officiel, « La cruauté s’apprend dans l’enfance » , elle nous dit au sujet du 4ème commandement :

« Vous avez établi que le respect du quatrième commandement (« tu honoreras ton père et ta mère ») par l’enfant nuit à une vie émotionnelle saine. Voilà qui doit choquer bien des gens. Comment avez-vous découvert que cette « injonction solennelle » n’a en fait pas d’autre fonction que la manipulation et l’asservissement de l’enfant ?

Ce n’est pas à l’enfant que le quatrième commandement nuit, mais plus tard à l’adulte. Tous les enfants aiment leurs parents et n’ont nul besoin d’un commandement pour leur dire de le faire. Mais quand nous devenons adultes et que nous réalisons que notre amour a été exploité et qu’on a abusé de nous, nous devrions être capables de percevoir nos sentiments véritables, y compris la rage, et rien ne devrait nous obliger à continuer à aimer des parents qui ont été cruels envers nous. La plupart des gens ont peur de ces sentiments « négatifs » à l’égard de leurs parents, c’est pourquoi ils se défoulent sur leurs enfants et perpétuent de cette façon le cycle de la violence. C’est là que je situe les effets destructeurs du quatrième commandement. Et comme il n’existe toujours pas de commandement ni de loi qui interdirait aux parents de décharger leur colère sur leur progéniture, rien ne s’oppose à ce que le comportement parental le plus brutal continue de porter le nom d’« éducation ».

Vous allez jusqu’à affirmer que le quatrième commandement est la cause de maladies physiques. Comment en arrivez-vous là ? En a-t-il été ainsi pour vous personnellement ?

C’est la répression des sentiments authentiques qui nous rend malades. Nous les réprimons par peur. La peur inconsciente que ressent l’enfant confronté à des parents violents peut nous accompagner toute notre vie si nous en restons au stade du déni pour refuser de nous confronter à elle.

Nous considérons comme une évidence que les parents « aiment » leurs enfants. Malheureusement, ce n’est bien souvent rien de plus qu’un mythe. Peut-on parler d’amour parental si les parents ne « corrigent » leurs enfants qu’occasionnellement ?

Comme parents nous devrions savoir que toute forme de violence éducative, aussi bien intentionnée soit-elle, tue l’amour. »

La Morale et La Connaissance du Corps

Cette morale traditionnelle et répandue nous empêche d’avoir accès à nos véritables sentiments que le corps connait, le corps ne peut accepter ces mensonges qui nous rendent malades et tente de nous montrer notre propre vérité. La pardon et les infonctions morales nous empêchent de ressentir nos véritables sentiments, car ils sont en contradiction bien souvent avec cette morale, et cette morale à même été erigée pour se protéger et refuser ces sentiments qui sont considérés comme étant la source du mal, alors qu’Alice Miller nous dit le contraire que c’est de ne pas avoir accès à nos véritables sentiments qui nous fait souffrir.

Elle explique que notre corps connait la vérité et que les injonctions morales ne servent à rien si l’on ne connait pas la vérité sur notre enfance, si l’on a pas l’expérience de tels sentiments dans notre propre enfance. En d’autres termes, prêcher l’amour de notre prochain ne sert à rien si nous n’avons pas été aimés, les sentiments ne peuvent naitre sur commande et que ça peut même être dangereux de demander à une victime d’aimer son bourreau comme nous le dit la morale catholique « Pardonner à ceux qui nous ont offensés » . Elle nous explique aussi que ces injonctions morales ne servent à rien en définitive, car tout enfant aimé, respecté, respectera ses parents. Cette morale traditionnelle ne sert qu’a cacher la vérité par peur, peur qui vient de l’enfance et pour protéger les parents mais au détriment de l’enfant qui se retrouve comme étant un bouc émissaire.

Elle nous l’explique dans cette même interview : 

« A votre avis, comment naissent la morale et l’éthique ? Pourquoi quelqu’un devient-il (im)moral ?

Un individu n’accède jamais à la morale grâce aux sermons qu’on peut lui faire, il acquiert des valeurs éthiques uniquement par le biais de l’expérience. Personne ne vient au monde méchant. Il est ridicule de penser, comme on le pensait au Moyen Age, que le diable enverrait un enfant méchant dans une famille, qui aurait à le corriger en le frappant, pour qu’il puisse devenir une personne comme il faut. Un enfant maltraité deviendra plus tard à son tour un tourmenteur et très certainement aussi un parent cruel, à moins qu’il n’ait trouvé dans son enfance un témoin secourable, une personne auprès de laquelle il pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté, une expérience qui lui aurait donné une idée de ce que peut être l’amour. Un enfant qui a vécu cela ne deviendra pas un tyran, il (ou elle) sera capable de respecter les autres et d’être en empathie avec eux. Il est très significatif que dans l’enfance de tous les dictateurs que j’ai étudié, je n’aie pas trouvé ne serait-ce qu’un seul témoin secourable. Il ne resta plus alors à l’enfant qu’à magnifier la violence qu’il avait eu à subir.

L’éducation religieuse nous apprend à pardonner à nos tourmenteurs. Devrions-nous vraiment leur pardonner ? Est-ce réellement possible ?

On peut comprendre que nous voulions pardonner et oublier pour ne pas avoir à ressentir la douleur, mais c’est une voie sans issue. Il apparaît tôt ou tard que ça n’est absolument pas une solution. Prenons le cas des nombreux auteurs d’abus sexuels recensés parmi les ecclésiastiques. Ils ont pardonné à leurs parents les abus dont ceux-ci se sont rendus coupables à leur égard, que ce soit sur le plan sexuel ou qu’il s’agisse d’autres types d’abus de pouvoir. Mais que font alors beaucoup d’entre eux ? Ils répètent les « péchés »de leurs parents, justement PARCE QU’ils leur ont pardonné. Si ils étaient capables de condamner en toute conscience les actes de leurs parents, ils ne seraient pas contraints de les reproduire, de harceler et de troubler profondément des enfants en les forçant à garder le silence, comme si ce qui s’était produit était la chose la plus naturelle qui soit, et non pas un crime. C’est tout simplement eux-mêmes qu’ils trompent. Les religions peuvent exercer un pouvoir énorme sur nos esprits et nous pousser de bien des façons à nous tromper nous-mêmes. Mais elles n’ont pas la moindre influence sur notre corps, qui connaît parfaitement nos émotions vraies, et qui insiste pour que nous les respections. »

 

Le Pardon

Alice Miller dénonce donc aussi la morale traditionnelle du Pardon encouragée par la tradition religieuse qui ne tient pas compte du corps qui ne se laisse pas leurrer par une telle morale, en contradiction avec ce qui s’est réellement passé, les injonctions morales n’ont pas de poids face aux faits, et à leur conséquences. Ces « moralités » nous empêchent de reconnaitre la cruauté de nos parents pour ce qu’elle est, pardonner revient à minimiser ce que nous avons subis.

Avoir accès à ces véritables sentiments est le seul moyen de connaitre notre vérité et de guérir de nos souffrances, ce qu’empêche la morale traditionelle et les injonctions comme le Pardon, qui veulent se substituer à nos véritables sentiments. C’est comme de faire passer du poison pour de l’eau et d’expliquer qu’il suffit de croire que ce n’est pas du poison pour éviter les effets nocifs du poison...

Extrait de l’article d’Alice Miller « Le corps et la morale » :

« Les personnes qui ont été aimée sans condition dans leur enfance n’ont pas à se forcer, une fois devenues adultes, pour donner à leurs parents cette même affection qu’ils ont jadis reçue. Par contre, les personnes qui ont été maltraitées et trahies en tant qu’enfant développent une haine latente, s’en prennent à leurs enfants et propagent l’opinion selon laquelle les fessées sont nécessaires et sans danger. Ils répandent ces opinions sans hésiter, bien que le contraire ait été démontré depuis longtemps. Ils font cela parce que le Quatrième Commandement leur impose de dénier les dommages qui leur ont été fait, les dommages causés à leur cerveau et à leur capacité innée à ressentir de la compassion. Malheureusement, sans cette compassion, ils sont capables de fesser leurs enfants sans pour autant ressentir leurs souffrances, et ils acceptent leur propre mutilation sans se plaindre, de sorte qu’ils puissent » honorer leurs parents « . Ils obéissent aux commandements de leurs parents du fait d’un sentiment de respect qui découle surtout de leur attente que leurs mères et pères deviennent enfin ces parents que l’enfant attendait. En conséquence, la loyauté infantile de l’adulte associée à un discours moraliste ( » J’ai mérité ces châtiments « , » Tous les parents font parfois des erreurs « ) conduit souvent à l’hypocrisie et à la violence envers des personnes innocentes. Qu’obtenons-nous en obéissant au Quatrième Commandement ? Un commandement est-il susceptible d’engendrer une compassion véritable ? Pouvons-nous dicter un sentiment d’amour à un être humain dont le corps a enregistré la violence au lieu de l’amour au cours des premières années, cruciales, de sa vie ? Nous savons qu’une telle personne réprime ses sentiments véritables au profit de la morale, ce qui souvent engendre des affections comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. En effet, nous ne pouvons nous débarrasser, une fois pour toutes, de cette haine réprimée que nous retournons souvent contre nous-mêmes, bien que nous tentions de le faire en faisant usage de la morale. C’est pourquoi il est rare que quelqu’un ait le courage de dire clairement et honnêtement : » Je n’ai jamais reçu d’amour de ma mère et donc je ne ressens pas d’amour pour elle. En vérité, elle est une étrangère pour moi. Elle est seule et aurait peut-être besoin d’un fils aimant, mais je ne veux pas mentir pour lui donner cette illusion. Je lui dois, ainsi qu’à moi-même, la vérité que je ne peux ressentir un sentiment d’amour véritable pour elle en tant qu’adulte, parce que j’ai tellement souffert de son aveuglement en tant qu’enfant. « Une personne osant dire cela ne mettra plus ses enfants en danger et n’aura vraisemblablement plus à craindre de maladies graves, parce qu’elle est en mesure de comprendre les messages de son corps avant qu’il ne soit trop tard. »

"Comme j’ai pu vérifier cela dans ma propre biographie de fille puis de mère et dans la vie d’autres personnes, j’ai compris pourquoi la thérapie primale ne pouvait pas m’aider. Dans le cercle vicieux de la douleur déchirante répétée, j’ai pu, en fait, parvenir à retrouver des fragments de l’histoire de mon enfance, mais je n’ai pas été en mesure d’abandonner la position de l’enfant sans défense, qui reste prisonnier de son impuissance. La psychanalyse ne pouvait m’aider non plus parce qu’elle prend le parti des parents et augmente en conséquence les sentiments de culpabilité et de dépendance.
Ayant lu de nombreuses biographies et plus encore des témoignages enflammés sur les forums internet « Notre enfance », je suis parvenue à des conclusions que j’aimerais brièvement exposer.

(1) Les sentiments que l’enfant jadis abusé porte à ses parents, et que nous appelons généralement de l’amour, n’est pas un amour authentique. Il s’agit plutôt d’un attachement émotionnel chargé d’attentes, d’illusions et de dénis qui se paie d’un prix élevé pour toutes les personnes concernées.

(2) En premier lieu, nos propres enfants paient le prix de cet attachement. Ils doivent grandir dans un esprit d’hypocrisie, parce que nous sommes automatiquement tentés d’infliger les mêmes « méthodes éducatives » à nos enfants. Mais souvent nous payons également ce déni par des dommages causés à notre santé, parce que notre « reconnaissance » est en contradiction avec la connaissance qu’a notre corps.

