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Le blog d'education et de formation

FRANCE:La nouvelle force de dissuasion contre les sauvageons

21 Septembre 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

La nouvelle force de dissuasion contre les sauvageons

On peut en sourire, ou être tenté de crier au scandale, il n’empêche, les fait sont là : des flics en tenue seront affectés dans certains établissements scolaires... Il fallait s’y attendre, en fait car cette idée s’inscrit parfaitement dans la politique sécuritaire tous azimuths qu’on entend appliquer aujourd’hui. Cette nouveauté "éducative" sera-t-elle en mesure de venir à bout de la violence scolaire telle qu’elle affecte aujourd’hui bon nombre d’établissements dits "sensibles" ? 

Cette politique a montré clairement ses objectifs et ses méthodes, qui relèvent plus de la lutte, de la répression, de l’éradication ("on va vous en débarrasser, de ces racailles") voire de l’exclusion (je vous épargne la déportation...on en est juste au ciblage ethnique, patience) que de l’information, de l’éducation, de la prévention.
 
Certes, on va nous objecter qu’il ne faut rien exagérer, que cette entrée de la police à l’école est de l’homéopathie et non une cure massive de matraques. A gauche d’ailleurs Ségolène, en bonne fille d’officier, n’avait-elle pas, il y a quelques temps, à voix feutrée, laisser entendre qu’il faudrait des mesures "quasi militaires" dans les cas où la violence scolaire, la délinquance parfois, devenaient une entrave au bon déroulement des cours.Elle parlait alors de créer des établissements particuliers...mais ce n’en est que plus inquiétant. 
 
On va dire aussi que ces policiers ont bel et bien un rôle de prévention, et sont là pour informer et rassurer la majorité (silencieuse ?) des élèves qui ne posent pas de problèmes et ont envie de travailler. Que du bonheur. France 2 a d’ailleurs montré une policière dans une classe au JT de treize heures de lundi. Une femme flic, ça a de quoi rassurer, non ? Sous le holster, des courbures : tout le potentiel nourricier d’une maman bienveillante. 
 
Mais alors pourquoi le port de l’arme de service ? En cas de constat d’un gros danger pour les élèves ou le personnel, comme il s’en présente de temps à autre, comme suite par exemple à l’intrusion d’individus extérieurs il en fait quoi de son arme ? Quelques tirs d’intimidation, après sommations d’usage ? Ou il la sort juste de son étui et menace ?
 
Evidemment, un flic en uniforme sans son arme, c’est comme un baiser sans moutarde, mais on a quand même l’impression d’être dans la démesure, là...Une gamine interrogée a bien exprimé sa crainte aux journalistes :une personne portant un flingue à la ceinture, fut-ce un policier, ça n’est pas de nature à la rassurer. Plutôt l’effet contraire, même. Peut-être cette élève a-t-elle en mémoire quelques bavures notoires qui ont tourné au drame.
 
Et puis, un représentant des forces de l’ordre, armé, dans une cour de récréation, ne sera-t-il pas perçu aux voisinage des collèges comme une provocation, incitant les éléments les plus violents à des actions plus dures ? je ne suis pas rassuré non plus à ce sujet.
 
Le monde scolaire se replie encore davantage sur lui-même, enceintes closes, vidéosurveillées à ses abords et intra-muros, et maintenant équipées de policiers en arme. Jusqu’où ira-t-on ? A titre de comparaison, les surveillants de prisons qui encadrent des personnes ayant déjà fait largement la preuve de leur dangerosité n’ont pas droit au port d’arme. 
 
Je comprends la colère de certains personnels enseignants : cette initiative sonne comme un constat d’inefficacité, un discrédit de l’autorité des acteurs de l’éducation, des chefs d’établissements aux surveillants, en passant par les profs et les conseillers d’éducation.
 
Quelle formation en matière éducative auront ces policiers particuliers ? en quoi cette formation, si elle existe, sera-t-elle meilleure que celle des enseignants ?J’ai quelques doutes à ce sujet. la vraie seule différence immédiatement perceptible entre un flic et un prof est la présence d’un uniforme et d’une arme.
 
Pauvres profs, qu’on déconsidère une fois de plus, pauvres flics qu’on affecte à ce poste de super-surveillant - épouvantail au moment même où on déplore l’insuffisance des effectifs et le manque de police de proximité. A l’image du paquebot UMP, le navire éducation nationale est en train de sombrer. les commandants sont à court d’idées et ont recours des solutions de fortune. Loin d’être une initiative reposant sur la prévention, il ne s’agit en fait que d’une mesure curative un peu désespérée : on a réduit le personnel de façon drastique, il y a des entrées d’eau un peu partout, alors on s’efforce de masquer les vrais problèmes en colmatant un peu deci-delà. 
 
