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Le blog d'education et de formation

Les transhumants déjà à l’école!

3 Août 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Les transhumants déjà à l’école!
 
· La rentrée scolaire a eu lieu le 26 juillet

· Lancement de 3 nouvelles écoles mobiles


· Les mesures incitatives à l’inscription se multiplient



Le 26 juillet, les écoliers nomades ont pris le chemin de l’école. Ou plutôt des tentes scolaires! Dans la vaste contrée qui s’étend du versant sud du Haut Atlas jusqu’à la chaîne du Sargho, les enfants des tribus nomades de la province de Ouarzazate, ont démarré l’année scolaire 2010-2011 dans cette tente mobile qui les accompagne tout au long de l’année au rythme de leurs déplacements saisonniers.
Au commencement, l’école mobile était un concept-pilote que le ministère de l’Education nationale a initié en 2004 en collaboration avec le projet de conservation de la biodiversité par la transhumance dans le versant sud du haut atlas (CBTHA) dans la région du M’goun. Un groupe scolaire du nom d’Amejgag y a été créé. Il réunit aujourd’hui 45 élèves entre la 1re et 5e année du primaire.
Cinq ans après le lancement de cette première école mobile, expériences et enseignements engrangés, le ministère entend désormais capitaliser sur ses acquis. «La sensibilisation des parents d’élèves avance, la démarche et la logistique sont là, il s’agit aujourd’hui de dupliquer et de perfectionner ces écoles» explique Aziz Rahou, coordinateur du projet « biodiversité et transhumance».
Cette volonté de l’Etat de généraliser l’enseignement et de lutter contre la déperdition scolaire, a trouvé bon écho auprès des associations «Chems » et l’espagnole «Dignidad» qui, en 2009, ont initié le nouveau groupe scolaire Toghsa dans la région d’Iknioun, où 25 élèves de la tribu des Aït Atta se sont inscrits en première année du cycle primaire.
Cette année, trois nouvelles écoles mobiles dans les régions de Tilmi (entre Azilal et Ouarzazate), Ghallil et Aït El Farsi (entre Tinghir et Tinjdad) ont été lancées. Toujours en collaboration avec l’association «Dignidad». Mais la multiplication des écoles ne suffisant pas, diverses mesures incitatives sont déployées au profit des acteurs de l’école mobile. L’objectif est d’augmenter le taux de scolarisation, particulièrement faible dans la région, d’assurer la durabilité des structures et la qualité de l’enseignement.
Ainsi, le ministère de l’Education nationale assure la supervision administrative et éducative, à travers l’adaptation du programme, de l’emploi du temps, de la méthodologie au mode de vie pastoral. D’où cette rentrée scolaire qui s’effectue fin juillet. La première session s’étend jusqu’en octobre et la deuxième de janvier à mai. Les périodes de vacances correspondant aux saisons de transitions des nomades des plaines vers les hauts reliefs et vice-versa.
Par ailleurs la délégation du ministère organise des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer auprès des parents, souvent très réticents vis-à-vis des contraintes et des coûts liés à la scolarisation d’enfants en principe prédestinés à devenir bergers.
Si les mentalités peinent à changer, la question du coût a tout de même trouvé réponse. En effet, les parents d’enfants scolarisés, bénéficient dans le cadre du programme « Tayssir » d’une une aide mensuelle de 60 dirhams pour chaque élève des premier et deuxième niveaux du primaire, 80 dirhams pour les deux niveaux suivants et 100 dirhams pour les cinquième et sixième niveaux du même cycle.
Pour ce qui est de l’association espagnole, hormis son soutien logistique (tentes, chaises, tables pliantes…), elle s’apprête à lancer en ce début d’année scolaire, une bourse au profit des enseignants, dont les conditions d’exercice sont particulièrement rudes.
A M’goun, berceau de l’expérience, le groupe scolaire Amejgag accueillera en 2010 ses premiers élèves de sixième année. Mais la question de la poursuite des études après le primaire se pose avec acuité. Le délégué  de l’éducation nationale dans la province de Ouarzazate s’est montré rassurant, des bourses sont prévues et une commission de sensibilisation des parents a été formée, pour permettre aux futurs collégiens de rejoindre les internats des établissements secondaires de la région.


Expérience étrangère


Tableau accroché à un tronc d’arbre, au Kenya la classe itinérante se fait à l’ombre des feuillages. Dans ce pays qui compte une importante communauté pastorale, 91 écoles mobiles regroupent plus de 110.000 enfants d’éleveurs somalis.
Loin des vastes plateaux africains, l’école mobile investit aussi les jungles citadines d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie. En Inde par exemple, des bus itinérants sillonnent les artères pour donner accès à l’éducation aux enfants des rues.

F. Z. A.

 
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L'économiste -

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