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Le blog d'education et de formation

L'INSTITUT MEDITERRANEEN D'ETUDES MUSULMANES organise le jeudi 9 décembre2010 à Marseille ( FRANCE)un colloque

4 Septembre 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Projet de colloque

Marseille Jeudi 9 décembre 2010

 

Une journée sur l'enseignement de langue arabe en Provence

 

« L’enseignement de la langue arabe en Provence :

Réalités et nouveaux enjeux »

 

Bref Historique

 

En 2006 fût célébré en France le centenaire de la création de l’agrégation d’arabe par Louis Massignon. Ce premier centenaire  nous rappelle combien est ancien l’enseignement de la langue arabe dans notre pays  puisque les premiers enseignements de la langue et de la culture arabes remontent à la création en 1580 d’une chaire d’arabe au Collège des Lecteurs Royaux, fondé par François 1ier et qui deviendra le Collège de France

 

Si l'empire colonial français, "puissance musulmane", a suscité des vocations pour l'étude de la langue et de la cultures arabes, celle-ci est restée circonscrite à un cercle réduit d'arabisants et d'orientalistes qui vont produire des œuvres,  certes d'une grande érudition ( Augustin Berque, Louis Massignon, Henri Laoust, Jacques Berque…).

 

Ce n’est, cependant, qu’aprés les décolonisations et l'émigration en métropole de grands nombres  d'anciens colonisés, notamment algériens, marocains ou tunisiens que l'enseignement de la langue arabe en France va connaitre un essor important du fait d'abord l'offre d'enseignement des chancelleries des pays du Maghreb et des "amicales" qui leur étaient liées, et des besoins culturels et identitaires des populations ainsi déplacées d’autre part.

 

Acteurs de l’enseignement et état des lieux

 

En effet, les pays maghrébins , via leurs consulats établis en France, vont proposer aux  immigrés une prise en charge culturelle et linguistique de leurs enfants à travers un réseau associatif, mais surtout  à travers ce qu'on appelera les ELCO, c’est à  dire l'Enseignement de la Langue et de la Culture d'Origine.

 

Propulsé dans les années soixante-dix, l’enseignement de langue arabe et des cultures d’origine avait un double objectif : aider les enfants des immigrés à s’insérer dans la société d’accueil et préserver leur identité socio- culturelle et leurs compétences linguistiques en vue de faciliter leur réinsertion dans leur société d’origine.

 

Ainsi les états d’origine, grâce à une convention avec le Ministère de l'Education Nationale, pouvaient dispenser des cours d'arabe et de culture d'origine aux èlèves des écoles primaires dés lors qu'une demande des parents était formulée

(quelque quarante mille élèves du primaire et du secondaire suivent cet enseignement.)

En même temps, le ministère de l'éducation nationale mit en place, dans un certain nombre d'établissements scolaires du secondaire un enseignement de la langue arabe comme langue vivante. Il faudrait à cet égard signaler que la France est « le seul pays du monde occidental à enseigner cette langue et sa civilisation de l’école primaire à l’université » note l’Association Française des Arabisants (AFDA).

Cependant, le Comité Interuniversitaire d’Etudes Arabes revient sur le chiffre

communément  avancé de 7300 élèves suivant un enseignement d’arabe dans le secondaire en France.

En fait, ces 7300 élèves englobent : 1800 élèves suivant leur cursus au CNED en raison des discontinuités de la carte scolaire, soit près de 25% du total ! 705 élèves de CPGE, essentiellement formés dans les grands lycées du Maghreb. Le nombre d’élèves bénéficiant d’un enseignement d’arabe dans le secondaire avec un professeur est donc de : 7300 - 1800 - 705 = 4795. Si l’on ajoute à cela le fait que 1425 élèves sont scolarisés à la Réunion et à Mayotte, «  on voit à quel point l’enseignement de l’arabe en France métropolitaine a besoin d’une politique d’Etat ambitieuse et cohérente pour lui donner la place qu’elle mérite et proposer enfin une alternative aux officines communautaires . » commente l’AFDA.