(3) L’échec de nombreuses thérapies s’explique par le fait que la majorité des thérapeutes sont piégés par la morale traditionnelle et essayent de manipuler leurs clients de cette manière, parce qu’ils n’ont jamais appris autre chose. Dès qu’une cliente commence à revivre ses sentiments et parvient, par exemple, à condamner les agissements incestueux de son père sans ambiguïté, sa thérapeute se met à craindre la punition de ses propres parents parce que sa cliente ose réaliser et articuler sa propre vérité. Comment expliquer autrement que le pardon soit offert en guise de remède ? De même que les parents le firent pour leurs enfants, les thérapeutes suggèrent souvent de pardonner dans le but de s’apaiser eux-mêmes. Et comme cela résonne si familièrement, la cliente mettra du temps à ne plus se laisser tromper par cette pédagogie. Et lorsqu’elle aura finalement découvert en quoi consiste les méthodes éducatives de sa thérapeute, elle pourra difficilement la quitter, parce qu’entre temps un nouvel attachement toxique se sera développé. Maintenant, la thérapeute est comme une mère pour elle, puisqu’elle a facilité sa renaissance émotionnelle, qu’elle lui a permis de ressentir à nouveau ses émotions. En conséquence, elle continue d’attendre le salut de sa thérapeute, au lieu de reconnaître les messages de son corps qui lui offre son aide.

(4) Mais si un client, accompagné d’un témoin empathique, est en mesure de trouver et de comprendre sa peur de ses parents et éducateurs, il pourra graduellement dissoudre cet attachement destructeur. Il n’aura pas à attendre longtemps avant que son corps manifeste une réaction positive et que ses messages ne deviennent de plus en plus intelligibles, parce que le corps cessera de s’exprimer par le biais de symptômes mystérieux. Le client sera alors en mesure de réaliser que ses thérapeutes (le plus souvent involontairement) l’ont et se sont eux-mêmes abusés, car le pardon inhibe presque entièrement la cicatrisation des blessures psychiques. L’obsession qui vous pousse à reproduire les dommages qui vous furent infligés ne s’arrête pas avec le pardon.
"

Le Pardon dans le domaine des thérapies est aussi dénoncé par Alice Miller, car l’on croit que c’est de ne pas pardonner aux parents, de ne pas leur obéir qui rend malade alors que c’est précisément le contraire car pardonner revient à nier ses véritables sentiments, à les ignorer pour pouvoir pardonner, comme elle nous l’explique dans l’article « A Propos du Pardon » :

 

« Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l’enfant martyrisé continue cependant à vivre : dans les ténèbres de l’angoisse, de la répression, de la menace. Lorsque toutes les tentatives pour amener l’adulte à écouter son histoire ont échoué, il essaie de se faire entendre par le langage des symptômes, à travers la toxicomanie, la psychose, la délinquance. Cet enfant, devenu à son tour adulte, se prend à soupçonner l’origine de ses souffrances, et demande à des spécialistes si elles ne pourraient pas être en relation avec l’enfance ; on lui assure dans la plupart des cas qu’il n’en est rien. Ou, si l’on confirme son intuition, on lui explique qu’il doit apprendre à pardonner, que c’est son attitude rancunière qui le rend malade. Dans ces groupes fort connus où l’on propose une thérapie aux personnes en état de dépendance et à leurs proches, le mot d’ordre est toujours : Tu ne pourras guérir que quand tu auras pardonné à tes parents tout ce qu’ils t’ont fait. Même s’ils étaient tous les deux alcooliques, s’ils ont abusé de toi, t’ont battu, plongé dans un total désarroi, soumis à des exigences au-dessus de tes forces, exploité - tu dois tout leur pardonner, sinon tu ne pourras pas guérir. De nombreux programmes, baptisés thérapeutiques, ont pour principe d’apprendre dans un premier temps à exprimer ses sentiments et, simultanément, à tenter de voir ce que l’on a vécu dans son enfance. Mais, ensuite, il faut s’astreindre au » travail du pardon « , prétendument nécessaire à la guérison. »

« La » thérapie « qui prêche le pardon dévoile par là sa position éducatrice. Et cela révèle également l’impuissance des prêcheurs de pardon, qui se baptisent étrangement thérapeutes mais devraient, ce serait plus exact, se désigner du nom de prêtres. Le résultat est, au bout du compte, la perpétuation de l’aveuglement acquis dans l’enfance, qu’une véritable thérapie aurait pu dissiper. Le patient ne cesse de s’entendre dire, jusqu’à ce qu’il le croie - et le thérapeute est alors tranquillisé : » Ta haine te rend malade ; pour guérir, tu dois pardonner et oublier. « Or ce n’est pas la haine, mais justement cette morale si instamment conseillée qui a, dans son enfance, plongé le patient dans ce désespoir muet et l’a finalement rendu malade, en le coupant de ses sentiments et de ses besoins.
L’exhortation au pardon n’a rien à voir avec une thérapie efficace ni avec la vie. Et elle a barré à nombre de personnes cherchant de l’aide le chemin de la délivrance. Les thérapeutes sont sous l’emprise de leur propre peur, la peur de l’enfant maltraité qui redoute la vengeance de ses parents, et se laissent guider par l’espoir que, malgré tout, une bonne conduite vous permettra un jour ou l’autre d’acheter l’amour de vos parents. Cet espoir illusoire des thérapeutes, les patients le paient d’un prix élevé : recevant, en guise de » thérapie « , des informations fausses, ils ne peuvent trouver le chemin de la délivrance. En me refusant à pardonner, je renonce à toutes les illusions. Certes, un enfant maltraité ne peut pas survivre sans ses illusions - mais un thérapeute adulte doit s’en montrer capable. Dès lors, son patient pourra se dire : » Pourquoi devrais je pardonner, si personne ne me le demande ? Mes parents se refusent bien à savoir, à comprendre ce qu’ils m’ont infligé. Pourquoi donc devrais-je continuer à m’efforcer, par exemple à l’aide de la psychanalyse ou de l’analyse transactionnelle, de comprendre mes parents et leur enfance, et de leur pardonner ? A quoi cela peut-il servir ? Qui en sera aidé ? Cela n’aide pas mes parents à voir la vérité, et moi, cela m’empêche de vivre les sentiments qui m’ouvriraient l’accès à la vérité. Sous la cloche de verre du pardon, les sentiments n’ont ni le droit ni la possibilité de s’exprimer librement. « Semblables réflexions ne sont hélas pas d’usage dans les milieux thérapeutiques, où le pardon a force de loi. La seule concession que l’on fait est d’établir une distinction entre vrai et faux pardon. Mais le prétendu vrai » pardon « , reste en tout cas considéré comme l’objectif thérapeutique, et n’est jamais remis en question. J’ai demandé à beaucoup de thérapeutes pourquoi ils estiment le pardon nécessaire à la guérison, mais n’ai jamais reçu de réponse. Selon toutes apparences, ils n’avaient jamais encore remis en question cet impératif qu’ils jugeaient comme allant de soi, au même titre que les mauvais traitements connus dans leur enfance. Je ne puis m’imaginer qu’une société qui ne maltraite pas ses enfants, mais au contraire les respecte et les protège avec amour, développerait l’idéologie du pardon d’inconcevables cruautés. Cette idéologie est indissolublement liée au commandement : » Tu ne te rendras compte de rien « , ainsi qu’à la répétition de la maltraitance à la génération suivante, qui paie le prix fort pour le pardon auquel ont été astreints ses parents. La peur de la vengeance des parents imprègne notre » morale « . »



La Culpabilité

Les interprétations des faits comme quoi l’enfant ou même la théorie de Freud du complexe d’OEdipe ou l’enfant est rendu coupable de l’abus sexuels de ses parents pour cacher la responsabilité des parents sont dues à la culpabilité, on pourrait dire que ces idées sur la « culpabilité innée » de l’enfant, les gènes du mal ou encore sur la nécéssité des fessées sont des visions déformées de la réalité à travers le prisme de la culpabilité, ou l’on considère l’enfant coupable et donc responsable de ce qu’il subis, comme le croient les parents. On fait culpabiliser l’enfant pour ce qu’on lui fait subir.

L’enfant se croit coupable de ce que lui font ses parents, le problème est que l’on ne fait pas la différence entre se sentir coupable et être coupable d’avoir commis des actes criminels, comme le montre A.Miller dans cet article : Les Sentiments de Culpabilité

 

« Il arrive qu’on me demande d’où je tire ma certitude et sur quoi je m’appuie pour contredire comme je le fais les opinions établies, étant donné que je ne suis membre d’aucune école, d’aucune secte ni de quelque confession religieuse que ce soit, et qu’ordinairement c’est l’appartenance à de telles communautés qui procure à bon nombre de gens une apparence d’assurance. C’est vrai, je ne crois qu’aux faits que je peux vérifier moi-même. J’ai pu comprendre la signification de ces faits grâce à tout ce que j’ai vécu dans ma vie et aux milliers de lettres que j’ai reçues des lecteurs de mes livres depuis 1979.

Pour la plupart d’entre elles, ces lettres sont marquées par un déni de la réalité vécue par les personnes concernées presque total et tout à fait frappant, mais que l’exposé des faits révèle nettement à un observateur extérieur. Les lettres sont presque toujours écrites DU POINT DU VUE DES PARENTS, qui sont dans l’incapacité de supporter l’enfant que l’on était, et encore moins de l’aimer. En revanche, le point de vue de l’enfant ne s’exprime pas dans une seule phrase, si l’on met à part la souffrance de l’adulte d’aujourd’hui, ses symptômes physiques, ses dépressions, ses idées suicidaires et les sentiments de culpabilité qui le tenaillent.

A chaque fois, on me dit que l’on n’était pas un enfant maltraité, que l’on n’était pas non plus un enfant battu, mises à part quelques claques, qui bien sûr comme chacun sait ne comptent pas, ou de coups de pied au derrière occasionnels, qui en fait étaient vraiment mérités, parce qu’on était parfois insupportable et qu’on tapait sur les nerfs de ses parents. Souvent on m’assure qu’au fond on était un enfant aimé, mais qu’on avait de pauvres parents dépassés, malheureux, dépressifs, mal informés ou même alcooliques, qui eux-mêmes avaient grandi sans amour. Rien d’étonnant alors si ces parents perdaient patience et tapaient si facilement. On ne peut qu’avoir de la compréhension pour un tel comportement. On aurait tant voulu leur venir en aide, parce qu’on les aimait et qu’ils nous faisaient de la peine. Mais même au prix des plus grands efforts, personne n’a jamais réussi à les sauver en les tirant de leur dépression et à les rendre heureux.

Tout cela laissait subsister les affres d’un sentiment de culpabilité que rien ne peut faire refluer. On se trouve en permanence confronté à cette question : qu’est-ce que je fais de travers ? Pourquoi je n’arrive pas à tirer mes parents de leur détresse et à les sauver ? Je me donne tant de mal. Avec les thérapeutes, c’est pareil. Ils disent que je dois quand même profiter des bonnes choses de la vie, mais je n’y arrive pas, et de cela aussi je me sens coupable. Ils disent que je dois malgré tout devenir enfin adulte, ne pas me considérer comme une victime, que mon enfance est terminée depuis longtemps, que je dois quand même finir par tourner la page et arrêter de ruminer. Ils disent que je ne dois pas chercher de coupable ou de responsable ailleurs, sinon la haine me tuera, que je dois enfin pardonner et vivre dans le présent, sinon je suis un patient « borderline », ou je ne sais quoi encore. Mais comment puis-je y arriver ? Naturellement, je ne veux pas incriminer mes parents, parce que je les aime et que je leur dois d’être au monde. Ils ont eu assez de soucis avec moi. Comment me débarrasser de mes sentiments de culpabilité ? Ils deviennent encore plus forts à chaque fois que je frappe mes enfants, c’est affreux de voir que je suis incapable d’arrêter de le faire, et je replonge à chaque fois dans le désespoir. Je me déteste de ce recours irrépressible à la violence, je me hais quand je suis pris d’une crise de fureur aveugle. Que puis-je faire contre cela ? Pourquoi dois-je constamment me détester et me sentir coupable ? Pourquoi tous les thérapeutes que j’ai vus ne m’ont-ils été d’aucune aide ? Depuis des années j’essaie de suivre leurs conseils, mais malgré tout je n’arrive pas à me libérer de mes sentiments de culpabilité et à m’aimer comme je devrais le faire.
 »  

 


La Pédagogie Noire et les Thérapies

Nombre de thérapeutes et de thérapies sont donc encore prisonniers de telles conceptions moralisatrices et dangereuses. Alice Miller propose même sur son site une « FAQ » (Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? ) pour aider à trouver un thérapeute qui soit vraiment une aide, libéré des préceptes moraux traditionnels de l’éducation, ce qui tranche avec l’opinion répandue que la plupart des psys sont compétents, elle nous dit le contraire, que seulement une minorités sont compétants et peuvent vraiment aider leurs patients, car peu d’entre eux ont osés remettre en question leurs propre éducation, leurs propres parents et une majorité ne semble pas pouvoir tenir compte de l’importance de l’enfance qui reste minimisée :


« Adresses de thérapeutes

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Si je connaissais des thérapeutes assez respectueux pour répondre à vos questions ; assez libres pour montrer leur indignation sur les comportements de vos parents envers vous ; assez courageux pour vous accompagner avec empathie quand vous exprimez votre rage bloquée dans votre corps depuis des décennies ; assez bien informés pour ne pas faire des sermons sur « vous devez oublier », le pardon, la méditation et les « pensées positives » ; assez honnêtes pour ne pas vouloir vous endormir avec des mots vides comme « spiritualité » quand ils ont peur de votre histoire tragique - je serais heureuse de vous donner leurs noms, adresse et téléphone. Mais je ne les connais pas.

