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Le blog d'education et de formation

Education: Quel meilleur retour sur investissement?

17 Novembre 2009 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Education: Quel meilleur retour sur investissement?

Par Mohamed Larbi Ben Othmane
 
S’il y a aujourd’hui certaines vérités sur lesquelles il y a sans doute quasi- unanimité, ce sont celles qui affirment que notre avenir n’a jamais été autant dépendant qu’aujourd’hui de l’éducation et de la connaissance. Il n’a jamais autant relevé de l’innovation et des capacités créatrices que présupposent le développement, la croissance, l’installation dans la modernité et la construction du bien-être économique et social.
A ce titre, l’éducation apparaît donc comme le meilleur investissement et le meilleur pari sur l’avenir. Et, il faut s’en convaincre d’emblée, le Maroc n’a que ce chemin pour s’en sortir et rejoindre les modèles sociétaux viables qui garantissent un sort correct sinon satisfaisant à leurs populations. En effet, malgré ses insuffisances et ses tares, le système éducatif national a été depuis plus d’un demi-siècle le seul moyen qui a su offrir aux Marocains la possibilité d’une mobilité sociale à même d’améliorer le statut d’un très grand nombre en les sortant de l’état détestable où ils auraient pu rester s’ils n’étaient pas passés par les bancs de l’école. C’est la masse de ces innommables lauréats de l’école qui font aujourd’hui et chaque jour le Maroc moderne, celui de la médecine, de l’architecture, de l’informatique, de la littérature, de l’agronomie, des barrages, du droit ou de l’ingénierie… Ce sont ceux- là qui contribuent aujourd’hui à son progrès.
Il est vrai que les politiques éducatives publiques depuis des décennies ont été en deçà des besoins et des attentes. Leurs résultats ont été jusqu’ici décevants. Pire, ce sont les résultats décevants des politiques de formation et d’éducation qui plombent le Maroc aux derniers rangs des classements mondiaux de l’indice du développement humain et du progrès. Face au désastre cataclysmique qui place le pays, de ce point de vue, au 130e rang parmi les nations du monde, il était plus qu’urgent de redresser la barre. Il était impérieux de revoir ces politiques quant aux méthodes, à la vision, à la mise en œuvre et aux performances. Depuis deux ans, c’est ce que le Programme d’urgence pour l’enseignement tente d’enclencher. Il était temps car la contre-performance de notre système éducatif ancien a un prix trop lourd que subit l’ensemble de la collectivité nationale. Les rapports des institutions internationales dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont, à ce sujet, d’une crue et cruelle vérité.
Ces derniers critiquent certes les résultats des politiques éducatives menées jusqu’ici, mais ils pointent du doigt, en même temps, leurs effets sur les pertes de compétitivité de l’ensemble de la nation et de l’économie marocaine. Bien sûr, les causes de ces pertes de compétitivité sont multiples, mais parmi elles figurent en bonne place les défauts de l’ancien modèle éducatif national. En clair, les tares de l’enseignement avaient un double coût: celui que supportait la collectivité en termes de contre-performances éducatives et celui qu’il corrélait et qui découlait de la perte de compétitivité nationale.
Remédier à ces inconvénients, en ces temps de crise, devenait une action de salut public. En fait, mettre en place une nouvelle politique éducative ne devrait pas viser que cet aspect directement lié à l’économique, même si investir dans cette politique suppose, en dernière analyse, le meilleur retour sur investissement à la fois pour les individus et la collectivité. En réalité, toute nouvelle politique éducative et tout l’investissement qu’elle suppose ne peut ignorer, à côté des ces coûts financiers, ses autres aspects et dimensions.
Parmi les plus évidents figure la dimension sociale car l’éducation est le premier outil d’accélération du développement personnel, d’égalité des opportunités, d’intégration et de cohésion sociale. L’éducation est, en effet, depuis longtemps considérée comme la meilleure politique sociale possible à terme.
L’éducation est aussi un moteur de citoyenneté. En réalité, toute société démocratique en fait un atout et une exigence de la citoyenneté. En tant que telle, elle constitue l’un des principaux droits économiques, sociaux et culturels de référence. Le droit à l’éducation se positionne, de fait, au premier rang et conditionne pratiquement beaucoup d’autres droits fondamentaux comme le droit au travail par exemple.
Aux fins de consacrer ces trois dimensions: citoyenne, sociale et celle à même de freiner nos pertes de compétitivité, il n’y a plus place pour la démagogie et la flagornerie. Il faut mettre le prix, investir comme savent le faire ceux qui placent dans les opérations rentables. Car encore une fois, l’éducation est le seul secteur qui garantit à terme, c’est-à-dire à l’échelle d’une nation pérenne, le meilleur retour sur investissement. Lorsque la loi de Finances augmente cette année les budgets consacrés à l’enseignement, elle investit, en fait, dans l’avenir. La Nation en recueillera les meilleurs profits.
Plus que jamais cette annonce est vraie. Notre environnement international essaie de sortir d’une crise amorale. Celle-ci aura pour conséquence selon la doctrine convergente d’homogénéiser les problèmes économiques à l’échelle planétaire. Mais, lorsque cette crise sera tôt ou tard dépassée et que le monde sortira de la récession, chaque pays ou groupe de pays sera confronté à ses propres fantasmes et difficultés propres. Le Maroc devra alors lui aussi faire face aux siens et particulièrement au manque de compétitivité et par conséquent à un chômage et un sous-emploi probablement insoutenables. Pour y faire face, il n’y a pas d’autres voies que des réformes structurelles et parmi elles, vient en tête celle de l’enseignement (F. Lorcerie: La «modernisation» de l’éducation nationale, CNDF, 1999).

