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Le blog d'education et de formation

Un nouveau record du mammouth 54 élèves par classe!

8 Février 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Un nouveau record du mammouth

54 élèves par classe!
 
· Sidi Maârouf, Dar Bouâzza, Moulay Rachid et Hay Hassani

· Dans les nouveaux quartiers, on a pensé à tout sauf à la scolarité des enfants



L’extension de la ville et le boom de l’immobilier à Casablanca ont certes «démocratisé» l’accès au logement, mais n’ont pas manqué d’avoir des effets secondaires: le déficit, voire l’absence d’une offre publique de scolarisation. En effet, la poussée urbanistique n’a pas été accompagnée par la mise en place d’infrastructures de base. Et ce sont les parents qui payent les frais. «Nous avons déménagé vers ce quartier il y a 5 ans. Mais une fois sur place, nous avons été surpris par l’absence d’écoles publiques où inscrire nos enfants», s’indigne un habitant du quartier Hay Cherifa à Aïn Chock. Ce quartier a connu une extension fulgurante ces 10 dernières années. L’endroit, qui relevait jusqu’à une date récente de la périphérie rurale, est devenu un chantier ouvert. Les bâtiments fleurissent comme des champignons, mais aucun n’est dédié à la scolarisation publique.
La situation de Hay Cherifa n’est pas la plus dramatique. Car il y a pire. Sidi Maârouf, Dar Bouâzza, Moulay Rachid et Hay Hassani, qui ne sont pourtant plus de nouveaux quartiers, sont en effet considérés comme des points noirs, selon Khadija Benchouikh, directrice de l’Académie régionale de l’enseignement et de la formation de Casablanca (Aref). Conséquence: la surcharge des classes atteint des sommets. «Dans certains quartiers, on se retrouve parfois avec des classes de 50 à 54 élèves», révèle la directrice de l’Académie. Face à une telle situation, la réponse des directeurs d’écoles est de parer au plus pressé, quitte à recourir au système «D». Et tant pis pour la qualité de l’enseignement qui, dans ces conditions, devient le dernier des soucis.
La région de Casablanca compte 449 écoles primaires, 59 satellites, 183 collèges et 107 lycées. Mais comparé au nombre d’élèves scolarisés, estimés à 850.000, en plus des milliers qui s’ajoutent chaque année, la région reste loin du compte. Une chose est sûre, l’objectif de rendre la scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans, est loin d’être acquis.
L’un des principaux objectifs du Plan d’urgence est de renforcer les capacités d’accueil dans le primaire et le secondaire. Ainsi 100.000 places seront créées dans le primaire et 2.500 salles supplémentaires seront ouvertes entre 2009 et 2012, particulièrement dans le rural. La capitale économique aura également son lot. Elle verra la construction de quelque 60 établissements scolaires. Ce qui ne semble pas rassurer les habitants. «Les responsables nous ont promis monts et merveilles. Mais cela fait 5 ans et ces promesses n’ont pas été concrétisées», s’insurge cette mère de famille du quartier Sidi Maârouf.
La situation de ce quartier est en effet dramatique. «Dans les 10 dernières années, cette zone a connu la création d’un seul établissement. Et encore, les travaux ne sont pas achevés», indique Mohamed Qnouch, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves. Et d’ajouter, «le problème est que l’expansion urbanistique a été désorganisée. Les schémas ne s’intègrent pas d’établissements, ce qui fait que le foncier pour bâtir des écoles est de plus en plus rare».
Le développement démographique rapide que connaissent les nouveaux quartiers rend la tâche encore plus difficile. Certains quartiers comme Sidi Moumen, Hay Hassani, Aïn Chock ou Moulay Rachid ont, en effet, vu leur population augmenter de 2 à 7% en l’espace de 10 ans.
Une politique de rationalisation des infrastructures a été amorcée, sans effet pour l’instant. Elle consistait à transformer les écoles primaires en collèges ou l’inverse. Mais l’expérience n’a pas été concluante et elle a été vite abandonnée.
Le transfert d’élèves des écoles, qui connaissent une forte densité vers celles sous-exploitées dans les quartiers Hay Hassani/Casa Anfa, a aussi échoué en raison des difficultés du transport.


Le malheur des uns…


Certains parents se sont retrouvés piégés. En déménageant vers des quartiers où il n’y a pas d’offre d’écoles publiques, ils sont obligés de recourir aux écoles privées. Ces dernières n’ont pas manqué de sauter sur l’occasion. Elles mettent le paquet en effet sur les nouveaux quartiers. En jouant sur la corde sensible des parents, à savoir la scolarité de leurs enfants, elles exigent parfois des prix exorbitants. En moyenne, le coût d’une école primaire est de 1.500 DH par mois, de 3.000 DH pour le cycle secondaire, et de 4.000 à 6.000 DH pour le cycle supérieur, selon le directeur d’une école privée. Cela sans compter les fournitures scolaires. Souvent, les écoles privées, on le sait, exigent des livres importés qui coûtent cher.

Tarik HARI:http://www.leconomiste.com/

 
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