Quand j’ouvre Internet, je trouve une avalanche d’offres ésotériques, religieuses, sectaires, commerciales ou des pratiques manipulatrices dangereuses sur le corps, en tout cas pas ce que je cherche.
Dans l’espoir qu’il existe aussi des thérapeutes qui proposent une confrontation sérieuse et systématique avec la réalité de la propre enfance et une assistance sans vous leurrer, je vous propose avec ma liste FAQ les outils pour votre recherche.
Si les thérapeutes refusent de répondre à vos questions, vous gagnez, au moins, du temps et de l’argent.
Si vous avez gardé la crainte de l’enfant sous terreur que vous étiez, quand vous posez des questions aujourd’hui aux thérapeutes, votre peur est compréhensible mais cela ne veut pas dire que vos questions ne sont pas importantes et essentielles, elles le sont sans aucun doute. » 

 

 

 

La Haine n’est pas Mauvaise en Soi

On entend souvent parler de sentiments dit négatifs comme la haine, mais ils ne sont pas dangereux en eux mêmes nous dit Alice Miller, car les sentiments ne font pas de mal, c’est au contraire de vouloir suprimer de tels sentiments en les rendant inconscients que ça devient dangereux. C’est même d’être conscient de tels sentiments qui nous évite la souffrance inutile et nous libère de notre passé et de nos souffrances intériorisées. La haine est une défense normale contre les blessures.

La haine est un « bouc émissaire », un sujet interdit auquel Alice Miller « s’attaque » pour nous expliquer que la haine est une réaction normale, mais que l’interdiction de s’en apercevoir (« le 4ème commandement ») nous fait confondre la haine en elle même et les conséquences de la négation de cette haine. On s’interdit d’éprouver de tels sentiments pour se protéger des parents qui interdisent ces sentiments dits négatifs qui déclenchent la violence parentale, la haine est encore trop souvent confondu avec la violence, car la haine apparaît en situation de violence.

Extrait de l’Article d’A.Miller « Qu’est-ce que la haine ? » :

« On associe habituellement le mot haine à l’idée d’une dangereuse malédiction qu’il faudrait éloigner aussi vite que possible. On entend aussi souvent dire que la haine serait pour l’individu un poison qui rendrait quasiment impossible la guérison des blessures reçues dans l’enfance. Comme je me démarque nettement de cette opinion courante, il m’arrive souvent d’être mal comprise. De ce fait, mes efforts pour faire la lumière sur ce phénomène et pour approfondir cette notion n’ont pas eu beaucoup de succès jusqu’alors. Voilà donc pourquoi je recommande la lecture préalable du chapitre de mon livre » Chemins de vie « intitulé » Comment naît la haine ? « à qui souhaiterait me suivre dans ce développement-ci. Il faut quand même dire, que dans ce chapitre, écrit en 1996, il y a une réflexion dans laquelle je vois aujourd’hui la tendance universelle de protéger les parents à tout prix dont je me suis libérée entre-temps (cf. »Notre corps ne ment jamais« , Flammarion, Paris). Je pense moi aussi que la haine peut empoisonner un organisme, mais seulement tant qu’elle reste inconsciente et dirigée contre des substituts, c’est-à-dire des boucs émissaires. Alors, elle ne peut pas se dissoudre et disparaître. Supposons que je haïsse les travailleurs immigrés, mais que je sois dans l’incapacité de voir comment mes parents m’ont traitée lorsque j’étais enfant, comment par exemple ils laissaient le nourrisson que j’étais hurler pendant des heures, ou ne me regardaient jamais avec amour, alors je souffre d’une haine latente qui peut m’accompagner ma vie durant et déclencher dans mon corps divers types de symptômes. Mais si je sais le mal que mes parents m’ont fait du fait de leur aveuglement et que j’ai pu ressentir consciemment ma révolte contre leur comportement, je n’ai pas besoin de reporter ma haine sur des personnes qui n’y sont pour rien. Avec le temps, la haine que j’éprouve à l’égard de mes parents pourra s’atténuer et même disparaître pendant des périodes plus ou moins longues, mais des événements de la vie présente ou la remontée de souvenirs sous un angle neuf pourront aussi la ranimer brusquement. Mais maintenant, je sais de quoi il retourne. Maintenant, je me connais suffisamment bien, grâce justement aux sentiments que j’ai revécus, ET LA HAINE NE ME POUSSERA PAS A TUER QUI QUE CE SOIT, NI A PORTER PREJUDICE A QUICONQUE. »



Le « Témoin Secourable »

L’une des notions importantes d’Alice Miller est le « témoin secourable » qui a manqué dans l’enfance des dictateurs et des criminels, qui permettent à l’enfant d’avoir un peu d’amour et de compassion, ce que n’ont pas eu les dictateurs et les meurtriers, ils sont incapables d’éprouver de la compassion et de l’empathie pour eux mêmes et pour les autres, ce qui les rend insensibles à leurs propres souffrances, ne peuvent plus concevoir la réalité du mal et des souffrances qu’il infligent, car comme ils croient ne pas avoir soufferts des abus qu’ils ont subis, pourquoi leur victimes en souffriraient-elles ?

Elle dit que nous avons tous en majorité rencontré de telles personnes qui « aimaient bien » l’enfant. Ces enfants devenus meurtriers se comportent comme de véritables robots capables d’éxécuter les ordres les plus cruels sans aucun remords, sans aucun accès à leur émotions et à leur sensibilité, car seul l’accès à leur véritables émotions ainsi qu’a leurs causes (les violentes parentales) permettrait à ces criminels d’arrêter de reproduire ce qu’ils ont subis et de reconnaitre leur propre souffrance et celles des autres. Seul l’accès à ces émotions refoulées permet de voir ce que ça nous fait d’être maltraité, abusé.

Extrait de l’article « Le rôle décisif des témoins lucides dans notre société » au sujet de ces témoins que l’enfant rencontre dans l’enfance :

« Quand j’ai commencé à illustrer ma thèse en utilisant les exemples d ’Hitler et de Staline, quand j’ai essaye de montrer quelles conséquences a eues la maltraitance des enfants pour la société, j’ai rencontré les résistances les plus profondes. Beaucoup de gens m’ont dit : »Mais moi aussi j’ai été un enfant battu et je ne suis pas devenu un criminel« . Quand j’ai demandé des détails sur leur enfance à ces gens-là, ils m’ont toujours parlé d’une personne qui les aimait bien, même si elle n’était pas capable de les protéger. Quand même, cette personne leur a donné, au moins par sa seule présence, une notion de confiance et d’amour. J’appelle ces personnes les témoins secourables. Par exemple, chez Dostoïevski dont le père était très brutal, on trouve une mère aimante. Elle n’était pas assez forte pour le défendre contre son père mais elle a transmis à son fils la notion de l’amour sans laquelle les romans de Dostoïevski auraient été impensables. Il y a aussi des gens qui ont rencontré en plus des témoins lucides et courageux, des personnes qui pouvaient les aider a reconnaître l’injustice subie et à articuler leurs sentiments de colère, d’indignation ou de douleur à propos de ce qui leur était arrivé. Ces gens-là ne sont jamais devenus criminels. »

 

Le Mensonge de la psychanalyse

La Psychanalyse est aussi dénoncée par Alice Miller, elle même anciennement psychanalyste, elle s’est libérée depuis des idées faussées des théories Freudiennes comme quoi l’enfant chercherait à séduire son parent de sexe opposé et que la résolution de ce conflit déterminerait la névrose de l’individu. Alice Miller dénonce le fait que la psychanalyse rend l’enfant coupable de ses « désirs pulsionnels » qui n’est en fait qu’une mystification de la réalité qui vise à protéger les parents et à rendre l’enfant responsable de ce que lui ont fait ses parents, c’est le point de vue des parents, ce qui explique le succès de cette théorie, Freud était du coté des parents et non de la vérité. Même dans le mythe d’OEdipe, Feud semble avoir oublié la responsabilité des parents qui ont provoqués la suite de l’histoire en abandonnant sur les conseils d’un devin l’enfant. Malheureusement, on oublie que les criminels et les parents maltraitants se livrent à de tels actes de violences pour ne pas accuser leurs parents et « oublier », comme le montre cette interview : 

 

« Qu’est-ce qui ne va pas dans la façon dont la psychanalyse est pratiquée actuellement ? Pourquoi avez-vous été exclue de l’Association psychanalytique ?

 

On ne m’a pas exclue de l’Association psychanalytique ; c’est moi qui me suis écartée d’une école après l’autre à mesure que m’apparaissaient clairement le traditionalisme de leur point de vue et leur refus de prendre en compte la souffrance de l’enfant ; En fin de compte j’ai dû reconnaître que de ce point de vue, la psychanalyse ne constitue pas une exception. La manière dont Freud a utilisé le mythe d’Œdipe est très significative.
Là apparaît clairement la tendance générale, qui est de mettre l’enfant en accusation et de protéger les parents. De toute évidence, Freud semble avoir oublié que Œdipe a d’abord été la victime de ses parents et qu’il a été poussé par eux dans le rôle du « pêcheur ». Ses parents l’ont abandonné alors qu’il était un tout petit enfant. Il est très éclairant de lire la véritable histoire d’Œdipe. Vous pourrez aussi la trouver sur mon site dans un article en allemand de Thomas Gruner.
En ce qui concerne la façon dont la psychanalyse est pratiquée actuellement, je pense que la protection des parents est assurée par un certain nombre de règles, comme par exemple la neutralité exigée du thérapeute (au lieu du parti pris en faveur de l’enfant victime), tout comme l’importance accordée aux phantasmes (au lieu de la confrontation avec la réalité de l’éducation cruelle que le client a reçue). Vous trouverez également sur mon site mes articles les plus récents sur ces questions. »




Le Corps, Notre Principal Témoin

L’aspect principal du travail d’Alice Miller est donc l’écoute du corps qui permet de connaitre la vérité sur ce qui s’est passé, les souffrances et les addictions comme la toxicomanie, la dépression, l’anorexie, etc... ne sont que des expressions codées d’expériences vécues dans l’enfance, mais restées inconscientes par peur des parents, car être conscient de la responsabilité des parents conduit à les accuser, ce qui est interdit pour l’enfant.
Alice Miller décrit plus en détail ce processus dans son livre « Notre Corps ne Ment Jamais », dont on peut lire une réflexion à son sujet dans cet article : « Notre corps ne ment jamais - un défi »


« Après la parution de « Notre corps ne ment jamais » en mars 2004, de nombreux lecteurs m’ont écrit pour me dire combien ils étaient heureux de ne plus avoir à s’imposer des sentiments qu’ils ne ressentaient pas en vérité, et aussi leur bonheur d’enfin ne plus avoir à s’interdire d’éprouver les sentiments qui sans cesse renaissent en eux, inchangés. Mais certaines réactions, surtout dans la presse, témoignent assez souvent d’une incompréhension fondamentale, à laquelle je peux avoir moi-même contribué par l’utilisation du mot « maltraitance » dans un sens beaucoup plus large que son usage courant.

