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Le blog d'education et de formation

L’échec scolaire : le Collège

27 Mars 2011 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مقالات واخبار

L’échec scolaire : le Collège

 Comme il a été souligné précédemment, des élèves arrivant en 6è avec d’importantes lacunes en français et en maths (respectivement 30 et 33% d’entre eux selon les derniers tests d’évaluation) ont peu de chances, et les statistiques nous le prouvent, de réussir leur scolarité au collège.

 Les près requis faisant défaut, comment imaginer enseigner l’anglais à des élèves n’ayant aucune notion des temps dans leur langue maternelle ? Comment respecter le programme de maths alors qu’ils n’ont pas le sens de la multiplication et de la division ? On pourrait énumérer à l’infini les difficultés. 

 Ces élèves étaient, il y a bien longtemps, considérés comme n’ayant pas le niveau requis pour de telles études et on avait, fort justement, créé les fameuses « classes de transition  » où l’accent était mis sur l’obtention des acquisitions de base en français et mathématiques notamment. Pour mieux les motiver, les enseignants bénéficiaient d’une formation adaptée, l’usage du livre de cours étant souvent délaissé pour mieux répondre aux intérêts des élèves.

  Le « cours de français » prenait parfois son origine dans un article du journal local sur un sujet étant susceptible de passionner l’auditoire. Dans ma ville du littoral, nombreux étaient les garçons, issus souvent de milieux populaires, qui pêchaient « à la jetée » ou « à la grande digue ». Inutile de vous dire que les articles de presse se rapportant à ces activités étaient perçus d’une toute autre façon qu’un texte abscons écrit par un des célèbres poètes ou romanciers de notre littérature.

  La préparation du travail à partir des articles de presse demandait plus de temps mais se révélait, oh combien, plus enrichissante. Les résultats du dernier concours de pêche en mer étaient prétexte à une étude de texte approfondie qui débouchait sur les notions de temps employés, les différents accords à partir desquels étaient (re)vues les bases de grammaire et conjugaison. Etude de vocabulaire et d’orthographe étaient aussi de la partie.

  Et je peux certifier ici même que l’ambiance de travail était bien différente de celle qui existe maintenant dans ces classes où, au nom du droit aux mêmes études pour tous, on a créé le « collège unique » qui a lâché en fin de troisième, des générations d’élèves ne maîtrisant toujours pas les connaissances essentielles, mais qui ont subi pendant des années et ce, sans le moindre profit, cours d’anglais, d’allemand seconde langue, latin (mais oui ! Et défense de rire !) alors qu’ils présentaient les mêmes lacunes dans leur langue maternelle.

  Un bémol cependant à mon sens : les clases de transition prenaient le nom de « classes pratiques » en 4è et 3è. Les méthodes d’enseignement restaient toutefois les mêmes avec des cours « d’atelier bois » ou « fer » qui permettaient de motiver les élèves à l’arithmétique et à la géométrie préalablement à la fabrication de l’objet, la démarche consistant toujours à partir du « pratique » pour ensuite conceptualiser et réaliser. Il est dommage qu’il n’ait pas existé à l’époque une formation plus approfondie car, à 14 ans, beaucoup de ces élèves auraient aimé bénéficier d’une véritable formation professionnelle quand deux ans plus tard, déjà devenu presque adultes, ils souhaitaient quitter le système scolaire pour tenter de trouver un travail déjà aléatoire. Il est des étapes à ne pas rater. Comme le souligne J.P.Bourdieu, notre système produit plus de chômage des jeunes que chez nos voisins allemands. Nous avons moins de bons ouvriers qualifiés et de techniciens. L’Allemagne tire sa première place en économie grâce à ses exportations, grâce à la qualité de sa main d’œuvre à tous les niveaux, favorisant aussi la recherche pour former techniciens et ingénieurs dans des domaines pointus non concurrencés par les pays émergents.

  Les propositions d’un syndicat d’enseignants du second degré : palier d’orientation en fin de 5è en vue d’une poursuite d’études vers une 4è générale, une classe avec découverte professionnelle (3h en collèges, 6h en lycée professionnel) ou apprentissage sous statut scolaire dès 14 ans en lycée professionnel tout en conservant la possibilité de passerelles semblent, d’évidence, à considérer.

 

   Enfin une discipline nouvelle à instaurer de toute urgence : les adolescents passant de nombreuses heures devant le téléviseur, il m’apparaît ahurissant qu’une formation dès la 6è (et même le CM1) ne soit pas dispensée quant à la façon de réceptionner ces nouveaux « messages audio-visuels » afin de développer sens critique et véritable liberté de choix, l’abêtissement par le « petit écran » étant de plus en plus dénoncé.

 

  N.B. : pour que vous puissiez avoir un réel aperçu des véritables difficultés rencontrées dans certains collèges, je vous conseille vivement de voir l'excellent documentaire "Une vie de prof" de Maria Roche et Stéphane Meunier ou, tout au moins, de lire l'article ci-dessous paru à l'époque dans le Nouvel Obs.

http://referentiel.nouvelobs.com/ar...

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