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Le blog d'education et de formation

Mission française: Moins de places pour les Marocains

8 Juin 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Dossier Emploi et Carrière

Mission française: Les portes se ferment pour les locaux
 
· Motif: le retour massif des bi-nationaux (MRE), prioritaires

· Les frais de scolarité augmenteront de 11% à la rentrée de septembre


· Institution des droits annuels d’inscription en 2011


L’offre de l’enseignement de la «Mission» au Maroc est la plus dense à l’étranger de tous les réseaux de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE). Les 23 établissements de la «Mission» dans le Royaume comptent 18.200 élèves dont 48% sont des Marocains. Et comme tous les ans, les tests-concours, qui se sont déroulés début juin, ont encore été pris d’assaut par les parents. Car, inscrire son chérubin à la «Mission» fait encore rêver beaucoup de ménages urbains de la classe moyenne. Le constat est pourtant sans ambages: année après année, les portes de la Mission se referment pour les Marocains. Elles le sont encore plus avec le retour massif des bi-nationaux (MRE) dont les enfants sont prioritaires et l’arrivée des familles françaises, soit des indépendants, soit des cadres salariés des multinationales.
Exiger de garder un certain quota d’élèves étrangers est une question sensible, expliquent les responsables de l’AEFE depuis Paris. D’abord parce que la loi impose à l’agence d’assurer, en faveur des enfants de nationalité française résidant à l’étranger, les missions de service public relatives à l’éducation. A ce titre, ils sont donc prioritaires. Mais la loi impose également à l’AEFE une mission de mixité culturelle en contribuant au renforcement des relations de coopération entre les systèmes éducatifs français et étrangers au bénéfice des élèves français et étrangers.
Beaucoup de parents se posent des questions, au vu du nombre de places de plus en plus limitées, une demande qui ne cesse d’augmenter conjuguée à la hausse des frais de scolarité et au problème des fratries (le critère n’est plus valable pour inscrire son enfant). Les parents s’inquiètent d’autant plus que la pression sociale monte. Les enseignants viennent d’observer un débrayage d’une semaine (du 24 au 29 mai) faisant planer la menace sur le déroulement des épreuves de fin d’année. Leur revendication portait essentiellement sur les droits de scolarité appliqués aux enfants des personnels des établissements de l’AEFE. La mobilisation a été très variable d’un établissement à l’autre et certaines épreuves de fin d’année (tests d’entrée ...) ont connu des perturbations sans être remises en cause.
Après quelques concessions de l’agence, le conflit a été désamorcé de justesse avant d’impacter les épreuves du bac, mais il s’en est fallu de peu. Pour certaines catégories de personnels, il a été obtenu des exonérations totales ou partielles de certains éléments constituant le tarif et, pour d’autres, un plafonnement sur plusieurs années et une amélioration des aides.
Pour ce qui est des parents, des contestations ont aussi eu lieu l’an passé au moment de l’annonce de la hausse de 12% pendant trois ans: port de brassard, manifestation devant les lycées Lyautey et Descartes, une journée à la maison comme signe de protestation.
Les associations des parents ont obtenu l’étalement de la hausse des frais de scolarité afin qu’elle puisse être supportable. Résultats des négociations: une hausse progressive avec des différences entre les 3 niveaux, maternelle, primaire/collège et lycée, la nouveauté étant le droit d’inscription annuel (DAI) qui sera applicable aux nouveaux inscrits à partir de 2011-2012. Les élèves inscrits avant cette date ne sont pas concernés. A compter de septembre 2011, au fameux ticket d’entrée (droits de première inscription), il faudra payer, tous les ans, des droits annuels d’inscription.
Parmi les autres requêtes des parents, la qualité de l’enseignement. «Avec le départ des expatriés, nous réclamons que les remplacements se fassent par des titulaires de l’Education nationale», indique Habiba Lamrani, présidente de l’association des parents indépendants, Api/Fapée.
L’AEFE, contactée par l’Economiste, a tenté d’élucider nos questions sur l’avenir du réseau ou encore les efforts financiers demandés aux établissements. L’agence est dans la tourmente. Elle a besoin de moyens financiers pour agrandir les locaux, les remettre aux normes, avoir plus d’enseignants et améliorer l’offre pédagogique, mais aussi pour la gestion des projets immobiliers du réseau. Il s’agit donc de trouver d’autres moyens pour s’en sortir.
Hormis les difficultés liées aux contraintes de restrictions budgétaires, l’Etat demande à l’agence de s’autofinancer davantage, or, ce sont les familles qui sont sa première source de financement. L’AEFE s’explique: la contribution demandée aux familles (droits de scolarité) vient de faire l’objet d’un plan d’évolution pluriannuel. Il convient de rappeler le contexte dans lequel l’AEFE est invitée à pratiquer une politique de vérité des coûts. Il est donc d’abord indispensable de rapprocher progressivement les établissements du Maroc de la moyenne des frais de scolarité appliqués dans les établissements de l’agence dans les autres pays de la région.
En concertation avec les associations de parents d’élèves, certains principes ont été retenus: évolution mesurée des augmentations annuelles, ne dépassant pas 10,5% à la rentrée 2010 et 11% à la rentrée 2011, avec une grille tarifaire commune à tous les élèves, ceux déjà scolarisés et ceux à venir; simplification des tarifs, qui rapprochera en 6 ans les droits de scolarité payés au sein du primaire et ceux payés au sein du secondaire; harmonisation des droits d’inscription, ceux des élèves français continuant d’être sensiblement revalorisés, de manière à être portés au niveau de ceux payés par les élèves de nationalité marocaine ou étrangers tiers, et enfin, en concertation étroite avec les associations de parents d’élèves, des droits annuels d’inscription seront applicables aux seuls nouveaux élèves inscrits à compter de la rentrée 2010.
Ils ne seront payables qu’à partir de leur 2e année de scolarisation (rentrée 2012). Le montant de ces droits est affecté en priorité aux investissements immobiliers.