Par ailleurs, devant la demande grandissante de formation en langue arabe par des adultes et des entreprises pour des raisons professionnelles ou économiques, plusieurs centres de formation ont intégré la langue arabe dans leur offre de formation linguistique à côté de l'anglais, de l'allemand...et du chinois plus recemment. 

 

Toutefois, c'est bien dans le secteur associatif, souvent liè à des établissements religieux musulmans, que l'enseignement de la langue arabe va connaître son plus grand développement en termes d'effectifs d'élèves inscrits (on parle de 70 000 à 150 000 élèves) . 

 

Cet enseignement trouve un terrain fertile dans la région et plus particulièrement à Marseille de part la composante socio-ethnique des populations de cette ville portuaire cosmopolite.

 

En effet algériens, marocains, tunisiens, mais aussi comoriens, égyptiens, sénégalais...fortement présents dans cette ville et la région, sont demandeurs, à des niveaux différents et pour diverses raisons, de cet enseignement au profit des adultes, mais surtout des enfants et des jeunes.

Aujourdh'ui, trois acteurs se partagent l'offre d'enseignement de la langue arabe au profit des enfants et des jeunes:

 

Le ministère de l'éducation nationale dans un certain nombre d'établissements du secondaire.

Les ELCO, dans les écoles du primaire et dans certaines  associations culturelles.

Les associations culturelles régies par la loi de 1901.

 

Problématiques

 

Cet enseignement, dispensé par ces différents acteurs et avec des fortunes diverses ne laisse, cependantpas, sans poser plusieurs questions:

 

 Un retour au pays d’origine des parents n’étant plus à l’ordre du jour, et l’insertion dans la société d’accueil étant déjà un fait déjà réel, cet enseignement ne risque-t-il pas d’être perçu plus comme un vecteur d’isolement et une source d’exclusion au moment où le débat sur l’identité nationale mobilise l’opinion publique ?

A quelle demande répond cet enseignement et quelle prise en charge est proposée?

Quel type d'enseignement de langue arabe est dispensé  et quel contenu? Quid de l’enseignement de l’arabe « confessionnel ».

Quels bilans peut-on tirer après près d’un demi-siècle d’enseignement de la langue arabe en métropole et en Provence en particulier?

Pourquoi la langue arabe peine à trouver sa place dans l'enseignement des langues vivantes au collège et au lycée ?

Faut-il continuer d’enseigner cette langue sur les mêmes bases établies dans les années 70 ou envisager d’intégrer d’autres paramètres et prendre en compte les mutations sociétales pour plus de performance ?

Quelles perspectives pédagogiques et quelles méthodes didactiques allons-nous adopter au regard des orientations du CECR ( voir plus bas) ?

Quels enjeux en termes de pluralisme linguistique et d’ « inter-culturalisme » ?

Quels dispositifs institutionnels, quels partenariats pour la promotion de cet enseignement ?

Autant de questions sur lesquelles nous voudrions nous pencher avec les principaux acteurs de cette journée qu’on envisage d’organiser le jeudi 9 décembre 2010 à Marseille.

 

Enjeux et objectifs

 

Mais au-delà de la nécessité de faire le constat et de poser le diagnostic de l’enseignement de la langue arabe en Provence pour étudier les raisons des difficultés auxquelles il est confronté et proposer des solutions, la journée de la langue arabe en Provence se donne un objectif plus ambitieux pour notre ville et notre région Provence Alpe Côte d’Azur.