L’évocation de ce mot est habituellement associée à l’image d’un enfant au corps meurtri - en partie ou entièrement - dont les blessures renvoient explicitement aux lésions subies. Mais ce que je décris dans ce livre et auquel je donne le nom de maltraitance, ce sont plus encore les lésions de l’intégrité psychique de l’enfant qui au départ restent INVISIBLES. Leurs séquelles ne se manifesteront souvent que des dizaines d’années plus tard, et même alors le lien avec les blessures subies dans l’enfance ne sera que rarement établi et pris au sérieux. Les personnes concernées elles-mêmes, tout comme la société (les médecins, les avocats, les enseignants et malheureusement aussi de nombreux thérapeutes), ne veulent rien savoir des origines de ces « troubles » ultérieurs ni de certains « comportements bizarres » qui nécessitent de remonter à l’enfance.

Quand j’appelle maltraitance ces blessures invisibles, je trouve le plus souvent en face de moi résistance et indignation ouverte. Je peux parfaitement comprendre ces sentiments, parce que je les ai longtemps partagés. Autrefois, j’aurais protesté violemment si quelqu’un m’avait dit que j’ai été une enfant maltraitée. C’est seulement maintenant, grâce à mes rêves, grâce à ma peinture et bien évidemment grâce aux messages de mon corps, que je sais avec certitude qu’enfant, il m’a fallu endurer pendant des années des lésions psychiques dont adulte je n’ai pendant très longtemps pas voulu prendre conscience (voir p.26). Comme tant d’autres, je me disais : « Moi ? mais je n’ai jamais été battue. Les quelques tapes que j’ai reçues, ça n’a pratiquement aucune importance. Et puis ma mère s’est donnée tant de mal pour moi » (le lecteur trouvera des affirmations du même type à la page 80).

Mais justement, il ne faut pas oublier que les graves séquelles laissées par les blessures précoces invisibles résultent de la minimisation des souffrances de l’enfant et du déni de leur signification. Tout adulte peut facilement s’imaginer la frayeur et l’humiliation qu’il ressentirait s’il se trouvait soudain agressé par un géant furieux huit fois plus grand que lui. Mais quand il s’agit d’un petit enfant, nous considérons qu’il ne ressent pas la même chose, bien que nous soyons à même de constater à quel point il est éveillé, et la justesse de ses réponses aux sollicitations de son environnement (cf. Martin Dornes, « Der kompetente Säugling », Jesper Juul, « Das kompetente Kind »). Les parents pensent que les tapes ne font aucun mal, qu’elles sont juste un moyen de transmettre des valeurs bien précises aux enfants, et l’enfant reprend cela à son compte. Certains enfants apprennent même à en rire et à utiliser leur connaissance intime de l’humiliation et de l’avilissement pour railler leur douleur. Une fois adultes, ils s’accrochent à cette raillerie, ils sont fiers de leur cynisme, ils en font même de la littérature, comme nous pouvons le voir chez James Joyce, Frank McCourt, etc.... Si ils viennent à connaître angoisse ou dépression, ce que la répression des sentiments vrais refoulés rend inévitable, ils trouvent facilement des médecins pour les soulager un temps à l’aide de médicaments. C’est ainsi qu’ils peuvent tranquillement préserver leur auto-ironie, cette arme éprouvée et appréciée contre tous les sentiments qui remontent du passé. Par là même ils se conforment également aux exigences de la société, qui tient la protection des parents pour un précepte majeur. » 

 

La Fessée et Les Châtiments Corporels

Les tapes et autres fessées « éducatives » sont aussi dénoncées par Alice Miller. Ce sont des blessures invisibles et elle n’y voit que la reproduction de ce qu’on subis les parents dans leur propre enfance, qui justifient souvent leur comportement violent envers l’enfant justement par la « violence » ou le comportement inadapté de l’enfant à certaines situations parce qu’ils ne savent pas qu’ils reproduisent inconsciemment ce qu’ils ont eux mêmes subis. Comme ils ne connaissent pas la véritable origine de leur comportement, ils ne parlent que de l’aspect visible et superficiel : le comportement de l’enfant, qui n’est que le déclencheur et non la véritable cause, que l’enfant soit « insupportable » ou non .

 

L’un de ses tracts nous explique quels sont les véritables origines d’un tel comportement, origines qui restent bien souvent masquées derrière des idéologies éducatrices, pour éviter d’accuser les parents en rendant l’enfant responsable, ce qui permet de décharger ses angoisses et ses peurs sur l’enfant, mais seulement temporairement.

En frappant l’enfant, les parents répètent uniquement ce qu’ils ont appris de leurs propres parents, ils accusent l’enfant pour protéger leurs propres parents, que les tapes et autres fessées sont nécéssaires à l’enfant, mais elles ne font en réalité que masquer la véritable origine du comportement des parents qui vient de leur propre enfance et non de leur enfant car découvrir la vérité représentait un danger pour l’enfant mais n’en est plus un à l’âge adulte :

 


"Chaque fessée est une humiliation
De nombreuses recherches ont démontré que si les châtiments corporels permettent de faire obéir un enfant dans l’immédiat, ils entraînent ultérieurement de graves troubles du caractère et du comportement si cet enfant ne trouve pas, dans son entourage, une personne informée et compatissante pour lui venir en aide. Hitler, Staline, Mao et d’autres tyrans n’ont pas rencontré, quand ils étaient petits, de tels témoins lucides. De ce fait, ils ont appris très tôt à glorifier la cruauté devenus adultes, à justifier les massacres qu’ils organisaient. Des millions de gens, eux aussi élevés dans la violence, leur ont prêté la main.
Il faut cesser de se servir des enfants comme d’un exutoire, permettant de se défouler légalement des affects accumulés. On croit encore souvent que de "légères" humiliations, du type claques ou fessées seraient inoffensives. Car, tout comme pour nos parents, cette idée nous a été inculquée très tôt dans notre enfance. Elle aidait l’enfant battu à minimiser sa souffrance, et par là, à la supporter. Mais sa nocivité se révèle précisément par cette large acceptation : puisque cela était supposé "ne pas faire de mal", à chaque génération des enfants ont subi ces humiliants traitements, et, de plus, ont jugé juste et normal de recevoir des coups. Paradoxalement, dans leur effort d’empêcher leurs enfants de devenir délinquants, les parents leur ont enseigné la délinquance en leur livrant des modèles violentes.
Quand en 1977, la loi sur l’interdiction des châtiments corporels a été promulguée en Suède, 70% des citoyens interrogés lors d’un sondage y étaient opposés. En 1997, ils n’étaient plus que 10%. Ces chiffres montrent qu’en vingt ans les mentalités se sont transformées. Grâce à la nouvelle législation, une coutume destructrice a pu être abandonnée.
Il est prévu d’étendre à toute l’Europe la législation interdisant les châtiments corporels. Ils ne s’agit nullement de traîner les parents sur le banc des accusés. Cette loi dit au contraire avoir pour eux une fonction protectrice et informative. Les parents qui l’enfreignent devraient être astreints par le tribunal à dissiper leur ignorance sur les conséquences des châtiments corporels, à apprendre quels dégâts ils provoquent. Les informations sur l’effet nocif de "l’inoffensive fessée" devrait être diffusée de manière à être connus de tous, car l’éducation inconsciente à la violence commence très tôt, et beaucoup d’êtres humains en resteront marqués pour la vie. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la société tout entière."

 

Notre Propre Enfance

Alice Miller explique que son but est de permettre à chacun de prendre conscience de sa propre enfance, pas seulement les aspect superficiels, mais d’un point de vue "emotionnel", c’est à dire comprendre et de ne plus nier les souffrances et la douleur engendrée par les violences parentales et éducatives, même celles de la fessée et autres tapes tellement répandues.

Elle insiste aussi sur le fait que contrairement à certaines thérapies actuelles focalisées sur les émotions qui évitent d’accuser les parents, il faut aussi comprendre le sens de ces émotions, c’est à dire leur origine et leur raison, ce qui a provoqué ces émotions, ces réactions de défenses, qui sont bien souvent le comportement violent des parents envers l’enfant.

Arrêtons de croire que ce que nous avons subis était pour notre bien, en écoutant notre corps qui ne se laisse pas leurer, nous dit Alice Miller.

Cette négation conduit à croire que les coups et les fessées, même modérés nous ont fait du bien parce que ça provoque une "déconnexion" des sentiments de haine, de colère et des souffrances, pour protéger l’enfant qui ne pourrait pas les supporter lui même, comme dans une opération chirurgicale ou le patient est endormi et mis sous anti-douleur, pour supporter l’intervention. Si l’on ne ressent plus les souffrances provoquées par ces maltraitances, alors nous pouvons toujours croire que ça nous a fait du bien (de ne pas les ressentir). L’enfant obéit par peur de recevoir et de souffrir des coups.

 Ce refoulement est nécessaire pour l’enfant, ça lui permet de survivre car il ne pourrait pas supporter cette vérité tout seul, mais ça devient dangereux à l’âge adulte, car ce n’est plus nécessaire comme l’enfant n’est plus dans cette situation et cette technique de survie devient une entrave à la vie car inadaptée à la situation présente ou l’enfant n’est plus en danger. C’est comme de garder notre ceinture de sécurité une fois que nous sommes sortis de la voiture...

Alice Miller tente donc de nous montrer l’importance décisive mais niée de l’enfance à l’âge adulte dans beaucoup de domaines qui sont évoqués dans chacun de ses livres. La méconnaissance de notre propre enfance, de notre histoire qui commence dès l’enfance, conduit à répéter les mensonges que nos parents ont eux mêmes crus, et qu’écouter son corps et indispensable pour connaitre la vérité et donc se libérer des idées mensongères comme quoi la violence permet à l’enfant de se préparer au monde dans le quel il vivra parce que c’est justement la violence apprise dans l’enfance qui rend notre société si violente, ou encore qu’il existe de bonnes fessées car seul l’accès à nos véritables sentiments permettent de contredire l’opinion des parents comme quoi ça ne fait pas de mal si ça ne se voit pas, si il n’y a pas de traces visibles.

C’est seulement en apparence qu’il n’y a pas de dégats, les dégats sont invisibles et les connexions avec ce qui s’est passé dans l’enfance lorsque les violences apparaissent plus tard restent cachées et niées.

Malheureusement, ces travaux sont méconnus car nombre de professionnels et de journalistes sont encore prisonniers de cette morale qui nous interdit d’accuser nos parents et de voir ce que nous avons subis.

Pourtant, le courrier sur son site internet nous montre que son travail a permis à des milliers de gens de découvrir leur propre histoire, de cesser de se mentir et de croire les mensonges de leurs propres parents et de la société sur l’education « pour le bien » de l’enfant qui n’est en définitive que l’abus de l’enfant et de cesser cette « production du mal » comme dit Alice Miller.

 

Reconnaître les Souffrances de l’Enfant

Elle dénonce les institutions qui ne veulent pas dénoncer ces abus et protéger les enfant, comme le Pape et l’église et qui pourraient protéger les enfants et la société de la violence car ces propos sont entendus par des millions de fidèles : Soigner et prévenir les blessures de l’enfance 

 

« Vous vous étonnez du peu d’actions concrètes que pourraient engager des instances "morales" comme les églises en faveur de la condamnation explicite de ces violences. Mais globalement, le rejet de la maltraitance n’a-t-il pas progressé ?

