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Le blog d'education et de formation

Le Maroc en passe de gagner le pari de la croissance

12 Janvier 2011 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مقالات واخبار

 

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Le Maroc en passe de gagner le pari de la croissance
 
· Face au chômage, miser sur des réformes structurelles

· Un PIB assis sur d’importantes réserves de croissance


«Quand je me regarde, je me désole; et quand je me compare, je me console». Cet adage peut résumer un peu le sentiment de bien des décideurs au Maroc en observant les troubles sociaux qui secouent la Tunisie et l’Algérie. Le chômage des jeunes et les difficultés des lauréats de l’enseignement supérieur à trouver un emploi, au Maroc, on connaît. Le taux de chômage de cette population, 24%, est deux fois plus élevé que la moyenne nationale qui se situe, selon le HCP, à 9,8%. Par comparaison, le taux de chômage en Tunisie est de 14 points, celui des diplômes, en pointe dans la contestation actuelle, serait bien plus élevé (un diplômé sur deux serait sans emploi selon certaines sources indépendantes).
Après avoir été tentées par la solution de facilité dans les années 1990 à travers le fameux Conseil national de la jeunesse et de l’avenir (CNJA) par la création artificielle des emplois dans les collectivités locales, les autorités marocaines ont changé de fusil d’épaule. Tout n’est pas certes parfait, mais elles ont eu l’intelligence de miser sur des réformes structurelles (libéralisation, privatisation, mise à niveau de l’infrastructure, etc.) et la mise sur orbite de l’industrie touristique, de loin la plus importante réserve de croissance du pays. Le tourisme a également été la vitrine principale de l’investissement étranger. En une décennie, c’est tout le visage de l’économie qui en a été transformé. Entre 200 et 2009, le produit intérieur brut a augmenté de 50%, charriant dans son sillage de nouvelles classes moyennes urbaines, qui soutiennent la consommation.
Probablement sous-évalué, selon les experts internationaux, le PIB marocain est beaucoup plus diversifié que celui de l’Algérie basée presque exclusivement sur les exportations d’hydrocarbures. S’il reste encore important, le poids du secteur agricole dans l’économie va en diminuant, et petit à petit, la croissance gagne en autonomie vis-à-vis de l’agriculture. Les services comptent en effet pour 55% dans la structure de la richesse produite annuellement au Maroc. Au contraire du voisin algérien et de la Tunisie, le Maroc peut également s’appuyer sur un tissu de PME et d’entrepreneurs beaucoup plus dense.
Sur le plan de l’environnement des affaires, les classements internationaux qui nourrissent tant le complexe des chefs d’entreprise marocains à l’égard de la Tunisie, ne reflètent pas la réalité du terrain. Par exemple, il n’est pas possible pour une multinationale de détenir sur place une filiale de distribution; elle doit obligatoirement concéder qu’un opérateur tunisien soit majoritaire dans le capital. Sinon, elle est obligée d’installer une activité industrielle.
Vu du Maroc, cela signifie par exemple, que les grandes marques d’électroménager présentes via des filiales de distribution (LG, Samsung, Bosch, Whirlpool, etc.) n’auraient pas d’autre choix que de s’associer aux Marocains. Idem dans le domaine des franchises commerciales, un secteur qui a littéralement explosé ces dernières années. La réglementation interdit formellement toute implantation de commerce de franchise en Tunisie. Globalement, il est bien plus facile d’investir au Maroc qu’en Tunisie où il est souvent conseillé d’avoir le parapluie de proches de la famille présidentielle. Dans les dix années à venir, les réserves de croissance se trouvent dans les différents plans sectoriels lancés par le gouvernement, auxquels il faudra ajouter l’industrie des phosphates où le Maroc détient le leadership mondial et les énergies renouvelables. Les plans Maroc Vert, Halieutis, Emergence industrielle, la Vision 2020 du tourisme constituent les principaux gisements de croissance.


Ben Ali promet «300.000 emplois d’ici 2012»

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali traverse la crise la plus grave depuis sa prise de pouvoir en 1987. Les émeutes sociales ne cessent de prendre des tournures très sérieuses. Après les violences du week-end dernier dans les localités du centre-ouest du pays, le nombre de morts s’élèverait à au moins 35. C’est ce que confirme en tout cas la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen. Selon elle, ce chiffre «s’appuie sur une liste nominative. Mais le nombre total des victimes est plus important. Il pourrait atteindre la cinquantaine». Pour Amnesty International, pas moins de «23 personnes avaient été tuées par les forces de sécurité lors des affrontements survenus samedi et dimanche». S’y ajoute une large liste de blessés et d’arrestations.
Devant cette situation, le président Ben Ali a décédé de fermer les écoles et les universités «jusqu’à nouvel ordre». Le mouvement de contestation ayant commencé à rejoindre les rangs des étudiants. Tentant de calmer les ardeurs de la révolte populaire, Ben Ali a promis «la création de 300.000 emplois supplémentaires d’ici 2012». Mais il n’a pas manqué de «dénoncer» ce qu’il a appelé «des actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés».
La France, qui défend un éventuel statut avancé accordé par l’UE à la Tunisie, s’est contentée d’appeler à «l’apaisement».
Ce mouvement de protestations sociales a été déclenché le 17 décembre 2010 suite à l’immolation par le feu d’un jeune Tunisien de 26 ans à Sidi Bouzid (200 km de Tunis). L’homme protestait contre la saisie musclée par la police de son étal de fruits et de légumes. Depuis, les manifestations contre le chômage et le coût de la vie n’ont pas cessé. Partie de Sidi Bouzid, la révolte populaire a atteint la capitale Tunis ainsi que les grandes villes côtières. C’est le mouvement le plus grave qu’a vécu jusqu’à présent le régime de Ben Ali. En 2008, les grèves de Gafsa (350 km au sud-ouest de Tunis) ont duré plus de 6 mois. Les grévistes protestaient contre le chômage, le coût de la vie et le clientélisme dans les administrations publiques.

A. S.
 
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