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Le blog d'education et de formation

Devoirs de vacances: n'en faites pas trop ! Si les parents se sentent rassurés par un temps de travail scolaire pour leurs enfants en vacances, ils ne doivent pas exagérer pour ne pas les découra

6 Octobre 2010 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #موضوعات تربوية

Devoirs de vacances: n'en faites pas trop !

Si les parents se sentent rassurés par un temps de travail scolaire pour leurs enfants en vacances, ils ne doivent pas exagérer pour ne pas les décourager


A peine les examens finis, les décisions de conseil de classe prises, les bulletins reçus dans les familles, les parents se projettent dans la poursuite des études, et s’interrogent sur les devoirs de vacances . Faut-il acheter un cahier pour que mon enfant révise ? Quel séjour linguistique l’aidera à devenir bon en anglais ? Peut-il trouver un stage d’immersion qui lui permettra d’être au niveau en maths ? Ces questions, les parents se les posent de plus en plus, et quels que soient l’âge et le niveau scolaire des enfants, ils cherchent des formules qui leur permettent de travailler en vacances . Rarement avec l’intention de les sanctionner, mais parce qu’une véritable inquiétude les tenaille.

« Les parents sont très anxieux, et beaucoup en demandent trop à leurs enfants durant l’été », explique Nathalie Barbeau, conseillère scolaire à l’École des parents et des éducateurs (1). « Ce phénomène s’est accentué depuis deux ou trois ans. En ce moment, ils demandent s’il existe des séjours qui conjuguent maths, français, anglais dans des révisions intensives, y compris pour des enfants du primaire. » C’est le cas de Béatrice, jeune mère dynamique, dont les enfants n’ont pas de difficultés : « Mon fils aîné va entrer en sixième et ma fille en CE 2. Je sais que les évaluations débutent très vite dans ces deux classes. On les préparera avant la rentrée. »

Du cahier de vacances des petits aux stages ciblés pour les élèves qui entrent en terminale, tout un marché s’est développé. Best-sellers de l’édition, les cahiers de vacances sont désormais proposés dès l’âge de deux ans, afin de préparer les rentrées les plus précoces en maternelle ! Véronique Hublot-Pierre, directrice éditoriale du parascolaire pour le primaire et le secondaire chez Hatier, souligne que ces cahiers, « utilisés après un vrai temps de repos, font office de petite gymnastique pour le cerveau, et permettent d’arriver détendu à la rentrée ».

Registre affectif

Très ludiques, ils s’adaptent aux âges y compris dans le graphisme. Ainsi, chez Hatier, les illustrations se situent dans un registre affectif pour les élèves de maternelle, sont plus « rigolos » pour les enfants des cours préparatoires et élémentaires, et proches de l’esprit BD pour les écoliers des cours moyens. Il arrive souvent que les plus jeunes enfants les réclament : coller des gommettes ou découvrir les milieux marins à l’heure de la sieste, en compagnie de sa maman est une fête ! Les instituteurs proposent parfois des alternatives. « Mes élèves ont l’âge où on commence à lire tout seul », explique Anne-Laure, institutrice de CE1. « L’été est le moment idéal pour glisser des petites revues comme J’aime lire dans leur sac à dos. Ces premiers romans leur permettent de passer en douceur du déchiffrage à la vraie lecture, ce qui est leur priorité. D’après moi, c’est plus riche, pédagogiquement, que les cahiers. Les parents sont souvent déçus quand je leur fais cette réponse, il leur semble que les cahiers de vacances , c’est plus sérieux ! »

Sérieux, les parents s’efforcent de l’être à tout âge. Ainsi Marguerite, mère de deux ados, a mis sur pied une organisation d’été : « Depuis qu’ils sont tout petits, les enfants savent qu’il y aura des passages obligés, des rituels. En juillet le camp scout, en août le séjour dans la maison de famille avec les cousins. Là, tout le monde doit travailler le matin. On ne leur demande pas beaucoup, une demi-heure pour les plus jeunes, une heure pour les grands, mais ils savent qu’ils doivent le faire, avant de pouvoir aller se promener, jouer, se baigner, lire… Ils l’acceptent bien, ils sont motivés en commençant la journée, afin d’être libres ensuite. »