Oui, le rejet de la maltraitance a progressé. Mais la violence éducative n’est pas encore regardée comme une maltraitance. Parce que presque tout le monde en est atteint et la grande majorité nie la souffrance de l’enfant battu "pour son bien". On nie alors les conséquences graves. On parle d’une correction qui nous a fait du bien, nous a rendu forts, etc. 90% de la population mondiale partagent ce point de vue, cette mentalité fatale. Aujourd’hui, je ne connais personne qui dirait qu’il faut maltraiter les enfants. Mais pourtant on me dit presque partout que la fessée est nécessaire et efficace. C’est pourquoi j’insiste sur ce sujet. Je pense que la société ne pourra se libérer de cette tradition destructrice qu’avec une loi qui interdirait les coups et la fessée. A part la loi, un mot de l’Eglise, une seule phrase du Pape qui affirmerait clairement le danger de la violence éducative pourrait changer la mentalité des chrétiens. Malheureusement, toutes mes démarches pour faire passer au Saint Père les informations les plus récentes sur ce sujet ont échoué. J’ai envoyé les résultats de recherches en neurobiologie qui ont constaté des lésions dans les cerveaux des enfants battus. J’ai essayé d’expliquer que personne ne peut apprendre de bons messages dans un état de peur et qu’un enfant battu n’apprend qu’à battre à son tour. J’ai envoyé plusieurs lettres. Mais l’entourage a tout fait pour ne pas laisser passer ces lettres au Pape. Pour moi, l’Eglise continue consciemment à refuser sa miséricorde aux plus petits et aux plus impuissants, les enfants. »

La Connaissance Interdite

Je concluerais cet article par une citation d’un autre Interview d’A.Miller qui explique pourquoi cette connaissane fondamentale est encore reconnue seulement par une minorité de gens :

Interview par Olivier Maurel :

 

 

« N’est-ce pas faire preuve d’un excès d’optimisme et même d’utopie que d’écrire : "Lorsque sera levée l’ignorance résultant des refoulements de l’enfance et que l’humanité sera réveillée, cette production du mal pourra s’interrompre." ? (La Connaissance interdite, p. 175.)

Je ne pense pas que ce soit une utopie de dire que les adultes qui ont eu la chance d’apprendre le respect pour l’enfant changeront les schémas culturels dans l’avenir. Ce n’est pas la société qui forme la personnalité, ce sont les personnes qui forment la société, et l’enfance de ces personnes joue un rôle primordial dans la façon dont elles se conduisent une fois adultes.
Vous avez parlé au nom des gens qui me critiquent, qui m’accusent de rousseauisme ou d’obscénité parce que je veux et peux comprendre ce qu’ils ne veulent pas comprendre. Ils me reprochent mon ³réductionnisme" parce qu’ils n’essaient pas de comprendre la complexité de mes explications. Je sais que, plusieurs fois, vous vous êtes fait l’avocat du diable pour provoquer ma réaction. Permettez-moi, pour conclure, de poser cette question très simple : comment pouvons-nous comprendre notre vie si nous ne voulons pas comprendre l’histoire de nos trois premières années, l’histoire du temps où notre cerveau s’est structuré ?
Quoique je déplore la résistance et les oppositions contre mes efforts pour approfondir notre connaissance de l’enfance, je peux quand même très bien comprendre les motifs qui suscitent cette résistance. Pour la plupart des gens (pas pour une minorité), il est absolument insupportable d’éprouver de l’empathie pour l’enfant qu’ils étaient auparavant, de se souvenir de la souffrance causée par leurs parents et leurs éducateurs. Une fois sortis de cette situation de souffrance, ils ont tout fait pour l’oublier, et ils ne veulent à aucun prix se rappeler leur impuissance. Quant à moi, je choisis précisément ce que la plupart des gens refusent : je choisis de ressentir cette impuissance d’un enfant sage et bien éduqué, afin de pouvoir comprendre ce qui s’est passé pour moi et pour les autres. Si je me suis trompée, l’avenir ne manquera pas de nous le montrer. » 

 

Ressources et Liens :

Site Internet d’Alice Miller

Bibliographie d’Alice Miller

Contacter Alice Miller

 

 

La maltraitance des jeunes enfants : composante principale de la bombe à retardement qui explose si souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte

16 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #موضوعات تربوية

La maltraitance des jeunes enfants : composante principale de la bombe à retardement qui explose si souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte

Comment ouvrir réellement un débat honnête sur ce sujet ?

Article 19 de la convention internationale des droits de l'enfant. (ONU 20.11.1989) ratifiée par la France :

- » Les Etats partie prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l'enfant contre toutes les formes de violence, d'atteintes ou de brutalité physiques ou mentales, d'abandon, ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou de l'un d'eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié. »

Cet article a été traduit, sur un site destiné aux enfants, par le texte simple suivant :

  • « L'Etat doit te protéger contre toutes les formes de violence et de brutalités physiques et mentales ; »

La loi dit aussi que, pour un même acte délictueux ou criminel, un mineur est moins lourdement puni qu'un majeur.

Je vous donne maintenant ci-après le témoignage d'un enseignant (Bernard DEFRANCE) qui compare la loi à la pratique courante : !

  • « L'apprentissage de la loi suppose sa mise en pratique .

- Que se passe-t-il DANS LES FAITS, quand je perds mon sang-froid et que je flanque une claque à un élève (ça n'arrive jamais, bien sûr... : - le bon maître saura, par une autorité juste mais ferme, etc... etc..., vous connaissez le discours).

Qu'arrive t-il dans ce cas ?

Eh bien, une fois sur dix les parents qui surprotègent le précieux chéri vont protester et, éventuellement, ME TRAÏNER EN JUSTICE.

En Justice, neuf fois sur dix ILS SERONT DEBOUTES..

Une fois sur dix ils viennent me trouver en me demandant de TAPER PLUS FORT parce qu'eux-mêmes ne savent plus quoi faire de leur voyou.

Huit fois sur dix, IL NE SE PASSE RIEN.

- Que se passe-t-il, en revanche, DANS LES FAITS, si un élève, perdant lui aussi son sang-froid, me frappe ?

Eh bien, dans l'heure qui suit :

  • grève des collègues, titres dans les journaux, les sociologues de la « violence à l'école » s'abattent sur les plateaux de télévision, signalement au parquet des mineurs, déclarations ministérielles, délégations et, bien sûr, pour le gamin, conseil de discipline et expulsion. »

Ainsi, pour la sanction de cette infraction, l'école fonctionne à l'envers de la loi, le mineur est beaucoup plus fortement sanctionné que le majeur.

  • « Ne vous étonnez pas des résultats « ajoute Bernard DEFRANCE. Car en effet, l'enfant a une forte conscience de l'injustice.

Quant à l'APPLICATION de l'article 19, il n'en est pas question à l'école (ailleurs non plus).

En février 1922 l'historien Gustave DUPONT écrivait :

  • « La discipline de la maison (l'école) ne triomphait que par la force et n'agissait pas sur les consciences »

Cinquante ans plus tard historiens et philosophes dénonceront encore le caractère contraignant et coercitif du fonctionnement des établissements scolaires : silence dans les classes, élèves en rang dans la cour, dialogue inexistant avec les adultes, toute puissance des enseignants, travail ramené à la restitution passive des matières apprises.

En 68 on dénonçait le lycée caserne ainsi que les punitions corporelles.

Quarante ans après, quels changements ? Malgré l'existence de délégués, pas grand-chose. Le collège et le lycée caserne sont maintenant entourés de hauts grillages assortis, d'un gardien bardé de clés. La caserne dénoncée en 68 évolue vers la prison et les élèves font irrésistiblement penser aux détenus, ils sont enfermés (par trente du même âge) dans un lieu clos dont ils ne peuvent sortir qu'après en avoir obtenu l'autorisation, concentrés à heures fixes dans une cour bétonnée, ils doivent obéir au coup de sifflet, avoir toujours tort face à l'adulte, être jugés, etc...

Quant à l'école maternelle/primaire ses rythmes et ses exigences sont en parfaite contradiction avec les besoins des jeunes enfants .

Besoins :

  • Ne jamais être réveillé,

  • s'endormir et se réveiller près des parents,

  • se savoir aimé sans conditions,

  • pouvoir aimer sans démenti de la part de ceux qu'il aime,

  • se savoir protégé nuit et jour,

  • être entendu au moment précis où il appelle à l'aide,

  • évoluer dans un milieu stable,

  • pouvoir expérimenter librement,

  • vivre hors du bruit, de l'agitation, des ruptures de toutes sortes,

  • etc..

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Il y a 2 mois

Le président de la République a exhorté à agir en Syrie et au Mali. Pour son premier discours au (...)

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De la mauvaise foi à la trahison effective des enfants.

L'Etat est maltraitant à travers l'école. Les conséquences de la scolarisation sur la santé des enfants n'est jamais évaluée. De plus, la connaissance des besoins des enfants n'a jamais été une préoccupation pour les Pouvoirs publics (en dehors d'une surveillance sommaire de la santé physique).

Des conditions pathogènes sont infligées aux enfants. Personne ne cherche à les mettre en évidence. Elles ne seront jamais corrigées.

Le gouvernement et les enseignants ont pour mission de défendre le système et pas du tout celle de le changer contre un autre. Les parents pensent qu'ils n'ont pas le choix.

Réflexion d'une institutrice de petite section de maternelle :

  • « Non, ça ne m'inquiète pas. C'est comme ça. Ils viennent de la crèche ou d'un autre mode de garde, après ils iront à la grande école. Oui, c'est fatigant pour eux et pour moi, mais ils savent très bien quand ils doivent s'arrêter, ils deviennent malades, comme ça ils se reposent. C'est comme ça et personne ne veut que ça change, les femmes ne retourneront pas à la maison. »

Réflexion d'un parent :

  • « Il y en a qui pleurent pendant quinze jours ou plus. Ils finissent par s'y faire. »

Et en effet, ils « s'y font » !

L'opinion générale qui imprègne notre culture c'est que les enfants sont naturellement destinés à devenir des voyous fauteurs de désordre. Dans cette optique, la bienveillance et les égards n'auraient d'autres effets que les encourager dans ces mauvais penchants et seule la coercition est en mesure d'en venir à bout.

Cette terrible erreur est quasi officielle. Elle est bien représentée par notre Président de la République, chantre de la répression et ennemi juré de la prévention.

Ainsi les particuliers, comme l'Etat, consciemment mais aussi inconsciemment, agissent à l'inverse de la loi en trouvant légitime de réserver les mauvais traitements aux enfants alors qu'ils ont, avec les adultes, des échanges empreints de respect et d'urbanité.

Leur culture est à première vue incompréhensible, car en effet, aucune espèce vivante autre que l'espèce humaine ne malmène ou maltraite ses petits. La sollicitude pour ses petits est forcément un réflexe naturel compte tenu des impératifs de la perpétuation de l'espèce.

Cette idéologie haineuse à l'égard des enfants (bien pratiquée par notre (encore) Président de la république) ne peut être que d'origine culturelle ou transmise par epigénétique.

Parfois le souvenir inconscient de son propre statut d'enfant alors affiché comme mauvais, ressurgit chez l'adulte devenu parent. Il transfère ce sentiment cuisant sur ses propres enfants, les considérant comme il a été considéré lui-même. Ce réflexe se double parfois chez ce parent, de la confusion entre le rôle de son propre parent maltraitant et le sien. Il endosse la personnalité de son parent maltraitant et attribue son ancien état d'enfant maltraité à son propre enfant.

J'ai assisté à ce dernier phénomène, qui s'est hélas terminé tragiquement.

Certains adultes, humiliés, bafoués, rejetés dans leur petite enfance, trouvent un moyen de restaurer leur image d'eux-mêmes grâce au statut de Plus Fort qui leur échoit face à ces enfants Plus Faibles sur lesquels ils peuvent exercer sans risque une domination salvatrice.

Un autre problème étant que plus le temps passe, plus les dégâts psychiques et affectifs s'étendent, car maintenant il y a uniformité des modes éducatifs et la maltraitance éducative atteint tous les enfants à quelques exceptions près.

Le stress intense et continu subi par les jeunes enfants pendant la période cruciale où l'essentiel de leur système nerveux se forme (entre la date de la conception et l'âge de six ans) influe largement sur la construction du cerveau laquelle construction est, on le sait, conditionnée par les informations qui lui sont fournies par l'environnement.