Pour finir, je rapporte la question d’une élève à la policière, une excellente question : "est-ce que vous pouvez aussi intervenir pour les problèmes qui ont lieu à la maison" ? Car il est bien là le noeud du problème. Tant que la misère sociale, la précarité, l’ignorance règneront dans les familles, il y aura toujours autant de problèmes dans les collèges et les lycées, toujours autant de violence exprimée, et on pourra toujours faire entrer autant de gens d’armes que l’on veut dans les établissements scolaires 
linkhttp://www.dailymotion.com/video/xew9bh_la-police-fait-elle-aussi-sa-rentre_news#from=embed
 
 
 
NDLR : Intervention d’Eric Zemmour sur ce thème, ce matin sur RTL 
 
 
 
par srobyl mardi 21 septembre 2010 - 1 réaction yahoo
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-nouvelle-force-de-dissuasion-81636


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mazini 21/09/2010 15:28



Les élèves n’ont pas la moyenne ? Le prof est viré !



 Je suis professeur certifié en Mathématiques depuis 5 ans et j’ai été suspendu par le Vice-recteur six semaines seulement après mon arrivée en Nouvelle Calédonie.
Pourtant je n’ai agressé personne ni manqué de respect à qui que ce soit. Ma seule faute est de ne pas plaire au président des parents d’élèves qui a déclaré en pleine réunion, devant le
Principal et mes collègues, que "ma tête ne lui revenait pas". Deux jours plus tard, j’ai eu droit à une inspection-sanction en règle où l’inspectrice a été jusqu’à me reprocher, dans
son rapport, les notes trop faibles de mes élèves "à mi-trimestre" qui démontrent, selon elle, mon incapacité à enseigner, à défaut de vraies preuves. D’ailleurs, afin
d’augmenter la moyenne de la classe, la seule solution, d’après elle, est que le professeur se remette en cause plutôt que de juger les élèves. "La séance est mal organisée : La
première partie de la séance consacrée aux commentaires (pour la plupart désagréables pour les élèves) sur le contrôle dure environ 15 minutes [...] elle stigmatise les difficultés éprouvées
par la classe. Sur cette base, et face aux notes obtenues par la totalité des élèves, on ne peut que s’étonner de ce que M. Boulet ne fasse pas plutôt sa propre critique en reconnaissant
que cette évaluation est inadaptée au niveau de la classe, ou que son enseignement n’a pas permis à la majorité d’entre eux d’accéder aux apprentissages visés." Comme chacun peut
l’imaginer, j’étais effectivement mal à l’aise en présentant ces résultats catastrophiques, surtout à l’inspection, mais de là à leur présenter mes excuses !

 Le Principal qui aurait dû, normalement, prendre ma défense, s’est contenté de passer sous silence les outrages que j’ai subis et de me demander, dans une lettre, de "solliciter mon
déplacement" alors que j’avais à peine emménagé. De façon particulièrement subjective, il n’hésite pas à écrire que "les élèves ne se sentent plus en confiance avec vous" ou
encore que "certains rentrent en pleurs à la maison". Alors que les enfants, sans être agressifs, ne manquent pas une occasion pour se distraire en bavardant d’une
table à l’autre ou en faisant de la batterie pendant un contrôle. Il en profite aussi pour me rendre responsable du manque de "motivation de l’élève" et même, de signaler que
"certains disent avoir perdus le goût d’apprendre les mathématiques". A croire que je possède un véritable pouvoir de persuasion destructrice, efficace en quelques semaines, et que
tout cela n’a rien à voir avec le fait que les enfants n’ont aucun effort à fournir pour passer d’une classe à l’autre, depuis des années.

