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Le blog d'education et de formation

Retraites: La rengaine des débats

14 Septembre 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

 

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Retraites: La rengaine des débats
 
· Faible taux de couverture et toujours pas de réforme

· Des conclusions du cabinet Actuaria contestées



Plus des trois quarts des travailleurs ne bénéficient pas de filet social. Dès 2012, les caisses de retraite commenceront à afficher des déficits. Malgré cette situation, rien n’a encore été entrepris. Les travaux de la commission technique des retraites n’avancent pas. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes sortes de spéculations sur ces régimes. A tel point que Jamal Bellahrach, président de la commission sociale à la CGEM, se demande «si l’on ne va pas attendre les prochaines élections de 2012 pour entamer la réforme». C’était lors d’un débat sur l’avenir des retraites, organisé par l’Agef et la CGEM.
Pour faire face à cette situation déficitaire, un cabinet d’études (Actuaria) a été engagé afin de proposer des scenarii de sortie de cette crise (cf. www.leconomiste.com). Pour Youssef Cheddadi, président de la Caisse interprofessionnelle marocaine des retraites (CIMR), «la réforme des retraites doit respecter certains principes dont celui de la pérennité du système, les droits acquis des salariés et la sauvegarde de leur pouvoir d’achat».
Aujourd’hui, le déficit est tel que dans le secteur privé le périmètre d’emprise naturelle du régime de base à la CNSS n’est pas entièrement rempli. Une situation attribuée principalement à la non-affiliation de plusieurs employeurs au régime alors que ce dernier est obligatoire. Cette situation s’explique également par le nombre important d’employeurs qui, malgré qu’ils soient affiliés au régime, ne versent pas les cotisations. D’où le faible taux de couverture, estimé à près de 25% au Maroc.
Des principales conclusions du cabinet, il ressort que la dette implicite des caisses de retraite avoisinait les 1.200 milliards de DH en 2007 (plus précisément 1.187 milliards de DH). Soit près de deux fois le PIB (170% du PIB).
Du coup, une fois les contributions ne suffiront plus à payer les retraites, l’on se rabattra logiquement sur les réserves. Or, ces dernières s’épuiseront en 2019 pour la CMR , en 2049 pour le RCAR, en 2037 pour la CNSS et 2050 pour la CIMR. Autre indicateur de l’état de santé des régimes de retraite, le rapport de la valeur actualisée des prestations sur les contributions (cotisation/paiement). Ce rapport est de 2 fois pour la CMR, 2,5 fois pour le RCAR et 3 fois pour la CNSS.
Quant aux propositions de sortie de crise formulées par le cabinet Actuaria, elles envisagent de porter les taux de contribution à des niveaux plus élevés qui seraient autour de 40% pour la CMR. «Mais si l’on veut maintenir le taux de 20%, il va falloir trouver un financement de l’ordre de 450 milliards de DH intégré dans la dette publique et qui devrait ainsi presque doubler à l’occasion», souligne Cheddadi. L’autre piste consiste à trouver des solutions paramétriques pour combler le déficit tout en limitant le taux de cotisation acceptable. Cette solution a été construite sur des principes tels que l’intégration de la dynamique démographique circonstancielle. «Actuellement, la population est suffisamment jeune avec des perspectives de contributions sur le long terme», note le président de la CIMR.
Aux yeux de Saïd Ahmidouch, DG de la CNSS, «le système proposé par le cabinet, qui est celui des cotisations définies, n’existe pas au Maroc. Dans de nombreux pays, l’on a mixé le système de cotisations définies à celui des prestations définies. Ce qui est rassurant pour les assurés». Et d’ajouter, «il appartient donc à la commission technique d’élaborer une solution qui s’adapte au contexte marocain». Pour le DG de la CNSS, «si les conclusions du cabinet Acturia sont intéressantes sur certains volets, elles ne le sont pas sur d’autres».
Côté syndicats, l’on se dit toujours contre le rééquilibrage du système aux dépens des acquis des salariés. L’UMT maintient sa position: «il est inconcevable de relever l’âge des retraites pour faire face au déficit».


Régime par répartition


Le régime de retraite est géré par répartition à l’exception de celui du RCAR (géré à la fois par capitalisation et par répartition).
Dans ce système de retraite, les cotisations, versées par les actifs au titre de l’assurance vieillesse, sont immédiatement utilisées pour les pensions.
Ce système repose ainsi sur une solidarité entre les générations des affiliés et sa pérennité financière est tributaire du rapport entre le nombre de cotisants et celui des retraités. «Théoriquement, ce régime n’a pas besoin de constituer des réserves. Or, en pratique, les besoins en réserves sont manifestes» , explique Youssef Cheddadi, président de la CIMR. Cette réserve représente 12% des engagements de la CMR, 4% à la CNSS, 28% à la CIMR. Pour le RCAR, la réserve équivaut à 80% des engagements.

J. B.

 
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