Dans les conditions de maternage et d'élevage telles qu'elles existent quasi universellement aujourd'hui, cet environnement est ressenti dès le berceau comme hostile, dangereux, non secourable, de sorte qu'il en résulte des atteintes et malformations qui n'auraient pas existé dans un milieu favorable.

C'est ainsi que l'empathie est dans l'impossibilité de se développer, que l'estime de soi est détruite, que la confiance dans les autres ne peut pas naître, que se développe une culture de l'antagonisme, l'Autre étant perçu définitivement comme ennemi.

C'est entre les mains des adultes éducateurs, parents et professionnels, que se trouve l'avenir de la société, comme c'est dans la conception de l'éducation telle qu'elle existe depuis quelques décennies qu'il faut rechercher la cause de « ce monde de brutes » et, j'ajoute sans hésiter : « ce monde de souffrances » qui est maintenant le nôtre.

D'autres causes encore de notre culture anti-enfants.

On peut accuser la tradition. Il y a une continuité depuis le 19 ème siècle, époque où la cardinal de Bérulle déclarait que l'enfance était la période de la vie la plus abjecte, et où les parents (surtout parisiens) envoyaient leurs bébés en nourrice à la campagne où ils mourraient assez souvent. Un arrêté (ou un autre document de cet ordre) avait d'ailleurs été pris pour réduire le nombre de bébés qui tombaient des charrettes en cours de route !

Notre président de la république est un digne successeur du cardinal de Bérulle, notamment lorsque, ministre de l'intérieur, il établissait en 2003 un projet de loi à l'encontre des délinquants juvéniles. Il énonçait à cette occasion, « qu'il ne faut pas donner une excuse sociale ou sociologique à la délinquance », et aussi, « qu'il faut rompre avec une approche de type social, renoncer à étudier les causes de la délinquance ».

En clair : continuons à fabriquer des délinquants, il suffit de les éliminer au fur et à mesure lorsqu'ils se manifestent.

On peut constater d'autre part que le féminisme ultra est arrivé à point nommé pour libérer la femme de l'enfant au moment où le développement de la connaissance aurait démontré la nécessité pour les parents, d'être, au contraire, plus présent auprès de leurs enfants.

Ces connaissances, en effet, auraient été rédhibitoires aux yeux des féministes puisque les femmes étaient à cette époque, plus encore qu'aujourd'hui, très majoritairement impliquées dans le maternage et l'éducation et souhaitaient s'en libérer (paradoxalement, ces féministes ont, en même temps, largement contesté aux hommes leur rôle de parent).

Lisons Caroline ELIACHEFF : « les femmes ne veulent plus, ne peuvent plus, sacrifier leur vie sociale à l'éducation de leurs enfants ».

L'idéologie féministe a imprégné très fortement toute la société faute d'une quelconque opposition. Pendant longtemps la direction des organismes officiels traitant de la famille et de l'enfant ont été confiés à des féministes qui raisonnaient hors de la famille et dont le seul but était de chasser l'homme et l'enfant du plus grand territoire possible. Le planning Familial notamment, a été (et est sans doute encore) un bastion de la lutte contre le couple et l'enfant (et la famille). Les femmes enceintes ne sont en général pas écoutées mais poussées d'office à l'IVG (accessoirement à l'infidélité féminine selon déclaration de Danielle GAUDRY – Le Monde 2 n°103 – sans égard pour les conséquences sur les enfants).

Caroline ELIACHEFF exagère quelque peu, si elle avait entièrement raison tous les enfants seraient totalement orphelins. Cependant, la tendance est forte et beaucoup sont en grande souffrance.

Ainsi, globalement, les enfants sont bel et bien partiellement abandonnés par tout le corps social, par l'Etat, par les professionnels et par les parents. Ils sont à peu près sans recours contre la maltraitance généralisée, ils sont largement l'objet d'une haine diffuse qui ne dit pas son nom.

Les mauvais traitements assez graves pour être officiellement qualifiés de tels, c'est à dire ceux qui peuvent manifestement conduire l'enfant à la mort sont disjoints des mauvais traitements de moindre ampleur, ce qui permet d'innocenter presque tout le monde.

J'ai tendance à penser que nous sommes dans cette situation parce qu'il est encore possible de dire n'importe quoi et le contraire en matière d'éducation, faute de connaissances sur le sujet.

La seule issue, à mon avis, serait que les connaissances avancent suffisamment, mais surtout, soient étayées par des études scientifiques indiscutables de façon qu'il ne soit plus possible pour personne, d'échapper à la réalité des faits.

En attendant, portée par la maltraitance ordinaire les mentalités anti-enfants et la complicité participative de l'Etat, la maltraitance grave continuera de tuer officiellement deux enfants PAR JOUR et se développera encore si nous ne nous mobilisons pas pour que change le regard que les adultes portent sur l'enfant.

Nombreux sont certainement ceux qui ne veulent pas être complices de ces crimes affreux. Je m'adresse à eux :

  • Ne laissez pas le champ libre à ceux qui ont été abusés et qui veulent plus de brutalité encore. Manifestez-vous et contribuez à faire connaître la réalité. Exprimez-vous ici mais aussi et surtout ailleurs et de toutes les manières possibles. Et aussi, rassemblez-vous.

Raymond SAMUEL

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-maltraitance-des-jeunes-enfants-109083

L’Environnement et La Pollution Educative

16 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #موضوعات تربوية

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-environnement-et-la-pollution-50783

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Je présente un article d’Olivier Maurel, publié avec son autorisation sur la "pollution éducative", qui n’a pas été publié par les associations écologiques qu’il a contacté.

Il nous montre que l’on traite l’environnement comme l’on traite en général nos propres enfants, c’est à dire en détruisant les capacités naturelles et innées de survie et une fois que c’est fait on se contente de mettre un pansement qui ne tiendra pas bien longtemps en prétendant protéger et aider sans voir que l’on a provoqué ça, ce qui fragilise et détruit la vie.

On veut rendre les enfants plus forts en ne les épargnant pas, comme l’on veut protéger les plantes des maladies en polluant encore plus l’environnement avec des produits qui ont une effet bénéfique à court terme mais qui polluent extrémement à long terme, ce qui rend la nature malade.

On peut voir que c’est comme pour les châtiments corporels encore encouragés et permis comme la fessée, l’on y voit un effet bénéfique immédiat parce que l’on ne voit que l’aspect superficiel et que l’on nie les effets destructeurs à long terme. Des enfants respectés verront clairement ces connexions, que ce soit au sujet de leur propre vie ou de l’environnement et de la façon de le traiter.

L’article d’Olivier Maurel, publié ci dessous avec son autorisation au sujet de la violence éducative m’a été envoyé par lui même lorsque je lui ai dit essayer d’attirer l’attention de diverses associations humanitaires et environnementales sur la violence et son origine car elles travaillent souvent dans des conflits, des pays ou la violence est très présente, et les répercussions sur toute la société ainsi que l’influence de l’éducation de l’enfant qui traite la nature comme lui même a été traité étant enfant.

 Les enfants respectés et aimés dans leur enfance protégeront la vie en général, y compris l’environnement dont il verront qu’ils en dépendent pour leur survie.Il verront les conséquences des actes destructeurs envers l’environnement qui détruisent aussi la vie de l’homme.

Les maltraitances empêchent l’enfant de distinguer les effets nocifs et pervers de ces actes destructeurs, car elles lui coupent l’accès à ces émotions qui sont le seul moyen de comprendre ce que ça lui fait d’être traité cruellement. L’accès aux émotions est coupé pour pouvoir survivre car l’enfant ne peut supporter seul ces souffrances et doit consacrer son énergie à survivre tant bien que mal.

Sans ses "indicateurs" que sont les émotions, il ne peut plus percevoir cette cruauté et la souffrance qui en résulte, donc il croit que c’est bien puisque il croit que ça ne fait pas souffrir. C’est comme si un instrument de mesure est défaillant sans qu’on le sache et qu’on prenne les résultats érronés de celui ci pour étant juste.En le traitant cruellement, on lui apprend comme à un robot d’obéir à ces ordres, à la cruauté, sans s’en apercevoir et sans se poser de questions.

On sait bien que les enfants peuvent se venger sur les autres, plus faibles que lui, et même sur des petits animaux de la crauté qu’il subit, on peut sans doute y inclure les dégats que l’homme fait à l’environnement qui obéissent à la même "logique".
On détruit des fôrets sans système de gestion durable parce que justement l’obéissance empêche l’enfant de penser à long terme, il ne voit plus que l’immédiat, car les violences utilisées pour le faire obéir ne sont "efficaces" qu’a court terme : on veut faire obéir l’enfant immédiatement, comme un robot.
Les mêmes raisonnement seront utilisés par l’enfant non seulement envers ses propres enfants, mais dans la vie en général : ne voir que l’aspect immédiat et superficiel, ne voir que le gain à court terme sans se soucier des conséquences à long terme sont des conséquences de l’éducation à l’obéissance par la cruauté de l’enfant.

 Mais visiblement, c’est encore un sujet trop tabou pour que des associations humanitaires connues s’y intéressent, les réponses à mes demandes ont été négatives, aucune association ne semblait même intéréssée par les informations que je leur ai envoyé et Olivier Maurel m’a dit la même chose au sujet de son article, qu’aucune association écologique qu’il a contacté n’a voulu publier. Après tout, comme pour les politiques, beaucoup de sympathisants de ces associations sont parents et sont eux même pour ce genre de méthodes d’éducation et les dénoncer risquerait de voir leur participation et leur engagement disparaitre auprès de ces associations.

On peut remarquer qu’aux Etats-Unis, un pays très pollueur et violent, on le sait bien, que la convention de droits de l’enfant n’y est pas appliquée du tout (!), que les enfants sont sauvagement frappés légalement dans les écoles dans des dizaines d’Etat au moyen de lattes en bois digne de l’esclavage, on trouve des images des résultats de ces coups, des fesses tuméfiées remplies de bleus, et même des dessins ou les esclaves étaient frappés avec les mêmes objets !

 L’ouvrage « La révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu Fukuoka se livre au même constat, on ne peut dissocier l’agriculture respectueuse de l’environnement et le respect de la vie en général, je cite une phrase d’un article qui en parle très bien :

«  La terre et l’homme »

« Nous ne sommes aujourd’hui que des arbres torturé par des tuteurs absurdes qui négligent notre développement naturel. Ce mode de culture nous rend malade car il est contraire à ce que l’on est naturellement. L’Homme a besoin d’un humus riche, fourni par ses parents, et de Soleil, pour savoir vers où pousser. Il n’a ni besoin de tuteurs, ni de produits artificiels pour être stimulé. » 

 

La protection de l’environnement et des enfants semble donc être nécéssairement liée, car ceux qui respectent l’environnement respectent avant tout l’être humain et ses besoins et si nos besoins n’ont pas été respectés dans notre enfance, il nous sera très difficile de les respecter une fois adulte. Par contre si nos propres besoins ont été respectés, on respectera nos besoins et ce dont ils dépendent comme l’environnement car les changements climatiques rendent certaines cultures indispensables à la vie difficiles voir impossibles.

 

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Voici ci-dessous l’article d’Olivier Maurel  : 

« Une pollution méconnue : la violence éducative

Peu d’écologistes jusqu’à présent se sont préoccupés d’une des plus radicales atteintes à notre propre nature, qui touche la majorité des enfants venant en ce monde. Je veux parler de la perturbation du cerveau des enfants par la violence éducative ordinaire, celle à laquelle recourent en toute bonne conscience presque tous les parents du monde comme moyen d’éducation.

La violence éducative ordinaire ne doit pas être confondue avec la maltraitance qui n’est que le sommet de l’iceberg de la violence infligée aux enfants et qui est dénoncée dans tous les pays. Alors que la violence éducative ordinaire qui constitue les neuf dixièmes immergés du même iceberg est parfaitement tolérée et souvent préconisée. Onze pays seulement l’ont interdite.