 Au bout de quatre mois (sans aucun conseil de discipline) et après m’avoir menacé de ne plus me payer si je ne partais pas de moi-même, le Vice-recteur a convoqué, en urgence, une
Commission Administrative Paritaire pour me muter d’office, 10 jours avant mon retour à mon poste. Ce qui aurait été désastreux pour son image. Lors de cette séance, les élus du SNES ont
"indiqué qu’il est délicat de se baser sur des propos sans preuve" pour justifier la nécessité du service. Le Vice-recteur a reconnu "que la décision de suspension par mesure
conservatoire de M. Boulet a été prise pour prévenir toute éventualité de trouble à l’ordre public suite au refus des élèves d’assister aux cours de mathématiques (un comble
et archi-faux) dispensés par M. Boulet et aux menaces des parents de bloquer le collège si AUCUNE SOLUTION N’EST APPORTÉE PAR LE VICE-RECTORAT AU CAS DE
M. BOULET. Il ajoute que l’administration a souhaité rester maître de la situation et agir avant toute pression de la part des parents d’élèves, qui semblaient déterminés à aller
très loin dans cette affaire". Il fallait donc absolument trouver n’importe quel prétexte pour me dégager. Ce qui a été fait. Tous les représentants enseignants ont voté contre ma mutation
mais cela n’a rien changé puisqu’ils n’étaient que 13 face à 19 agents administratifs. J’ai donc été muté dans l’intérêt du service officiellement en raison de "la dégradation des relations
avec mon supérieur hiérarchique et certains parents" comme on peut le lire sur le site lepost.fr (http://www.lepost.fr/article/2010/0...). Mais qui ne pourrait
pas être accusé ainsi, surtout après six semaines ?

 L’administration ne me laissant que 4 jours pour déménager ma famille à plus de 200Km à la nage, j’ai préféré abandonner ma fonction. Je cherche actuellement à retrouver un poste
d’ingénieur car j’ai la chance d’être diplômé de l’École Centrale de Nantes et j’ai déjà travaillé trois ans à Toulouse dans l’aérospatial.

 Conclusion : tout le monde doit savoir qu’un professeur peut être aisément suspendu, si un parent n’est pas satisfait, puis muté pour préserver la bonne ambiance
générale. C’est peut-être le plus beau métier du monde mais on nous le fait bien payer.

 Stéphane Nguyen Boulet


 




par Nguyen mardi 21
septembre 2010 - 6 réactions




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mazini 21/09/2010 15:17



Faut-il regretter l’école d’antan ?




Un de mes vieux potes, nostalgique de "l’école d’autrefois"vient de m’envoyer
un diaporama qui comporte parmi d’authentiques photos de classes anciennes plusieurs images d’élèves actuels, en sarrau gris dans une vieille salle de
classe, trahis par les baskets qu’ils ont aux pieds. J’y ai reconnu une image illustrant l’article de Kookaburra "le chemin de l’inculture", (un instituteur en blouse
grise devant un tableau avec des croquis de champignons !) 



L’Ecole, comme tant d’autres systèmes ne peut survivre que s’il n’est pas "socialement adiabatique" (tiroir n°2, casier 7, à côté de métonymie et d’intericonicité ; que
le Maître me pardonne ce clin d’oeil irrévérencieux...) c’est à dire qu’il est condamné à la sclérose et à la mort s’il se coupe des réalités du monde qui l’entoure. Il se
doit donc d’échanger et d’être en équilibre avec un contexte qui évolue et, donc, lui-même, évoluer. C’est inéluctable et même nécessaire, et parmi ceux qui souhaitent des
changements dans l’Ecole d’aujourd’hui, les quelques nostalgiques d’un retour aux anciennes pratiques, avec le décor ad hoc digne d’une dictée de Pivot se trompent sur plusieurs
points. Ce qui ne signifie pas, bien sûr que le système éducatif français actuel donne pleinement satisfaction - beaucoup s’en faut- et donc ne nécessite pas un
ensemble d’améliorations, de réaménagements. Ce qui ne signifie pas non plus que certains éléments caractéristiques de l’Ecole d’autrefois ne puissent pas être utilisés à profit de nos
jours... 


 


 Austérité, efficacité...et hypocrisie ?


 


Tous ceux qui, comme moi on connu la "communale" des années 50 ont souvenir des us et coutumes alors en vigueur : la méthode syllabique pour la lecture, garante d’un bon taux de réussite
et préservant des dyslexies et autres anomalies de lecture et d’écriture, était pratiquée , comme tant d’autres méthodes, avec une implacable rigueur. Certes, il y avait bien quelques
points de départ "ludiques", susceptibles d’accrocher l’intérêt des jeunes élèves, mais dans l’ensemble, il était admis qu’il fallait souffrir un peu à d’exigeants exercices
destinés à assurer de solides bases...Le solfège d’abord, il serait temps plus tard de goûter aux morceaux choisis. Les "opérations", qui faisaient grincer
les ardoises et écailler la peinture de mauvais tableaux noirs faisaient suer les tâcherons hauts comme trois pommes, elles étaient sans cesse recommencées, puis effacées et
n’avaient souvent aucune justification apparente. Pourquoi soustrayait-on 231,75 de 1002,4 ? Pour le fun bien sûr..et pour certains, c’était vraiment le cas.Ces exercices
portaient même assez bien leurs fruits, au prix toutefois chez quelques-uns de chagrins qui duraient une éternité d’enfant, c’est-à-dire une heure ou deux.