Jihane KABBAJ

Pas de nouvel établissement


Pour ce qui de l’avenir du réseau, la création d’établissements n’est plus d’actualité, l’objectif est de créer un label France plus flexible, de clarifier les certifications, avec la nécessité de renforcer le lien avec les établissements homologués, de créer de véritables partenariats et de chercher de nouvelles sources de financement. Pour l’AEFE, l’avenir pour le réseau au Maroc, c’est d’abord de maintenir la qualité de l’enseignement et des apprentissages. En ce qui concerne la qualité de l’accueil des élèves, cette dernière est une des préoccupations majeures de l’agence. Certes, le parc immobilier du réseau Maroc est partiellement ancien et plusieurs installations méritent d’être rénovées. C’est dans cette perspective, et dans le cadre de la nouvelle politique de l’Etat français, que l’AEFE élabore actuellement son schéma pluriannuel de stratégie immobilière en vue d’établir prochainement les priorités pour l’ensemble du réseau.
Pour ce qui de l’ouverture de cantines scolaires, ne vous attendez à rien pour le moment, l’agence affirme que ce n’est pas une demande exprimée en priorité par les familles, bien au contraire!

Effort partagé


Un effort financier est demandé aujourd’hui aux établissements et donc aux parents. Les frais de fonctionnement des établissements scolaires de l’AEFE dans le monde sont assurés par les parents d’élèves et l’agence, dans une répartition variable. Au Maroc, l’AEFE mobilise des moyens humains et budgétaires très importants. La dépense de l’agence pour les 850 personnels français de son réseau marocain s’est élevée à 49 millions d’euros en 2009, soit un coût de 2.650 euros par élève, toutes nationalités confondues, ce qui représente un coût par élève supérieur à la moyenne mondiale. Quant aux dépenses de fonctionnement de ses 23 établissements au Maroc en 2009, l’agence a pris 56% du total à sa charge (44% payés par les familles), un taux là aussi supérieur à la moyenne mondiale. A côté de l’effort des familles, celui de la France, à travers les financements de l’AEFE, demeure très élevé.

 
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