Cette atteinte à la nature, à notre nature, est d’autant plus rarement dénoncée qu’un de ses premiers effets est de s’autojustifier dans l’esprit de ceux qui la subissent. Presque tous frappés dans notre plus jeune âge, nous nous sommes identifiés à nos parents à un moment où nous en étions entièrement dépendants et où tout ce qu’ils faisaient était pour nous incontestable. Remettre en question ce comportement exige donc de nous un retournement de la pensée aussi difficile qu’une radicale remise en question de nous-mêmes.

Une deuxième raison fait que la violence éducative ordinaire n’est pas perçue comme un danger. La vitalité et la capacité de rebondissement des enfants est heureusement telle qu’ils utilisent pour se construire tout ce qu’ils trouvent autour d’eux. S’ils rencontrent une personne qui les comprenne et qui les respecte ils peuvent bâtir sur cette estime l’essentiel de leur personnalité et compenser partiellement des effets de ce qu’ils ont subi par ailleurs. Ces effets ne sont donc pas toujours apparents. Le plus résistant et le plus indélébile reste cependant la répétition de la violence subie sur la génération suivante si cette forme de violence n’est pas contestée dans la société où l’on vit.

Nous pensons donc presque tous qu’une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne et nous nous défendons par l’humour et la dérision contre ceux qui essaient de nous faire prendre au sérieux les gifles et autres punitions corporelles.

Un fait pourtant devrait attirer notre attention : la majorité des Africains qui, eux, ont été soumis enfants à de violentes bastonnades, les considèrent exactement comme nous considérons la fessée : un mode d’éducation normal, indispensable et sans danger. Les adultes n’ont en fait aucune objectivité à l’égard de ce qu’ils ont subi de la part de leurs parents et il leur est difficile de ne pas le considérer comme salutaire et justifié. La plupart des femmes africaines qui ont subi l’excision la voient aussi comme normale et indispensable, et rares sont celles qui l’épargnent à leurs filles. Pour la même raison, nous sommes extrêmement sous-informés sur l’importance quantitative de la violence éducative ordinaire dont très peu d’associations s’occupent.

Partout dans le monde, 80 à 90% des enfants la subissent et ces pourcentages sont confirmés par plusieurs enquêtes et sondages. Ainsi, au Cameroun, 90% des enfants subissent la bastonnade à la fois dans leur famille et à l’école . Des sondages effectués au Maroc et au Togo donnent sensiblement les mêmes pourcentages. Les enfants d’Asie et d’Amérique du Sud ne sont pas mieux traités. Dans presque la moitié des États des États-Unis, les enfants sont fessés à coups de latte dans les écoles. En France et en Europe en général, si le niveau de la violence éducative a sensiblement baissé par rapport à ce qu’il était au XIXe siècle, 85% des parents recourent encore aux gifles et fessées considérées à tort comme inoffensives.

La violence éducative commence souvent à s’exercer sur les nourrissons et se prolonge sur toute la durée de l’enfance et parfois de l’adolescence, voire plus longtemps encore. Dans certaines sociétés traditionnelles, le père trouve normal de frapper ses enfants au-delà de leur majorité. Mais le plus étonnant encore c’est que les coups et autres châtiments corporels qui sont justement considérés et dénoncés depuis cinquante ans par Amnesty comme des “traitements cruels, inhumains et dégradants” quand ils sont appliqués à des prisonniers, adultes le plus souvent, sont quotidiennement infligés à la majorité des enfants du monde par leurs parents et par leurs maîtres, dans l’indifférence et l’ignorance générale de l’opinion publique.

Cette indifférence et ce manque d’information qui permettent de perpétuer ces châtiments prennent leur source, on l’a vu plus haut, dans ces châtiments eux-mêmes. Et pourtant, on sait avec certitude aujourd’hui que ces châtiments ont des effets destructeurs. Il a été prouvé par plusieurs études rigoureusement scientifiques que les enfants qui ont été frappés ont plus de maladies physiques et mentales et d’accidents que ceux qui ne l’ont pas été et que cette augmentation se constate dès le niveau de coups le plus bas . Autrement dit, il n’existe pas de seuil de violence en-dessous duquel les coups infligés par les parents aux enfants seraient inoffensifs. Il a été prouvé que la menace de punitions physiques perturbe le travail intellectuel et le rend moins efficace. Il a été prouvé qu’il existe une très forte corrélation entre les violences commises à l’adolescence ou à l’âge adulte, qu’il s’agisse de délinquance ou de criminalité, et les violences subies dans l’enfance. Et en ce qui concerne les retombées politiques de la violence éducative, ce n’est sans doute pas un hasard si les principaux dictateurs du XXe siècle, Hitler, Staline, Mao, Amin Dada, Ceaucescu, Saddam Hussein, ont tous eu une enfance ravagée par la violence parentale, et s’ils ont pris le pouvoir dans des pays où l’éducation était traditionnellement violente.

La violence éducative a en effet sur la violence sociale et politique de multiples effets qui favorisent l’avènement de pouvoirs autoritaires violents, voire génocidaires. Elle légitime aux yeux des enfants frappés l’emploi de la violence dans les conflits individuels et collectifs. Elle accumule dans leur psychisme une pression intérieure qui cherche à se décharger non pas sur les parents mais sur les premiers boucs émissaires venus et désignés par un pouvoir lui-même violent. Elle incite les enfants à obéir non pas à la loi mais à la violence et elle donne du prestige aux leaders politiques autoritaires, perçus comme des incarnations de la violence paternelle ou maternelle.

Quand on s’interroge sur les raisons de ces effets de la violence sur le psychisme des enfants, on s’aperçoit qu’ils sont dus à des perturbations provoquées par la violence sur des comportements innés de l’enfant. C’est pourquoi il est tout à fait justifié de les considérer comme des formes de pollution ou de perturbations de la nature humaine.

En effet, la violence éducative n’existe pas chez les animaux, au moins les plus proches de nous, notamment les singes bonobos. Une mère bonobo ne frappe jamais ses petits, elle se contente de les éloigner d’objets ou de situations dangereuses. La violence éducative est un phénomène culturel acquis et rien dans leur nature n’y prépare ni la mère ni l’enfant. Bien au contraire, la violence éducative vient interférer gravement avec des comportements innés de l’enfant. Ils l’atteignent ainsi au centre de lui-même. Le comportement instinctif de sauvegarde qui pousse tout petit primate à fuir ou à combattre le prépare bien à réagir à la violence. Mais absolument pas à une violence venant de sa mère, c’est-à-dire de sa base de sécurité qu’il ne peut ni fuir ni combattre. Cette distinction est essentielle. Un petit primate - et l’enfant en est un - agressé par un de ses pairs, peut toujours venir se réfugier auprès de sa mère. Mais agressé par sa mère, il n’a plus de refuge et il voit brusquement sa base de sécurité devenir source d’insécurité. Rien dans ses instincts ne le prépare à affronter une telle situation. Au contraire, ce qui, dans son organisme, devrait l’aider à se protéger devient facteur de destruction.

Henri Laborit a montré, dans le film d’Alain Resnais Mon Oncle d’Amérique, comment les hormones du stress qui normalement préparent un animal à fuir ou à se défendre deviennent destructrices pour l’organisme quand le même animal ne peut ni fuir ni combattre, ce qui est exactement la situation de l’enfant frappé. Ces hormones attaquent le système digestif et les neurones. L’effet en est visible au scanner. De même la violence éducative a un effet pervers sur un autre comportement inné de l’enfant, le comportement d’imitation. La première chose qu’apprend un enfant frappé, ce n’est pas à obéir, à être sage ou à mieux travailler, c’est à frapper. On sait depuis peu que les neurones qui sont actifs lorsque nous effectuons une action sont exactement les mêmes qui s’activent quand nous observons cette action. C’est-à-dire que toute action des parents s’imprime littéralement dans le cerveau des enfants et prépare le chemin pour l’exécution de la même action. Et la violence éducative n’est pas une violence défensive. C’est une violence du fort sur le faible. Frapper un enfant, c’est le conditionner à la violence sur les êtres les plus faibles et plus tard, bien évidemment, ses propres enfants. Un autre comportement inné pousse les petits primates à se soumettre aux individus dominants comme on le voit chez les singes. Les travaux de Stanley Milgram7 ont montré à quel point la tendance à obéir, y compris à des ordres manifestement inhumains, est forte chez les adultes, pour peu qu’ils reconnaissent l’autorité à laquelle ils sont soumis. La violence éducative ne peut que renforcer cette tendance innée, faciliter la tâche des pouvoirs autoritaires et rendre plus difficile le fonctionnement d’une saine démocratie qui exige, chez les citoyens, la capacité de dire non à l’inacceptable.

Enfin, un autre système inné, le système immunitaire, est aussi vulnérable à la violence éducative. On sait aujourd’hui qu’en cas de stress consécutif à une agression, le cerveau, pour rendre la fuite ou la défense plus efficace, désactive automatiquement les fonctions qui n’ont pas d’utilité immédiate, comme la digestion ou le système immunitaire, pour consacrer toute l’énergie du corps à la course ou au combat. Or, un enfant qui est soumis à des coups et à la peur de ces coups se trouve fréquemment en état de stress, et cela pendant toute la durée de la formation de son cerveau. Cette alternance d’activation et de désactivation du système immunitaire est néfaste à son bon fonctionnement. C’est sans doute la raison pour laquelle les enfants frappés sont plus souvent malades que les autres.

On voit donc que c’est avec des comportements naturels et innés de l’enfant, tous indispensables à sa survie (comportement de sauvegarde, système immunitaire) ou à son insertion sociale (imitation, soumission), que les punitions corporelles viennent interférer sans bien sûr que les parents en soient conscients. Et elles perturbent les enfants au point de provoquer chez eux des tendances destructrices ou autodestructrices. En tant qu’écologistes, nous luttons contre les organismes génétiquement modifiés, ce qui est très bien. Mais les punitions corporelles font des enfants des organismes culturellement perturbés et presque personne ne s’en soucie. La pollution des esprits que constitue la violence éducative réduit certainement beaucoup le potentiel intellectuel et affectif de l’humanité. Pouvons-nous nous permettre de perpétuer ce gâchis ?

C’est en élevant les enfants dans un sens conforme à leur nature et non pas en bouleversant l’organisation de leur psychisme dès le plus jeune âge à coups de punitions corporelles qu’on peut espérer en faire des adultes attentifs à la protection de la nature et capables de résoudre les multiples problèmes posés par la société contemporaine. Et le fait que la violence éducative soit employée depuis des millénaires, au moins depuis l’apparition des premières civilisations écrites, ne doit pas nous impressionner. Sa durée plurimillénaire n’ajoute aucune valeur à l’excision. Il faut ajouter qu’une autre conséquence des punitions corporelles est d’humilier les enfants, de les amener à perdre leur estime d’eux-mêmes et souvent à ne plus être capables du simple bonheur d’exister. Or, quand on ne connaît plus le bonheur d’être, on lui cherche des substituts : l’avoir, le pouvoir, le paraître. Est-il nécessaire de démontrer que la quête massive de ces trois substituts d’être est le plus puissant moteur de la machine à détruire la planète ? La logique des mouvements écologistes devrait les amener à prendre partout clairement position contre la violence éducative et pour demander son interdiction, comme cela s’est déjà fait dans onze pays, mais pas encore en France. Elle devrait les amener aussi à soutenir activement l’action du Comité des droits de l’enfant de l’ONU qui demande à tous les pays d’interdire les punitions corporelles.

Olivier Maurel »

 

Olivier Maurel est le fondateur de l’observatoire de la violence éducative (OVEO) qui dénonce les violences éducatives perpétrées contre les enfants de par le monde et encore largement encouragées. Il a écrit le livre « La Fessée, Questions sur la Violence Educative » aux éditions « La Plage » et le livre « Oui, La Nature Humaine Est Bonne » aux éditions « Robert Laffont » qui vient de sortir.