Préparer la sortie de crise


La croissance comme remède à la crise devra évidemment être recherchée à plusieurs niveaux. Elle dépendra des réformes qui auraient été sérieusement menées dans divers domaines. Mais, parmi ces réformes, celle de l’éducation doit être aussi prioritaire. Le Plan d’urgence semble en avoir pris la mesure en visant tel un pacte national social et politique, l’amélioration, la modernisation et la stabilisation de l’offre pédagogique pour sortir le pays de son marasme éducatif (voir encadré). En fait, le suspense ne réside plus dans la forme que prend le Plan d’urgence lui-même. Son discours et ses intentions sont directs. L’attente réside plutôt dans la capacité et dans le niveau de renoncement et de sacerdoce dont feront preuve ceux à qui il est donné d’y participer pour sortir notre système de l’inadéquation dans laquelle il a stagné depuis longtemps.
Dans cette perspective de sortie de crise, tous les pays et notamment nos partenaires immédiats font des efforts remarqués financièrement pour s’y préparer. Selon la Commission statistique de l’Union européenne, la dépense en matière d’éducation en 2008 rapporté aux PIB de ces pays se situe autour de 5,03% en moyenne. La France s’y inscrit pour 5,65 et l’Espagne pour 4,95%, ce qui lui exige quand même 52 milliards d’euros annuels. Soit plus de dix fois l’enveloppe budgétaire consacrée à l’enseignement marocain (voir encadré).
Nos moyens ne nous permettent donc pas de nous situer à ces hauteurs financières, bien qu’il ne faille pas oublier que les lois de Finances 2009 et 2010 ont enregistré une augmentation consistante des crédits alloués au département de l’Education nationale. Le Programme d’urgence justifie bien cet effort financier puisqu’il vise, à travers ses vingtaines déclinaisons et ses projets complémentaires, à accélérer le rythme de la réforme globale de l’enseignement et à rattraper les retards enregistrés dans la plupart des chantiers éducatifs. Car, en l’occurrence le défi est clair. Compte tenu des efforts fournis, nos concurrents et partenaires s’améliorent et progressent. Aussi, ne s’agit-il plus seulement pour nous de réaliser nos objectifs en dilettante, mais de faire vite et mieux si l’on veut améliorer notre rang face aux autres. En matière de politique d’enseignement, même quand on avance, si on ne le fait pas assez on recule. Depuis vingt ans, on n’a pas cessé de faire ce constat chaque fois qu’on se réfère à un classement mondial relatif au développement humain ou à la compétitivité. Cela nous impose donc désormais un rythme de progrès soutenu et conséquent pour prétendre à l’émergence et au classement parmi les pays qui réalisent des performances acceptables (D. Glasman: L’école réinventée, L’Harmattan, 1992).
En réalité, c’est notamment par l’éducation que le Maroc pourrait éviter à l’avenir de se retrouver dans des titres comme: le pays recule de douze places dans le classement mondial des NTIC ou pire, il est au plus bas du classement en développement humain. En fait, ce n’est pas le classement en soi qui est alarmant mais ce qu’il cache et implique en même temps en termes de sinistres humains ayant trait aux abandons, aux échecs scolaires et aux analphabétismes des adultes. Ce sont ces sinistres humains qui nourrissent le chômage, le mal-être et toutes sortes de misères petites et grandes. Les arrogances aussi.
En somme, c’est donc vrai que le Programme d’urgence requiert un coût, mais il est encore plus vrai que c’est par l’éducation et l’enseignement réformé et performant que l’on réduira les impacts de ces mauvais classements et de ces sinistres.
Ce Programme a mis en place une frontière sous forme de pari et de défi: il y appelle à la traversée ceux qui pensent que notre avenir dépend de notre enseignement, de notre niveau de connaissances opérationnelles, de nos capacités créatrices et de nos innovations.


