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Le blog d'education et de formation

L’école aujourd’hui, entre violence et désespoir

19 Avril 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #علوم التربية

L’école aujourd’hui, entre violence et désespoir

Guerriers brutaux et grossiers ; adolescents qui se complaisent dans la violence et la grossièreté. Place aux cancres déclarés et fiers de l’être, unisexes, arrogants, insultants, la bouche meurtrière et le couteau dissimulé dans le poing fermé.
"La journée de la jupe
", excellent condensé. Tout le contraire d’une fiction à l’américaine, avec des bons et des mauvais dans un concert binaire "harmonique". Ce film crache sans honte ni pudeur des moments de guerre psychologique meurtriers dans lesquels une enseignante idéaliste et courageuse est immergée. Psychiquement éprouvée jusqu’au suicide plus ou moins conscient.

Je me souviens d’une époque pas si lointaine ou des mauvais prêtres et des enseignants indignes, des maitres et des reitres, se moquaient et punissaient les enfants simplement différents.


...ce temps-là ne reviendra plus
prenez en votre parti
c’est fini
le temps des cerises ne reviendra plus
et le temps des noyaux non plus
inutile de gémir
allez plutôt dormir
vous tombez de sommeil
votre suaire est fraîchement repassé
le marchand de sable va passer...

Il est bien terminé ce temps de la tyrannie à la Ferry, Jules évidemment, pas l’autre, pas Luc le philosophe, Jules l’ancien, Jules, le Ferry, le futur représentant des maitres d’écoles en blouses grises, le fleuron humanitaire pourvoyeur d’injustice et de colonialisme. Pur produit de l’intellectualité de grand-papa mais aussi de la religiosité dogmatique et de son contraire, l’athéisme maladif dont les instituteurs et professeurs de mon enfance étaient largement pourvus. Que le diable les emporte avec leurs préjugés.
Cette ambivalence au demeurant humaine sévit depuis toujours dans les instances éducatives religieuses et laïques. N’en déplaise aux calotins et aux anti-calotins, qui leur ressemblent tellement par leur intolérance naturelle ..."blanc bonnet et bonnet blanc" aurait dit Jacques Duclos, lui qui devait faire une indigestion de curé tant il en bouffait.
Maintenant les pédagogues, bons ou mauvais affrontent la souffrance et la révolte de plein fouet, frontalement.
Terminé le temps des doux, des inhibés, des humbles, des pauvres de tout sauf d’esprit, terminé le temps des faux cancres à la Jacques Prévert,

