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Le blog d'education et de formation

Etude sur les coûts et les avantages de l’alphabétisation Le b.a-ba en chiffres

13 Octobre 2010 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مقالات واخبار

Etude sur les coûts et les avantages de l’alphabétisation
Le b.a-ba en chiffres

Si l’alphabétisation coûte cher, l’analphabétisme coûte encore plus. Les efforts consentis aujourd’hui pour tenter d’éradiquer le phénomène pèsent lourds sur la balance, mais l’investissement en vaut largement la chandelle. Une étude sur les coûts et les avantages de l’alphabétisation a été menée entre janvier et avril 2010 pour le compte de la Direction de Lutte Contre l’Analphabétisme (DLCA).

Si lalphabétisation coûte cher, lanalphabétisme coûte encore plus. Il engendre un manque à gagner de plus d'1% du taux de croissance du PIB, de 7.608 DH/par an en terme de salaires et cinq années de vie./DR
Si lalphabétisation coûte cher, lanalphabétisme coûte encore plus. Il engendre un manque à gagner de plus d'1% du taux de croissance du PIB, de 7.608 DH/par an en terme de salaires et cinq années de vie./DR

C'est aujourd'hui 13 octobre que le Maroc célèbre la Journée nationale de l'alphabétisation. L'occasion de mettre en avant une récente étude sur les coûts et les avantages de l’alphabétisation menée avec l’appui financier de la Commission Européenne.

Ladite étude avait pout objet d’apprécier les efforts consentis par le Maroc en matière d’alphabétisation ainsi que ses divers coûts, afin d’avoir une idée des dépenses à envisager selon deux scénarii possibles, tendanciel et volontariste, pour aboutir à ce résultat.

Selon les chiffres officiels du ministère de l'Education nationale, le taux d’analphabétisme est estimé aujourd’hui à 30% (la Banque mondiale avançait 44% en 2008). Il y a certes eu régression depuis 2004, mais pas assez pour éradiquer l’analphabétisme à l’horizon 2015, tel que prévu initialement. Les difficultés rencontrées obligent donc le Maroc à revoir ses ambitions à la baisse.

Deux scénarii possibles

Selon l’étude précédemment citée, l’analphabétisme serait éradiqué aux termes de deux scénarii possibles. D’abord, le scénario tendanciel, où il s’agira de garder le même rythme d’alphabétisation, année après année. L’analphabétisme pourrait alors être quasi éradiqué (1,06% résiduel) en 2028, avec un coût total cumulé de 12,31 milliards DH.

Le second scénario, volontariste et plus probable, suppose un plus grand engagement du pays dans cette lutte, ce qui ramènerait l’échéance à 2021 et le coût total cumulé à 11,36 milliards DH. La différence de coûts entre ces deux scénarii (près d’un milliard DH de plus pour le scénario tendanciel) s’explique par sa durée, sensiblement plus longue (jusqu’en 2028).

Des bénéfices 12 fois plus importants que les coûts

Que gagnerait-on à ce que tous les Marocains soient alphabétisés ? Beaucoup d’argent, déjà. En effet, la comparaison entre les bénéfices monétaires attendus de l’alphabétisation et les coûts engendrés est sans appel. En considérant le scénario volontariste, soit 11,36 milliards DH de coût total cumulé, les bénéfices attendus en simples termes de progression du PIB sont de 135 milliards DH, soit un rapport global d’environ 1 à 12.

Les coûts de l’analphabétisme sont estimés à travers les manques à gagner au niveau du PIB, des salaires, et de l’espérance de vie:

-PIB : 1% d’analphabètes occasionne un manque à gagner de 1,343% du taux de croissance du PIB.  
- Salaires : Un manque à gagner de 14,6% du salaire moyen de l’analphabète chef de ménage, soit près de 7.608 DH par an.
- Espérance de vie à la naissance : 10% d’analphabètes engendrent un manque à gagner de plus de 5 années.

Qualité, recherche et fonds spéciaux

Enfin, pour œuvrer à la réalisation de ces objectifs, l’étude ne manque pas de mettre l’accent sur quelques recommandations importantes. D’abord, améliorer la qualité des cours d’alphabétisation administrés. Jusqu’à aujourd’hui, l’accent a surtout été mis sur l’aspect quantitatif, en tentant de résorber le maximum d’analphabètes.

La qualité doit suivre, aussi bien en renforçant le nombre d’heures du programme de base (300 h actuellement) qu’en améliorant les manuels d’accompagnement et surtout en valorisant les formateurs, considérés comme insuffisamment formés, en raison du “turn-over” important que connaît le domaine, et sont par conséquent sous-payés par rapport aux efforts investis.

Il faudrait aussi mettre l’accent sur la recherche, notamment à travers la création d’un observatoire de l’alphabétisation afin de collecter les diverses données et mener un certain nombre d’études et d’enquêtes.

Enfin, l’établissement d’un fonds spécial et de nouvelles mesures d’alphabétisation et de post-alphabétisation est fortement recommandé. Ce fonds serait alimenté d’un côté par une part de la taxe à la formation continue dont l’alphabétisation devrait faire partie, selon l’étude.

D’un autre côté, une sorte de pénalité pourrait être appliquée aux entreprises para publiques et privées qui ne respectent pas les obligations qui seraient à définir en la matière, et qui viendrait donc alimenter ce fonds aussi.

Finalement, les bailleurs de fonds de toute nature, notamment relatifs à l’aide multi et bi-latérale, pourraient également contribuer à son alimentation.

S.D

Dernière mise à jour : 12.10.2010 à 10:47

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