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Fonctionnaires La retraite à 62 ans et dès l’année prochaine!‏

4 Juin 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Fonctionnaires

La retraite à 62 ans et dès l’année prochaine!
 
· Pour repousser les déficits, la CMR pourrait augmenter également les taux de cotisation

· Les pensions moins généreuses aussi


Les mesures adoptées par la Caisse marocaine de retraites auront probablement l’effet d’une bombe. La CMR, c’est le plus gros régime de retraite du pays. A elle seule la population de cette caisse (plus de 605.794 adhérents) peut servir d’échantillon à toutes les expérimentations que l’on pourrait tester sur la retraite. Les milliers de fonctionnaires doivent se préparer à un grand séisme, qui ne sera sans doute pas facile à avaler pour tous. Selon nos informations, l’âge de départ à la retraite serait vraisemblablement retardé à 62 ans. Une manière peut-être de baliser le chemin à un gouvernement qui hésite sur le retraite à 65 ans (cf notre édition du vendredi 28 mai) même si ce régime semble le plus menacé de tous, les premiers déficits étant annoncés pour 2012 En attendant la réforme globale du système, cette Caisse aura droit à des changements paramétriques. Présentées au Conseil d’administration du lundi 31 mai, ces dispositions devraient en principe figurer dans la loi de Finances 2011. Des «décisions» internes qui ne seront pas discutés au sein de la commission technique chargée de la réforme des retraites. En clair, peu de chances qu’elles ne soient pas validées, puisque le gouvernement, à travers le ministre des Finances, siège d’ailleurs au sein du CA.
La retraite à 62 ans fait partie des trois mesures envisagées, les deux autres dispositions portant sur l’augmentation des taux de cotisation et sur l’assiette de liquidation.
Ainsi sans attendre la réforme globale, la Caisse prend les devant même si le traitement de choc ne risque pas de faire l’unanimité. A commencer par la retraite à 62 ans. Une mesure «délicate» et qui risque de soulever un tollé. Les syndicats y étant fermement opposés. Cette disposition devrait entraîner un décalage dans le temps des départs massifs, repousser les premiers déficits à 2015 et l’épuisement des réserves en 2022. Pour les prochaines années les scénarios des départs à la retraite restent il est vrai assez inquiétant: de 149.000 en 2007, ils passeront à 300.000 en 2020 et 441.000 en 2060, soit le triple des niveaux actuels. Des chiffres qui annoncent des engagements de pensions abyssaux et que traduit aussi la dégradation du rapport démographique avec à peine 3,7 actifs pour un retraité. Un ratio qui ne risque pas de s’améliorer de sitôt surtout à la lumière de la baisse des recrutements dans la fonction publique. Ces derniers tournent en moyenne autour de 12.000 personnes depuis 1983. Un effectif qui remplace à peine les départs à la retraite.
Les taux de cotisations seront augmentés de quatre points en deux temps, soit 2 points en 2011 et deux en 2012. Ce qui porterait le taux de cotisation à 24% répartis à parts égales entre l’Etat employeur et les fonctionnaires. En 2003, un dispositif similaire avait été mis en place pour différer l’apparition des déficits. A cette époque, l’augmentation des taux de 6% pour l’employeur et les fonctionnaires s’est effectuée sur trois ans. Concernant l’assiette de liquidation, la Caisse compte prendre en compte le salaire moyen des huit dernières années et non le dernier traitement comme c’est le cas actuellement pour calculer les pensions.
Dans ce régime qui souffre du poids de plusieurs décennies de sous-tarifications des droits acquis, les études actuarielles réalisées ont relevé que le rééquilibrage serait très coûteux. Il suppose un taux de cotisation d’équilibre de 40%, voire de 55% ou l’injection de près de 280 milliards de dirhams, soit un peu plus du tiers du PIB! Une somme que l’Etat ne pourrait mettre sur la table.

Khadija MASMOUDI
l'economiste.com DU 04/06/2010

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