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Le blog d'education et de formation

Préscolaire: Une ribambelle de tutelles dormantes

25 Janvier 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #التعليم الاولي

Emploi et Carrière

Préscolaire: Une ribambelle de tutelles dormantes
 
· Education nationale, Habous, Jeunesse & Sports, Entraide nationale…

· Même dans le public, la scolarité est payante



Malgré la volonté et les engagements pris pour accélérer la généralisation de l’enseignement préscolaire, le secteur a subi depuis l’année 2000 une diminution des effectifs passant de 764.200 à 702.522 entre 2000 et 2006. Le taux d’accroissement annuel moyen depuis 2000 est de -2,43% selon les estimations du ministère de l’Education nationale. Les effectifs en préscolaire (privé et public) sont passés à 705.753 en 2006-2007. Mais sur les deux dernières années scolaires, ce chiffre tend à se renforcer. Et pour cause, l’Etat s’investit davantage dans le secteur en intégrant des classes maternelles dans les écoles publiques, sachant que la participation est essentiellement privée. Mais c’est une goutte dans le vaste océan des besoins. Depuis leur introduction en 2006-2007, ces classes ont reçu 26.000 élèves pour arriver à environ 70.000 en 2008-2009. Sachant que le préscolaire type kouttab a accueilli 445.018 enfants. Les jardins d’enfants et groupes scolaires (appelés autrement préscolaire d’inspiration moderne) ont reçu 206.468 enfants. La formule de ces classes est simple: utiliser les classes vides des écoles publiques pour y loger les maternelles (près d’un millier). Ces classes sont surtout concentrées dans le milieu rural où il n’y a quasiment pas d’écoles maternelles.
L’intérêt est double: doter le rural d’infrastructure d’enseignement, mais aussi augmenter le taux de préscolarisation des filles dont les parents sont plus confiants de les envoyer à l’école qu’aux kouttab coraniques. Cependant, les besoins sont encore importants: il y a un déficit de 1.930 salles. Un phénomène important se profile, qui est celui de la féminisation de la population des éducateurs. «Plus on développe un préscolaire dit moderne, plus la population des éducateurs se féminise et moins les mamans ont des réticences à envoyer leurs filles à l’école», signale Brigitte El Andaloussi de l’association Atfale. En effet, les parents ont davantage confiance du fait de la hantise des attouchements sexuels en milieu scolaire, ou encore des idées prédéfinies que les femmes sont mieux loties pour s’occuper des enfants que les hommes. La seule contrainte est la faiblesse de la contribution financière de l’Etat. Les familles restent les principales sources de financement. En effet, les parents payent des frais de scolarité qui varient de 30 à 150 dirhams par mois. C’est l’un des tabous de l’école qui saute tout doucement. Même si cela reste modeste par rapport aux frais des écoles privées des quartiers populaires qui atteignent parfois 350 dirhams.
El Andaloussi dresse un état des lieux. Le préscolaire au Maroc se démarque par le fait qu’il appartient dans sa quasi-totalité au secteur privé et relève de plusieurs instances de tutelle relativement cloisonnées. Il se compose de différents types de structures d’accueil dans lesquelles chacune définit ses orientations pédagogiques sous la pression des parents. «Comment parvenir à une définition et une organisation consensuelle compte tenu de la diversité des institutions et des instances de tutelle?», se demande El Andaloussi.
Une étude du ministère de l’Education relève les mêmes difficultés. Elle cite pêle-mêle la grande diversité des structures d’accueil avec difficulté de leur classification, les intervenants, les contenus, les pratiques pédagogiques, une offre déficitaire, les faiblesses du personnel d’encadrement.


24.000 éducateurs remis à niveau


Trois types d’institutions accueillent les enfants en âge préscolaire: les m’sid et kouttab coraniques sous la tutelle du ministère des Habous, les kouttab préscolaires et les jardins d’enfants relevant du privé. Ces derniers sont autorisés par le ministère de l’Education nationale dont ils dépendent. Ces institutions accueillent la majorité des enfants préscolaires et appartiennent au secteur privé. Le ministère de la Jeunesse et des Sports et l’Entraide nationale disposent d’un certain nombre de jardins publics.
Les maternelles appartenant à la mission sont difficiles d’accès et accueillent un nombre très réduit d’enfants Marocains.
Le ministère essaye de répondre tant bien que mal aux contraintes du secteur. D’abord, 24.000 éducateurs ont bénéficié d’une formation de mise à niveau, de nouveaux moyens nécessaires au transport scolaire ont été mis en place, avec un budget de 55 millions de dirhams, la bourse scolaire trimestrielle a été revue à la hausse et les cantines seront ouvertes durant 180 jours.
Par ailleurs, le ministère a publié il y a deux ans une circulaire qui fait grincer des dents certains professionnels du secteur. Cette circulaire prévoit d’inscrire les enfants de début d’année (par exemple en janvier-février-mars 2010) avec des enfants nés en 2009, en pensant ainsi leur faire gagner du temps. Une manière aussi, au passage, d’augmenter les effectifs préscolarisés. «C’est une erreur car tout dépend de la capacité de l’enfant et de sa maturité. Ce sont parfois des enfants en difficulté», commente Nezha Alaoui, directrice d’une école privée.

Jihane Kabbaj

 
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