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Le blog d'education et de formation

Grandes écoles d’ingénieurs: Comment choisir?

28 Juillet 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Grandes écoles d’ingénieurs: Comment choisir?
 
· Le Maroc ne dispose pas encore de classement officiel

· Spécialité, taux d’insertion, ouverture à l’international…, les critères


EHTP, INPT, EMI, Esith, Ensias …. Le Maroc compte à peine une dizaine de grandes écoles d’ingénieurs cotées. De plus, le Royaume, contrairement à d’autres pays comme la France, ne dispose pas de classement officiel de ces établissements. Aussi, «les étudiants choisissent l’établissement qu’ils souhaitent intégrer selon la filière qui les intéresse et qui offre les plus grandes possibilités d’embauche et les meilleures offres de salaire.
D’autres facteurs très subjectifs peuvent aussi intervenir, à savoir: l’internat, la restauration, la proximité du lieu de résidence…», affirme Driss Bouami, directeur de l’Ecole Mohammadia des ingénieurs (EMI). En fait, si un classement existait, il devrait prendre en considération plusieurs critères d’éligibilité: la spécialité, les niveaux de rémunération, le taux d’insertion, les recettes des contrats de l’établissement avec le milieu socioéconomique, la recherche, les niveaux de responsabilité occupés par les lauréats dans le milieu socioéconomique, l’ouverture de l’école à l’international… «Pour qu’un tel classement soit fiable, il doit être réalisé par une entité crédible affichant clairement les critères utilisés», précise Mohammed Abdelfattah Charif Chefchaouni, directeur de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT).
En l’absence de classement, les étudiants, au sein de leur communauté, ont leurs propres critères qui leur permettent de sélectionner leur future école.
«Le classement des écoles n’est pas fiable, il est fait par les étudiants. Si demain, les 100 premiers candidats du Concours national commun (CNC) choisissent une école X, celle-ci sera classée première et idem pour le reste», explique un élève ingénieur de l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP). De plus, le marché de l’emploi dicte sa loi. «Nous faisons un travail d’information des étudiants des classes préparatoires en matière d’opportunités offertes par nos écoles d’ingénieurs. Il faut bien retenir que c’est le marché qui oriente les étudiants vers telle ou telle école. Le classement au CNC versus le nombre de places disponibles est le facteur qui déterminera le choix de manière définitive», précise Chefchaouni. Avec ou sans classement officiel, «la notoriété d’une grande école repose essentiellement sur le contenu des cursus de formation, la qualité des intervenants, les débouchés ainsi que sur le partenariat avec les entreprises. En général, une école cotée, c’est celle qui offre de meilleurs débouchés à ses lauréats», affirme Meriem Kabbadj, consultante Manpower Professional.

Concours national, le «grand sésame»


Une fois admis au Concours national commun , les étudiants se présentent à la présidence du CNC pour s’inscrire dans l’école de leur choix. Des représentants de chaque école sont ainsi présents à ce guichet unique afin de recevoir les étudiants qui confirmeront leur inscription en fonction de leur choix et des places disponibles par école.
«Evidemment, les mieux classés auront plus de chances pour s’inscrire dans l’école souhaitée. Si cette dernière n’affiche plus de places disponibles, les étudiants devront soit opter pour une autre école, soit refaire la deuxième année des classes préparatoires dans l’espoir d’améliorer leur classement au Concours national commun l’année suivante», explique Abderrahmane Farhate, directeur de l’Ecole supérieure de l’industrie du textile et de l’habillement (ESITH). Il est aussi président du Concours national commun pour l’année 2010 en partenariat avec la direction de la formation des cadres relevant du département de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres.
Cette année, 4.578 candidats pour 2.421 places se sont présentés au concours national. «Un chiffre qui correspond au nombre de places offertes par les écoles d’ingénieurs», ajoute Farhate. Il en ressort ainsi un taux d’intégration dans les écoles qui ne dépasse pas les 49%. Pour Bouami, «il est urgent d’augmenter la capacité des écoles recrutant sur CNC». En effet, afin d’accompagner l’initiative 10.000 ingénieurs, il convient de procéder à l’ouverture de nouvelles écoles ou d’étendre la capacité de formation des plus anciennes. A moyen terme, «ceci nous permettra d’accompagner le développement des grands chantiers structurants et d’améliorer l’attractivité du Royaume en captant le plus grand nombre possible d’investissements internationaux», explique le directeur de l’EMI.
En revanche, «nous avons légèrement dépassé, cette année, l’objectif des 10.000 ingénieurs décidé par le ministère de tutelle. Ceci à travers les titulaires de diplômes d’ingénieurs et assimilés tels les masters et licences professionnelles», renchérit Farhate. Dans ce sens, l’initiative a enregistré, cette année, 11.289 ingénieurs ou assimilés diplômés sur un objectif de 10.558, soit un taux de réalisation de l’ordre de 107%.


A la rentrée 2010-2011


INPT: L’Institut national des postes et télécommunications démarrera ses nouveaux programmes pour la filière ingénieur à compter de la prochaine année universitaire 2010-2011. Une nouvelle option intitulée «Systèmes d’information pour le management» sera proposée aux étudiants. Selon son directeur, l’objectif est de former des ingénieurs en systèmes d’information capables de dialoguer avec les différents métiers de la chaîne de valeur d’une entreprise.

EMI: L’Ecole Mohammadia des ingénieurs a mis en place une nouvelle réforme en 2007. Celle-ci a touché la programmation des études, les filières et leur contenu ainsi que les méthodes pédagogiques et d’évaluation des connaissances. Elle a particulièrement renforcé, dans les cursus, les dimensions de management et de communication en maintenant les dimensions technique et scientifique qui constituaient ses forces majeures. «En matière de pédagogie, nous avons accentué davantage la formation par projets qui dote les élèves de capacités supplémentaires d’auto-apprentissage donc de mobilité et d’adaptation fortement demandées aujourd’hui dans un secteur économique dominé par la mondialisation», affirme la direction de l’école.

Esith: Pour l’année 2010/2011, l’Ecole supérieure de l’industrie textile et de l’habillement renforcera les enseignements dans les textiles techniques et intelligents, dans l’option textile habillement, filière génie industriel. De même, «nous avons un projet à l’étude qui consiste en la mise en place d’un «master recherche» en partenariat avec l’Université d’Alsace en France au profit de nos élèves ingénieurs», annonce Abderrahmane Farhate, directeur de l’école. Compte tenu de l’importance de l’anglais exigé par les entreprises, l’école poursuivra la réingénierie de ses programmes d’anglais en mettant en place une plateforme favorisant l’utilisation des TIC dans les enseignements d’anglais. «Ce qui permettra à nos étudiants d’améliorer leur niveau en anglais en dehors des cours d’anglais planifiés en semaine», explique le directeur de l’Esith.



Les filières qui cartonnent


Cette année, l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP) a été la première à avoir fait le plein lors des journées d’inscriptions comme ces deux dernières années. Grâce à sa filière «Génie Civil», filière très prisée par les étudiants.
De son côté, la filière «Hygiène Sécurité- Environnement» de l’Esith cartonne aussi. «Le marché a un grand besoin en responsables sécurité et environnement, tous secteurs confondus», explique la direction de l’école. En outre, pour l’Esith, les filières de formation en logistique des trois cycles, ingénieur, master et licence, connaissent également une forte demande, compte tenu de tout le développement que connaît ce secteur au Maroc. Un développement matérialisé par la signature d’un contrat-programme entre l’Etat et le secteur privé.

Mohamed AZMANI

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