 


Dans le monde actuel, une telle pédagogie semble impensable, pour diverses raisons .


D’une part, et on peut le déplorer, travailler pour la seule raison que le travail est en soi une vertu n’est plus généralement admis et surtout pas par la grande majorité des parents, qui
n’ont évidemment aucune raison de donner une telle image du travail à leurs enfants, surtout quand le leur est une galère, assortie de précarité, de stress permanent et de
rétributions médiocres


D’autre part, la sévérité du système de l’époque, qui s’efforçait de vaincre les réticences naturelles à coups de taloches n’est plus possible aujourd’hui, quand on voit les
réactions épidermiques de certains parents dont on a à peine effleuré la progéniture. Et on ne saurait ériger en principes de telles pratiques. La vieille plaisanterie du questionnaire
livré aux familles autrefois "comment faut-il le (la) prendre  ?" avec la réponse "par les oreilles !" est à mettre au musée, avec la férule, la plume sergent-major et l’encrier
en porcelaine. Pour les amateurs de sanctions "à l’ancienne", je conseille la visite du musée de Champlitte, en Haute-Saône, où l’on peut admirer un superbe "siège à fessées", avec un seul
accoudoir, dans lequel l’instituteur pouvait administrer le châtiment tout à son aise ! 


Faut-il regretter ces "temps bénis" ? Certainement pas.


 


Les enseignants sont descendus depuis un bon moment de leur piedestal qui leur assurait une certaine "autorité", très artificielle dans la mesure où bon nombre de parents n’avaient
eux-mêmes pas fait d’études secondaires, et souhaitaient que leurs gosses "s’en sortent", c’est à dire prennent l’ascenseur social et n’en bavent pas comme eux . Ils étaient
prêts pour cela à accepter la grande sévérité des maîtres et même à en rajouter de leur côté. C’est sans doute par cela que le "respect" du maître ou de la maîtresse
tenait. Toutefois, ne nous y trompons pas : derrière le sourire forcé, il y avait souvent le ressentiment. Je pourrais vous citer des scènes de sanctions corporelles dont
j’ai été le témoin auprès desquelles, le coup de règle sur les doigts semble bien anodin. Il ne peut y avoir de réelle liberté dans un système qui repose uniquement sur la
crainte. L’autorité qu’il faut cependant installer ne peut l’être par un autoritarisme forcené, mais dans un respect mutuel.


 


Nos braves enseignants faisaient en sorte de hisser toutes leurs troupes aux mieux de leurs possibilités, mais il y avait quand même une telle obsession de la
réussite qu’il s’en suivait de curieux comportements : il fallait du rendement, et le fameux "certificat d’études primaires", tant convoité à l’époque était surtout une
épreuve pour le maître d’école, qui pouvait ne présenter à l’examen que les élèves susceptibles d’y réussir. Eh oui, il (ou elle) était aussi jugé en fonction du taux de succès à
cette épreuve. J’ai souvenir d’une petite voisine, que l’institutrice n’avait pas voulu présenter, et qui, présentée par ses parents, fut néanmoins reçue...Vexation suprême pour
l’enseignante, qui aurait dû au contraire s’en réjouir.


Pour parvenir à des résultats au top, ceux-là mêmes qui, un peu comme dans "Topaze" de Pagnol, faisaient calligraphier "la fin ne justifie pas les moyens" ou "plus fait
douceur que violence", n’hésitaient pas à faire pleuvoir les baffes quand l’urgence de la situation l’imposait. . Quelquefois pour des entorses flagrantes à la discipline, mais
souvent pour le non-respect de règles grammaticales, ou une déclinaison fantaisiste. Qu’auraient fait ces mêmes profs devant les "incivilités" auxquelles on assiste maintenant ?
A titre d’anecdote : dans les années 50, dans un collège public de la Nièvre, avec internat, un élève qui avait commis le vol d’une gomme et d’un crayon fut soumis au châtiment
suivant : le fouet, administré par un surveillant, devant tous ses camarades réunis au carré dans la cour d’honneur..Avec le mot de la fin du dirlo : "voilà comment,
chez nous,on traite les voleurs", Il ne manquait dans ce beau navire que la cale et les fers...


 


 A vrai dire, l’Ecole de grand-papa remplissait bien son rôle dans le contexte de