Estimant que, pour le plus grand de ses fils, qui va entrer en terminale en septembre, ce système pourtant bien rôdé ne suffisait plus, elle l’a inscrit dans un stage intensif de révisions d’été. Car pour les jeunes, quand arrivent les passages stratégiques de l’orientation, puis du bac, les parents sont prêts à débourser des fortunes et à faire peser une forte pression. Bénédicte, psychologue scolaire d’un collège parisien, confie qu’il lui faut rassurer des jeunes, qu’elle sent arriver anxieux dès la rentrée. « Ils se demandent : vais-je être à la hauteur des exigences de mes parents cette année ? Vais-je encore les décevoir ? Cette angoisse des parents peut peser terriblement sur les enfants… »

Une coupure d'été très longue en France

Ce phénomène est une exception française, dont on ne trouve l’équivalent dans aucun pays. « La valorisation du diplôme est telle, en France, que tout doit être tourné vers la réussite scolaire, les pays anglo-saxons sont sans doute plus tournés vers la personne », estime Véronique Hublot-Pierre, qui confirme que « dans l’édition parascolaire, rien n’équivaut à la profusion d’offres du marché français et à ses très nombreux titres ». L’Hexagone se distingue aussi par la durée des grandes vacances . « La coupure d’été est très longue. Je conseille à mes élèves de reprendre sans précipitation après le 15 août », déclare François, professeur de mathématique en collège : « D’abord par des choses simples, peu contraignantes, qui les mettent dans le bain : acheter un sac à dos, s’occuper de son matériel, tout préparer. Ensuite, reprendre son cours de l’année précédente et se remettre les principales notions en tête, mais sans forcer. Inutile d’arriver prêt à une interro le jour de la rentrée ! »

Nathalie Barbeau, pour sa part, s’efforce de dire aux parents que « laisser souffler les enfants ne signifie pas être démissionnaire : on peut apprendre sous des formes sympathiques durant l’été ». Elle leur conseille, avant toute décision, de faire le point avec l’enseignant avant la fin de l’année scolaire. Ils peuvent conseiller un ouvrage, convenir de quelques exercices. « Un cours trop intensif peut produire l’effet inverse, encore plus démotiver l’enfant, le dégoûter de l’école. » Elle suggère aux parents de trouver dans leur entourage quelqu’un qui puisse faire un état des lieux et discuter avec l’enfant. « Il donnera ensuite son avis sur la marche à suivre pour apprendre sans “pourrir” leur été. » Quant aux adolescents, l’important est d’identifier leurs difficultés, matière par matière, et de chercher des solutions adaptées à chacun, en l’associant systématiquement aux décisions. « Si un jeune refuse de s’impliquer, on peut lui payer un stage très cher en pure perte. » Mieux vaut chercher alors des formules plus adaptées : ainsi le stage intensif durant les vacances de printemps est en général bien accepté par les jeunes, qui peuvent même être demandeurs. L’examen arrive à grands pas, l’adolescent peut se sentir plus à l’aise, car il sait qu’il augmente ses chances de réussir, et que le stress de ses parents diminue. De plus, il se dit que son été sera tranquille s’il a réussi ses examens en s’étant organisé avant.

Respecter un temps de repos l’été, envoyer ses enfants faire un voyage, un stage sportif, reste la meilleure façon de montrer qu’on leur fait confiance, et de les motiver. Leur offrir des livres « pour le plaisir » (et surtout pas « parce qu’ils sont au programme » !) les aide également à recharger les batteries dans une ambiance sereine. D’autant que les devoirs de vacances , s’ils rassurent les parents, n’auront jamais la même valeur qu’un suivi attentif durant l’année scolaire. Ce sont les petites choses, au jour le jour qui construisent les scolarités les plus abouties. Une patience et une disponibilité dont ne disposent pas tous les parents, mais qui restent les meilleurs gages de réussite. Mieux vaut donc prendre de bonnes résolutions pour la rentrée et, en attendant, s’autoriser et autoriser ses enfants à prendre de belles vacances .

Nathalie LACUBE

http://www.la-croix.com/parents-enfants/article/index.jsp?docId=2273163&rubId=24303

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