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Maintenant c’est du lourd comme on dit chez les jeunes. Terminé le temps de la douceur, des garçons féminins qui longent les murs, des petites filles en fleur qui rêvent au prince charmant et s’appliquent studieusement blotties en un coin de la classe. Place aux cancres déclarés et fiers de l’être, unisexes, arrogants, insultants, la bouche meurtrière et le couteau dissimulé dans le poing fermé.
La révolte, voire même la révolution s’inscrit en lettres rouges dans le coeur et dans la tête d’élèves venus d’ailleurs. Venus d’ailleurs en catastrophe, de l’Algérie d’abord. De toute l’Afrique ensuite. Leurs grands-pères avaient fait le choix français. Quelque fois un choix obligatoire et contraint. Mais eux, les petits enfants, les héritiers d’une situation lamentable de cruauté et d’injustice, n’ont rien à cirer de la culture en général et surtout de la culture française en particulier, elle évoque dans leurs consciences brumeuses des douleurs, des violences lointaines, des brimades et des injustices. En ont-ils vraiment conscience, c’est tellement vieux...oui mais les vieux parlons-en ont parlé. De toute façon, s’ils n’avaient pas parlé, leur situation de détresse et de résignation gueulait depuis si longtemps.
Maintenant, leurs petits enfants à moitié drogués, violents et insoumis, sont pour la plupart des cas désespérés et pour certains sous l’emprise avancée de la drogue, des cas psychiatriques profonds et irrécupérables. Nous avons tellement honte plus ou moins consciemment de cet état de fait que tous les politiciens de toutes politiques confondues n’osent dénoncer la situation sans redouter de voir s’agiter l’étendard du racisme à leur endroit.
Le pire, c’est qu’un jour, à moins d’un miracle auquel je crois, celui de l’intelligence du coeur aujourd’hui moribond. Un jour, si le miracle ne quitte pas la terre, comme l’oxygène nos villes ridicules. Un jour, si le miracle n’opère pas, c’est l’armée qui prendra d’assaut des cités entières, des repères de drogue, d’armement et de commerces nuisibles. Des cités marginalisées jadis, aujourd’hui au coeur de nos villes de nos préoccupations et de nos peurs. Ce jour viendra peut être, hélas. Un jour en forme de guerre civile entre les français gaulois, reconnaissables à la moustache identitaire, comme celle de José bové, qui n’a au demeurant rien à faire ici, et les autres français venus d’ailleurs un jour de misère ou d’orage. Des gaulois assimilés couleur de matière grasse bovine, sans moustache, le regard noir, intense et profond, comme une nuit douloureuse et interminable, mais avec le crâne rasé...qui ressemblent étrangement aux crânes rasés des hyper gaulois à l’identité française, celle estampillée,comme des bestiaux de comice agricole, comme la bêtise et la peur absolues. Celle de certains "supporters" violents de foot-ball de tous horizons. Dissimulés sous des tatouages et des piercing. La connerie est définitivement déclarée et absolument universelle.
Une autre société, moins d’argent, plus d’amour...une vue de l’esprit pas du tout !
Quelques conseils vieux comme le monde...
Avant le déluge "civilisateur" les peuples de la tradition avaient certainement réalisé l’une des plus intéressantes symbioses homme-nature et même la symbiose homme-homme. Ils se considéraient comme appartenant à la nature, ils n’avaient pas la prétention de la maitriser. Ils ne possédaient rien et n’avaient de droit sur rien.
Au début du XXe siècle, des interrogations nombreuses demeurent sur le devenir de notre monde, quand les bonnes intentions humaines sont confrontées à de puissants systèmes qui absorbent sans compter les ressources terrestres et les énergies humaines. A l’instar de chronos dévorant sa progéniture, la culture matérialiste œuvre aveuglément pour mettre un terme à l’humanité. Les mouvements écologiques modernes sont une résurgence de cette vision du monde, ils interviennent tardivement, comme après une catastrophe irréversible. La mentalité "finances" est celle de chronos, de l’inhumanité, en un mot de la mort.
Des perspectives plus respectueuses des sensibilités humaines et non de la stupide performance qui prévaut dans les esprits "modernes", sont à l’oeuvre depuis le début des temps en extrême orient.
Peut-être faudrait-il réconcilier le monde nature-tradition au monde culture-civilisation.

Le pouvoir de l’éducation ?

Cela dépend des enfants et de leur entourage. Si l’on ne perçoit pas que leur conduite est dictée par une fragilité intérieure, si on les contraint à changer de modèle, ils renforceront leurs défenses. Il faut les aider à comprendre qu’ils vont mal, quand ils vont mal, sans leur faire la morale ni s’instituer " psychologue ", mais en établissant les limites de l’insupportable : " Là, tu vas trop loin, tu piétines mon espace vital. " C’est en posant, sans agressivité, ses propres besoins, qu’on a le plus de chance de donner à l’autre le désir d’évoluer. Mais il faut rester patient et accepter qu’il ne sera jamais parfait. On ne peut pas changer radicalement la personnalité initiale de l’enfant.
Cela suppose une sérieuse formation d’éducateur et de pédagogue...et dans un autre monde.
Les politiciens de gauche et de droite s’acharnent à reproduire les mêmes schémas, ceux qui ont tellement servi leur gout immodéré pour le pouvoir et leur mentalité d’énarque. A propos de ces brillants personnages, Coluche déclarait :
"Les hommes politiques, zommes politiques, si vous leurs donniez le désert du Sahara, en quelques jours il ne resterait plus un gramme de sable."

Le courage et le savoir ne manquent pas aux enseignants, mais l’humour d’un Coluche, pour les lycées et collèges et celui d’un Pierre Desproges, pour les universités, certainement. A l’évidence, le climat actuel n’est pas à la rigolade. Les éducateurs et les enseignants ne sauraient être des dresseurs de fauve.
Idéalement, il faudrait deux enseignants par classe, un pédagogue au savoir être et un humoriste au savoir rire.
C’est d’une gravité absolue car, lorsque l’humour vient à manquer on peut en appeler à la psychiatrie...qui est paradoxalement sinistre. Ils font ce qu’ils peuvent également, mais sont encore plus impuissants.
Le jour ou l’on intervertira le budget de l’éducation nationale et celui de l’armement, les problèmes seront en partie réglés, en partie seulement car l’homme demeure avec ses gouts suicidaires.
 

Documents joints à cet article

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