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Le blog d'education et de formation

FRANCE:Comment évaluer les élèves ?

22 Novembre 2010 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مقالات واخبار

Comment évaluer les élèves ?



Une pétition signée par plusieurs personnalités réclame la fin de la notation en primaire. Certains enseignants y ont déjà renoncé


Une élève de cours moyen corrige ses devoirs notés par son institutrice. (AFP Valery Hache)

Comment rendre l’école primaire plus juste, plus efficace, moins stressante ? En supprimant les notes. C’est en tout cas ce que préconisent l’ex-premier ministre Michel Rocard, le généticien Axel Kahn, l’écrivain Daniel Pennac ou encore le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, premiers signataires d’un appel lancé par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), qui accompagne des jeunes en fragilité dans leur parcours scolaire.

« La notation génère du mal-être », constate Eunice Mangado-Lunetta, sa déléguée nationale, en citant un récent sondage : « Un enfant sur deux craint de montrer ses notes à ses parents ; 43 % des élèves ont souvent mal au ventre avant de se rendre en classe. »

« La notation avait un sens quand il s’agissait de repérer une élite capable de poursuivre des études. Mais avec la massification de l’enseignement, il devrait s’agir avant tout de transmettre des connaissances de base : lire, écrire et compter », estime Eunice Mangado-Lunetta.

Cette responsable de l’Afev aimerait voir les notes remplacées par la seule évaluation des connaissances et compétences (acquises, en cours d’acquisition ou non acquises) prévue dans la réforme Fillon de 2005.

Source de stress et de stigmatisation

Ce mode d’évaluation a aussi les faveurs de Christian Chevalier, le secrétaire général du SE-UNSA. « Les notes induisent une logique de classement – certains professeurs continuent d’ailleurs de rendre les copies dans un ordre croissant ou décroissant – et de tri des bons et mauvais élèves », déplore-t-il. Selon lui, l’annonce de la note devant l’ensemble du groupe est source de stress et de stigmatisation. Sans parler du caractère « subjectif » de la notation.

Le professeur de mathématiques André Antibi a en effet démontré l’existence d’une « constante macabre » : quel que soit le niveau des élèves, le correcteur a tendance à répartir les élèves en trois tiers, les « bons », les « moyens », « les mauvais ».

« Il faut avant tout savoir ce que l’on note », souligne de son côté Corinne Atlan-Tapiero, vice-présidente et porte-parole de la Peep Paris, fédération de parents d’élèves. « Que signifie un 5 sur 10 attribué en lecture à un élève de primaire ? Que celui-ci ne sait pas bien lire ? Qu’il n’est pas à l’aise lorsqu’il prend la parole en public ? Que l’enseignant ne lui a pas bien appris à lire ? Ou bien s’agit-il juste, à un instant T, de faire le point sur son apprentissage ? », interroge cette mère de quatre enfants.

Pour autant, elle est opposée à une suppression des notes. « Celles-ci sont le seul élément révélateur de ce que fait notre gamin en classe pour la simple raison que, le plus souvent, les familles sont tenues à la porte de l’école… »

Les écoliers français paralysés par la peur de l’échec

Certains professeurs expérimentent pourtant d’autres méthodes. « Nous avons remplacé les notes par des lettres (A, B, C, D), qui permettent une appréciation globale », raconte Brigitte Biasse, la directrice de l’École nouvelle Saint-Thomas-d’Aquin, établissement privé sous contrat, à Paris. « Si un élève est vraiment en difficulté, nous appliquons un autre barème, adapté à ses capacités, ou nous suspendons la notation. »

De même, pour les responsabiliser, les enfants sont régulièrement amenés à s’auto-évaluer. « Nous mettons en valeur les progrès accomplis là où le système français, traditionnellement, se concentre sur les lacunes et anéantit le capital de confiance des élèves, y compris des meilleurs… » Les comparaisons internationales montrent ainsi que les écoliers français sont comme paralysés par la peur de l’échec.

Pas de quoi convaincre néanmoins Jean-Paul Brighelli, l’auteur de La Fabrique du crétin (Éd. Gawsewitch), de signer la pétition de l’Afev. « Supprimer les notes en primaire constitue la solution idéologiquement la plus correcte et pragmatiquement la plus stupide, à un moment où plusieurs pays reviennent à des systèmes d’évaluation plus traditionnels, voire plus coercitifs. »

Le ministre semble, lui, avoir déjà tranché. « Il ne faut pas voir la note comme l’échec, comme le rejet, comme la sanction, a fait valoir hier Luc Chatel. C’est aussi l’évaluation d’un travail, ça peut être pour l’élève un objectif et un projet de progression. »
Denis PEIRON


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source:  http://www.la-croix.com/Comment-evaluer-les-eleves-/article/2446403/4076

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20 personnalités contre les notes à l'école primaire

 

 

 

 

L'AFEV dénonce l'"obsession" du classement qui "stigmatise des élèves".

L'AFEV dénonce l'"obsession" du classement qui "stigmatise des élèves". AFP/GERARD JULIEN

Vingt personnalités, parmi lesquelles Boris Cyrulnik, Daniel Pennac ou Marcel Rufo, réclament la suppression des notes à l'école primaire. Il se sont joints à l'appel lancé par l'AFEV, une association d'étudiants faisant du soutien scolaire, qui souhaite éviter une stigmatisation des élèves et la sélection par l'échec.