 



جديد: البرنامج الجديد والمعدل لحساب المعدلات وطبع النتائج 2013

16 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #جذاذات ووثائق تربوية

جديد: البرنامج الجديد والمعدل لحساب المعدلات وطبع النتائج 2013
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المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي..‏

16 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مستجدات تربوية

http://tarbaouiyate.blogspot.com/2012/12/blog-post_2361.html
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لازال منصب رئيس المجلس الأعلى للتعليم شاغرا منذ وفاة رئيسه السابق محمد مزيان بلفقيه، وبحسب عدد من المتتبعين فقد أثر رحيل بلفقيه بشكل سلبي على سير عمل المجلس خصوصا بعد تقريره الشهير سنة 2008 حول منظومة التربية والتعليم بالمغرب حيث ذق ناقوس الخطر مما جعل حكومة عباس الفاسي تستنفر كل قواها من أجل وضع مخطط
استعجالي لإصلاح التعليم تحت إشراف وزير التربية الوطنية الاسبق أحمد اخشيشن الذي لازال عضوا في هذا المجلس بصفته الوزارية حسب موقع المجلس الأعلى للتعليم.أيضا فالمجلس الذي اعتاد على عقد دوراته السنوية العادية غاب عن الساحة حيث كانت آخر دورة في شهر فبراير 2010.
أهمية بالغة
الدستور الجديد الذي صادق عليه المغاربة في فاتح يوليوز 2011 قرر تعديل المجلس الأعلى للتعليم الذي عوضه بالمجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي وفق الفصل 168،حيث عرفه بكونه « هيئة استشارية، مهمتها إبداء الآراء حول كل السياسات العمومية، والقضايا الوطنية التي تهم التعليم والتكوين والبحث العلمي، وكذا حول أهداف المرافق العمومية المكلفة بهذه الميادين وتسييرها. 
كما يساهم في تقييم السياسات والبرامج العمومية في هذا المجال». ويبدي المجلس المذكور أيضا، رأيه حول أهداف المرافق العمومية المكلفة بهذه الميادين وتسييرها، ويساهم في تقييم السياسات والبرامج العمومية في هذا المجال، مشكلا استمرارية لمؤسسة المجلس الأعلى للتعليم، إلى جانب إبداء رأيه في استراتيجيات وبرامج إصلاح منظومة التربية والتكوين التي تحيلها الحكومة عليه، وفي مشاريع النصوص القانونية أو التنظيمية ذات الأهمية الخاصة بالنسبة إلى قطاع التربية والتكوين، إلى جانب رفع اقتراحات وتقارير لجلالة الملك بهذا الشأن.كما يستشار المجلس في مشاريع الإصلاح المتعلقة بالتربية والتكوين، كما يقوم بتقويمات شاملة للمنظومة الوطنية للتربية والتكوين، على المستوى المؤسساتي والبيداغوجي والمتعلق بتدبير الموارد، ويسهر على ملاءمة هذه المنظومة مع محيطها الاقتصادي والاجتماعي والثقافي.
قفزة نوعيه
اعتبر مهتمون بالشأن التعليمي أن «الانتقال نحو المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي يبرز كون منظومة التربية والتعليم تشكل أحد ركائزالإصلاح السياسي، وأن قضايا المدرسة تقع في صلب المشاركة الديمقراطية، باعتبار أن المجلس مؤسسة تهم جميع المغاربة، وأن المنظومة التربوية تمثل أحد رهانات المشروع التنموي للمغرب»،أيضا الانتقال من المجلس الأعلى للتعليم إلى المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي، من «الدلالات الاستشرافية لمدرسة مغرب الحاضر والمستقبل ستعزز دور المجلس بوصفه فضاء لتبادل الرأي المتعدد وللنقاش الديمقراطي حول أسئلة التربية والتكوين»، إذ أنه يخول أفقا أوسع لعمل المجلس عبر توضيح مجالات تدخله وتدقيق اختصاصاته لتزاوج بين إبداء الرأي والاقتراح وبين التقويم المنتظم للسياسات العمومية والقضايا الوطنية التي تهم التربية والتكوين والبحث العلمي.أما فيما يتعلق بمسألة البحث العلمي، سيكون المجلس سالف الذكر مدعو إلى تقديم إفادات بمهمته الاستشارية وقوته الاقتراحية ودوره التقويمي، بوضوح وجرأة، في السياسات العمومية والمشاريع الوطنية للبحث العلمي بمختلف مجالاته، النظرية والتطبيقية، المرتبطة بالعلوم الدقيقة والتقنية وبالعلوم الاجتماعية والإنسانية والتربوية»
الخطاب الملكي
من جهته دعا جلالة الملك خلال خطاب غشت المنصرم إلى «ضرورة الإسراع بتفعيل مقتضيات الدستور بخصوص المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي»،وقال في هذا الصدد»وللنهوض بالقطاع التربوي والتعليمي? بما يقتضيه الأمر من شراكة ومسؤولية? فإنه يتعين الإسراع بتفعيل مقتضيات الدستور? بخصوص المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي? في صيغته الجديدة? على أن تساهم هذه الهيأة في إنجاح هذا التحول الجوهري والمصيري? ليس بالنسبة لمستقبل الشباب فحسب? بل ولمستقبل المغرب? بلدا وأمة» وهو الخطاب الذي وضع خارطة طريق للتعليم والمدرسة العمومية.
الوفا والمجلس الأعلى
وزير التربية الوطنية محمد الوفا سبق أن أكد أمام نواب الأمة أن الوزارة ستعمل على إخراج المجلس الأعلى للتربية والتكوين إلى حيز الوجود من خلال وضع القانون المنظم له،مبرزا أن هذا المجلس ذو الطبيعة الاستشارية? سيتمتع بنوع من الالزامية? وسيكون شبيها ببرلمان صغير يتم خلاله مناقشة القضايا و التدابير المرتبطة بمنظومة التربية و التكوين .وأضاف الوفا أن المجلس الذي سيعقد ثلاث دورات في السنة ? سيضم بالأساس في تركيبته رجال التربية والتكوين إلى جانب شركاء آخرين? مشيرا إلى أن اللجان المنبثقة عنه ستملك إمكانيات لمواكبة الاصلاح وضمان الفاعلية. والتفعيل الأمثل والسريع للمجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي،وأبرز الوزير أنه سيتم الاستعانة بالخبرات الوطنية التي يزخر بها المغرب من أجل تحسين وإصلاح منظومة التربية والتكوين? معربا في هذا السياق عن قناعته بعدم جدوى الاعتماد على مكاتب دراسات أجنبية في هذا المجال. كما تعهد الوفا بتمكين المجلس الأعلى للتربية و التكوين والبحث العلمي من مباشرة مهامه في أقرب الآجال الممكنة؛وتعزيز دور المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي في تقييم السياسات والبرامج العامة وكذا إصدار رأيه في القضايا الوطنية المتعلقة بالتعليم.وللإشارة فقد برمجت حكومة عبدالإله بنكيران ضمن مخططها التشريعي إدراج القانون المنظم للمجلس الأعلى المذكور برسم سنة 2013.
رأي النقابات
النقابات التعليمية الخمس الأكثر تمثيلية وهي النقابة الوطنية للتعليم(ك د ش) والجامعة الوطنية لموظفي التعليم والنقابة الوطنية للتعليم(ف د ش) والجامعة الحرة للتعليم والجامعة الوطنية للتعليم(ا م ش) والتي اكتسبت تمثيليتها في المجلس الأعلى للتعليم من خلال كتابها العامين الخمس،التقت في وقت سابق الوزير محمد الوفا الذي قدم عرضا حول أهم مرتكزات المجلس الأعلى للتربية والتكوين والبحث العلمي ومكوناته واختصاصاته،وقد أجمعت النقابات الخمس، التي ثمنت الخطوة التي جاء بها الدستور،على ضرورة رفع تمثيليتها في المجلس أخذا بعين الاعتبار دورها الريادي في المنظومة التعليمية،كما نبه بعض المتدخلين إلى ضرورة تجنب الاختلالات التي صاحبت التعينيات في عضوية المجلس الأعلى للتعليم خصوصا بعدما ظهر جليا إغراقه بالحساسيات السياسية للوزير الوصي على القطاع آنذاك. كما حثوا الحكومة على ضرورة الإسراع بإخراج القانون المنظم للمجلس الأعلى سالف الذكر.

متابعة_ التجديد- خالد السطي

 

المكتبة الرقمية العالمية‏

13 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #Liens مواقع

http://www.wdl.org/ar/partners/

تتألف مجموعة شركاء المكتبة الرقمية العالمية أساسا من المكتبات والمحفوظات أو مؤسسات أخرى تملك مجموعات من المضمون الثقافي التي تهبها إلى المكتبة الرقمية العالمية. وقد يشمل الشركاء أيضا المعاهد والجمعيات والشركات الخاصة التي تساهم في المشروع بطرق أخرى، مثلا بواسطة المشاركة بتقنيتها، أو بعقد أو القيام بالرعاية المشتركة للاجتماعات المنعقدة من قبل المجموعات العملية، أو بواسطة الإسهام المالي.

مجلات ودوريات وجمعيات عالمية في تكنولوجيا التعليم

13 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #TICEتكنولوجيا المعلومات


مجلة تكنولوجيا التعليم الأمريكية

http://scholar.lib.vt.edu/ejournals/JTE/


مجلة تكنولوجيا التعليم التركية

http://www.tojet.net/


مجلة تكنولوجيا التعليم الاسترالية

http://www.ascilite.org.au/ajet/ajet.html


مجلة تكنولوجيا التعليم الكندية

http://www.cjlt.ca/index.php/cjlt


مجلة تكنولوجيا التعليم البريطانية

http://www.wiley.com/bw/journal.asp?ref=0007-1013


المجلة الأمريكية للتعليم عن بعد

http://www.ajde.com/index.htm


مجلة التعليم عن بعد الكندية

http://www.jofde.ca/index.php/jde


مجلة الوسائط التربوية التفاعلية البريطانية

http://jime.open.ac.uk/


الجمعية الأمريكية للبحوث التربوية

http://www.aera.net/


الجمعية الدولية لتكنولوجيا التعليم

http://www.iste.org/


مركز المعلومات للبحوث التربوية (ERIC)

http://www.accesseric.org/


الجمعية التربوية للاتصالات والتكنولوجيا

http://www.accesseric.org
الجمعية العمانية لتقنيات التعليم

http://www.omaniset.com


الجمعية التربوية للاتصال والتكنولوجيا الأمريكية AECT)

http://www.aect.org/default.asp



الرابطة الأمريكية لبحوث التربية والتعليم (AERA)

http://aera.net/




الجمعية الدولية للتعليم الالكتروني

http://www.iste.org/



جمعية كوينزلاند لتكنولوجيا المعلومات فى التعليم

http://www.qsite.edu.au/



الجمعية المصرية لتكنولوجيا التعليم

http://www.eaet.net/



المؤسسة العربية للعلوم والتكنولوجيا

http://www.astf.net/site/arabic/aboutus/overview.asp



الرابطة الدولية لتعليم التكنولوجيا ( ITEA )

http://www.iteaconnect.org/

الرسائل العلمية.كلية التربية الرياضية‏

13 Décembre 2012 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #ديداكتيك المواد

http://www.aun.edu.eg/arabic/department_t.php?Faculty_Code=10

رسائل العلوم التربوية والنفسية الرياضية


http://www.aun.edu.eg/arabic/these_a.php?Dept_Code=1005
ET

رسائل الادارة الرياضية والترويح

http://www.aun.edu.eg/arabic/these_a.php?Dept_Code=1003
ET

رسائل علوم الصحة الرياضية

http://www.aun.edu.eg/arabic/these_a.php?Dept_Code=1004

رسائل المناهج وتدريس التربية الرياضية



http://www.aun.edu.eg/arabic/these_a.php?Dept_Code=1001

رسائل التدريب الرياضى وعلوم الحركة


http://www.aun.edu.eg/arabic/these_a.php?Dept_Code=1002

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