 

Ville pivot de l’Union pour la Méditerranée initiée par la France, porte d’entrée de l’Europe vers les pays sud de la Méditerranée et les pays arabes d’Orient, Marseille veut et peut jouer un rôle moteur dans le développement des échanges économiques et culturels entre l’Europe et les pays arabes et musulmans. L’importance du marché économique et commercial induit par cette proximité et ce dynamisme n’a pas besoin d’être rappelé, et la perspective 2013 de Marseille capitale européenne de la culture sont autant d’atouts qui militent pour une prise en charge réelle de la langue arabe comme véhicule de rapprochement culturel, politique et commercial entre les deux rives de la Méditerranée et entre l’Europe et les pays arabes et comme facteur de l’épanouissement du vivre ensemble dans notre ville.

 

Le Président de la République lors de son discours du 5 décembre 2007  l’Université de Mentouri  à Constantine n’a-t-il pas rappelé que : « Ce qui compte, c’est que l’Algérie et la France aient la langue française en partage et que tant d’écrivains, tant de savants expriment en français ce qu’il y a de plus beau dans l’art, dans la sagesse et dans la pensée algérienne. Et je souhaite que davantage de Français prennent en partage la langue arabe par laquelle s’expriment tant de valeurs de civilisation et de valeurs spirituelles. En 2008, j’organiserai en France les Assises de l’enseignement de la langue et de la culture arabes, parce que c’est en apprenant chacun la langue et la culture de l’autre que nos enfants apprendront à se connaître et à se comprendre. Parce que la pluralité des langues et des cultures est une richesse qu’il nous faut à tout prix préserver. »

 

Ces assises, organisées le 9 octobre 2008 sous le haut patronage du Président de la République, se sont données deux axes de travail :

 

Les enjeux culturels et économiques de l’enseignement de la langue et de la culture arabes en France dans la perspective de l’Union pour la Méditerranée ;

Les améliorations susceptibles d’insuffler une nouvelle dynamique à l’enseignement de la langue arabe.

 

Ces objectifs restent d’actualité. Le chantier est en effet immense ; la langue arabe aspire à une reconnaissance juridique comme langue minoritaire en Europe. La naissance du cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), résultat de plus de dix ans de recherche par des linguistes de renom des états membres du Conseil de l’Europe, vient apporter une contribution majeure pour la linguistique appliquée et la didactique des langues vivantes, minoritaires ou étrangères, dont la langue arabe est on ne peut plus concernée. La France qui accueille la population arabo-musulmane la plus importante en Europe est appelée à insuffler la dynamique nécessaire pour donner à la langue arabe la place qu’elle mérite dans le paysage linguistique de la France et de l’Europe. L’organisation d’états généraux de la langue arabe sous l’égide des institutions de l’Etat, pourra lancer un processus vital pour le renforcement des liens entre les populations et le développement des échanges entre les pays.

 

Projet et partenaires

 

Réunissant pour la première fois les principaux acteurs de cet enseignement ainsi que des institutions  proches des problématiques posées, comme l’Institut de Recherche et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM) d’Aix-en Provence et d’autres centres de recherches de la région, l’Institut Avicenne des Sciences Humaines, l’ISSESCO, l’INALCO, l’IMA, l’ALESCO, mais aussi les acteurs économiques et politiques comme la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Délégation économique, les collectivités territoriales, etc. cette journée de l’enseignement de la langue arabe en Provence est riche de promesses au niveau culturel, scientifique, économique  et politique pour notre région et pour notre ville.

 

C’est l’ambition de l’Institut Méditerranéen d’Etudes Musulmanes dont la formation des formateurs et des étudiants en langue arabe est, rappelons-le, l’une des principales activités. Le vivre ensemble et le dialogue inter- culturel et entre les civilisations étant l’un de ses objectifs fondamentaux depuis sa fondation en l’an 2000.

 

Les actes du colloque, conférences et débats sont appelés à être publiés pour peu que les moyens nous le permettent. Ce sera là un critère d’évaluation des plus pertinents.

 

De même que l’IMEM, porteur du Projet, attend la contribution des collectivités territoriales partenaires ainsi que des institutions nationales ou internationales qui ont entre autres pour objectifs, la promotion de la langue et de la culture arabes.

 

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