A l'issue de sa troisième Journée du refus de l'échec scolaire, l'AFEV avait lancé succinctement en septembre "un appel national à la suppression des notes à l'école élémentaire". Depuis, l'association a rédigé un texte plus précis qui paraît jeudi dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, soutenu par des personnalités et qui peut être signé sur Internet.

LA CULTURE DE LA NOTE EN TOTAL DÉCALAGE

"La culture de la note est encore très présente dans l'école française, historiquement tournée vers la sélection. Si ce modèle répondait aux exigences d'un système élitiste avant la massification scolaire, il apparaît aujourd'hui en total décalage avec l'objectif d'élévation globale du niveau d'étude", jugent les rédacteurs de cet appel.

Cette "obsession" du classement "stigmatise des élèves", les enferme "dans une spirale d'échec" et "n'apporte en rien les clés d'une possible progression, […] alors que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire", ajoutent-ils.

L'EXEMPLE FINLANDAIS

En Finlande, pays en tête des classements internationaux en matière d'éducation (voir le classement du programme Pisa), les élèves sont évalués pour la première fois à 9 ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans. "Nous appelons à supprimer la notation à l'école élémentaire, qui doit devenir l'école de la coopération et non de la compétition", conclut l'appel.

Parmi les vingt personnalités qui l'ont signé figurent le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, le directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings, le sociologue François Dubet, le généticien et président d'université Axel Kahn, l'économiste Eric Maurin, l'écrivain Daniel Pennac ou l'ex-premier ministre Michel Rocard. Eric Debarbieux, qui préside actuellement le "conseil scientifique" des états généraux de la sécurité à l'école, a également signé l'appel.

Pour en savoir plus :

L'article du Nouvel Observateur sur On achève bien nos écoliers

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Suppression des notes à l'école : copie à revoir

Par Marie-Sandrine Sgherri

Suppression des notes à l'école : copie à revoir

La suppression des notes à l'école primaire fait polémique © AFP

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Un appel pour la suppression des notes à l'école primaire fait grand bruit. En bas de la pétition figurent les inévitables spécialistes de la question scolaire, François Dubet, Richard Descoings, Éric Maurin ou encore Éric Debarbieux. Mais on y trouve aussi des personnalités plus inattendues, le pédopsychiatre Marcel Rufo, le généticien Axel Kahn, l'écrivain Daniel Pennac, ou encore l'ancien premier ministre Michel Rocard. À l'origine de l'appel, l'Afev, une association qui lutte contre l'échec scolaire dans les quartiers populaires. "L'idée n'était pas de recueillir un maximum de signatures, mais d'ouvrir le débat", déclare Eunice Mangano, l'une des responsables de l'association. Car l'Afev estime que la notation traditionnelle, héritée d'une époque où l'école avait pour mission essentielle de sélectionner et former une élite, n'est plus adaptée à la mission de l'école actuelle : maintenir dans un système unique tous les élèves jusqu'à 16 ans, et mener jusqu'à bac+3 la moitié d'une classe d'âge (contre 37 % aujourd'hui).

Mission accomplie : le débat fait rage. En septembre dernier, déjà, un livre a fait sensation. Dans On achève bien les écoliers, le journaliste américain Peter Gumbel, correspondant à Paris pour le Wall street journal, puis le Times ou Fortune, fustigeait une culture scolaire qui "casse les élèves" et repose sur l'idée que réussir suppose un effort pénible. "Toutes les recherches actuelles en pédagogie et en psychologie démontrent l'inverse, affirme le journaliste. Le bien-être et le bonheur favorisent l'apprentissage." Le débat, en France, reste bien difficile à trancher. Le bonheur en question n'est-il pas la récompense de l'effort, auquel cas la question reste entière : comment le provoquer ?

Pourquoi une telle dérive ?

Est-ce pour cette raison que Luc Chatel hier a poliment décliné la suggestion de l'Afev. En marge de la journée mondiale de la philosophie qu'il ouvrait à l'Unesco, Luc Chatel a très cartésiennement suspendu son jugement et refusé de trancher. Il a justifié le système actuel, à l'oeuvre tout au long de la scolarité obligatoire et où coexistent en réalité deux modes d'évaluation : les bonnes vieilles notes, ce système rassurant que tous les parents connaissent et peuvent comprendre, et l'évaluation des compétences, à l'oeuvre officiellement depuis 2005 à l'école primaire, et au collège depuis cette année. Une invraisemblable usine à gaz qui décline en une multitude d'items les requisits de l'école, et les estiment "acquis", "non acquis" ou "en voie d'acquisition". Selon Peter Gumbel, il s'agit d'un "document désespérant (qui) exige des enseignants qu'ils évaluent les élèves sur pas moins de 405 critères différents (...), une bonne idée devenue complètement contre-productive."

Le ministre laisse donc une fois de plus aux enseignants le soin de trancher. En termes nobles, il s'agit de liberté pédagogique. Mais pour qu'une telle liberté s'exerce sans catastrophe, les enseignants devraient être des praticiens formés, capables en toute lucidité de privilégier un système contre un autre, et de mettre en cohérence l'ensemble de leurs pratiques. Faute de formation véritable, cette liberté s'apparente de plus en plus à un abandon. Ce n'est plus du laisser-faire. C'est du débrouillez-vous !

http://www.lepoint.fr/societe/suppression-des-notes-a-l-ecole-copie-a-revoir-19-11-2010-1264766_23.phplink

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