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Le blog d'education et de formation

LES CAHIERS DE L’EMERGENCE Enseignement supérieur: Les facs décomplexées

28 Juillet 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Enseignement supérieur: Les facs décomplexées
 
· L’autonomie des universités a ouvert des brèches

· Des cursus professionnalisants pour coller au marché


· Alors qu’ils se méfiaient jadis l’un de l’autre, public et privé se rapprochent



Les présidents des universités qui seront désignés à l’issue de la procédure en cours d’appel à concurrence, prendront en principe leur fonction à la rentrée de septembre. Ils trouveront des institutions qui, grosse modo, sont en ordre de marche. L’autonomie des universités, même amputée de sa partie financière, a contribué tout doucement, à la transformation de ces établissements.
Sur le plan de la gestion d’abord, la majorité d’entre eux ont intégré la notion de performance dans leur fonctionnement. Même si la comparaison peut paraître exagérée, les présidents des universités se comportent en dirigeants d’entreprise, plutôt de grosses, au regard des effectifs d’étudiants. Si demain, les candidatures à la présidence d’universités étaient ouvertes aux opérateurs du monde économique (il n’est pas interdit de rêver), la culture d’efficacité de l’entreprise irriguerait alors, pour de bon, le management de ces organisations. Les plus entreprenants des présidents exploitent au maximum les marges de manœuvres conférées par la loi sur l’autonomie. Au niveau pédagogique, l’émulation avec les meilleurs du secteur privé produit les premiers résultats. Le mot d’ordre désormais tient au pragmatisme. Dans l’offre de formation des facultés, émergent dorénavant des filières plus proches du marché de l’emploi. De Casablanca à Oujda, les licences professionnelles ou les masters sont lancés avec l’implication de destinataires finals de lauréats, c’est-à-dire, les entreprises. De même, dans l’animation pédagogique des programmes, il est fait appel aux professionnels, malgré la contrainte budgétaire toujours aussi pesante. La nouvelle génération des responsables dans les universités est complètement décomplexée par rapport à la sacralité de l’académisme sur les campus. Signe des temps, les passerelles actuelles entre les ISTA, qui relèvent de la formation professionnelle, et les licences professionnelles.
L’injection d’une dose de professionnalisation des cursus est une réponse aux difficultés éprouvées par les jeunes diplômés sur le marché de l’emploi. En gros, les facultés sont en train de dupliquer très intelligemment, les recettes qui ont fait le succès de l’enseignement supérieur privé. Cette émulation ne peut qu’être bénéfique pour les standards de l’ensemble du système.
Même le tabou de la gratuité de la formation a été brisé par la création des programmes payants au sein même des universités. Ces masters constituent, pour l’instant, une sorte de terrain d’expérimentation de ce qui pourrait devenir à long terme, le système universitaire. La sélection y est rigoureuse, et la participation aux frais de fonctionnement responsabilisent encore plus les étudiants. Le phénomène d’«étudiants touristes» encore très présent au premier cycle des facs, (licences fondamentales) y est inexistant.
De son côté, l’enseignement privé, avec près de 30.000 étudiants, a apporté la preuve de son efficacité par une meilleure insertion de ses lauréats sur le marché de l’emploi. Des groupes marocains ont aujourd’hui un rayonnement international, notamment en Afrique sub-saharienne d’où ils recrutent une partie de leurs effectifs. A travers des partenariats, beaucoup d’entre eux vont chercher à l’étranger, essentiellement en France, une reconnaissance, qu’ils n’ont pas sur leur propre terre. Se pose la question de la mise en œuvre du mécanisme d’accréditation des filières, puis des établissements privés. Dix ans après la publication de la loi, le décret n’a été publié qu’au printemps dernier. Il reste le cahier des charges toujours objet de tractations. Le ministère de l’Enseignement supérieur s’est engagé à ce que les premiers dossiers de demande d’accréditation soient instruits en janvier 2011. Les opérateurs privés sont demandeurs d’une régulation plus visible, diligente et efficace. C’est la seule manière d’assainir le secteur en encourageant enfin les bons.

Abashi SHAMAMBA  economiste
 
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