Le coût de l’éducation


De façon traditionnelle et depuis les années 80 pratiquement, le coût de l’éducation a constitué le poste le plus critiqué tant il grevait le budget de l’Etat. Les discours dominants en faisaient leur souffre-douleur et au lieu d’envisager l’amélioration des performances de la politique d’éducation, ils lamentaient plutôt le coût de celle-ci présenté comme étant surdimensionné.
Cette approche a évolué surtout depuis les trois dernières lois de Finances, date à laquelle le budget de l’enseignement connaît une progression de 34% en moyenne annuelle. La future loi de Finances 2010 ne semble pas démentir cette tendance avec 51 milliards de dirhams. A titre comparatif, le budget de la santé n’y figure que pour 11 milliards, soit 5 fois moins.
Ainsi, le coût de l’éducation représente environ 8% du PIB national ou encore plus du quart du budget de la nation. Avec ce taux ramené au PIB, on est en termes relatifs à un niveau supérieur comparé à celui des principaux pays de l’UE dont le taux se situe entre 4 et 5,5%. Malgré cette augmentation, peu aujourd’hui oseraient proclamer que c’est un coût trop exagéré. Ils n’émettraient que la condition que ce budget soit utilisé à bon escient; ce sur quoi tout le monde est d’accord.o



Modèles et politiques de l’enseignement


Généralement, on distingue quatre modèles d’enseignement globaux. Celui retenu traditionnellement par le Maroc se caractérise par le rôle monopolistique de l’Etat dans la fonction éducative. C’est le modèle qui puise ses fondements dans l’interventionnisme de l’Etat et la nécessité de veiller à l’application de l’enseignement obligatoire. (Y. Deterq: Politiques éducatives et évaluation, PUF, 2000).
Les deux suivants, sans remettre en cause le respect de l’enseignement obligatoire font évoluer le modèle traditionnel vers de nouvelles politiques d’éducation dites soit différenciée soit désarticulée. Dans les pays qui l’ont adopté, la différenciation demeure encadrée par l’Etat dans un système structurant et sous contrôle. Dans le modèle désarticulé, cette présence de l’Etat s’estompe graduellement. Entre ces modèles, un modèle ou politique hybride progresse dès lors qu’est apparue la nécessité d’accompagner la montée de l’enseignement privé et de donner aux parents la liberté de choisir l’école.
Autour de cette évolution, un débat rhétorique s’est développé où le meilleur modèle qui s’impose est celui qui combine un pilotage étatique efficace et une autonomie des opérateurs éducatifs.

 
Envoyer à un amiImprimer cet article Peugeot dévoile la 5008 <i>DNES à Annecy, Fatima El OUAFI</i>      

© L'économiste -

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simon 18/11/2009 13:34






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Maroc


18.11.09 à 09:53


Des enseignants marocains pour apprendre la Shoah, une première à Yad Vashem



Une vingtaine d'enseignants venus du Maroc ont participé la semaine dernière à un séminaire à Jérusalem sur l'enseignement de la Shoah, une première pour l'institut Yad Vashem, organisatrice du
séminaire, a-t-on appris mercredi auprès de l'institut.


"Nous sommes berbères et nous avons une histoire commune avec le peuple juif que nous voulons mieux connaître", a expliqué l'organisateur marocain de la visite, Boubaker Ouaatadit, un
enseignant de 33 ans, professeur d'allemand à Casablanca, avant son retour au Maroc.


Arrivé via la Turquie, pays qui a des relations diplomatiques avec Israël, ce groupe de Marocains a suivi un séminaire d'une semaine dans le cadre de l'école internationale d'enseignement de la
Shoah au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem.


C'est la première fois qu'un groupe de cette taille en provenance d'un pays arabe participait à ce séminaire.


Pour Dorit Nowak, la directrice de l'école de Yad Vashem, la visite d'une délégation d'un pays arabe était "capitale".


"Nous avons reçu des groupes de plus de 50 pays dans le monde mais cette fois, nous comprenons l'importance de notre mission, c'est-à-dire de favoriser le souvenir de la Shoah dans le monde
entier", a-t-elle commenté.


En dehors du programme sur l'histoire de la Shoah et de rencontres avec des parlementaires israéliens d'origine marocaine, les participants à ce voyage ont assisté à des conférences sur la
situation des juifs au Maroc pendant la Seconde Guerre mondiale et sur la communauté juive d'Albanie, où des musulmans ont sauvé des juifs pendant la Shoah.


"Nous organisons plus de soixante séminaires de ce type chaque année mais enseigner la Shoah à des habitants d'un pays musulman est un événement important pour notre école", a affirmé Mme
Novak.


 




Auteur : AFP





Tags:


PO, Israël, Maroc, Shoah 
http://www.aufaitmaroc.com/fr/actualite/maroc/article/des-enseignants-marocains-pour-apprendre-la-shoah-une-premiere-a-yad-vashem/