Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog d'education et de formation

Décès de Abdelaziz Meziane Belfkih, Conseiller de SM le Roi

10 Mai 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Décès de Abdelaziz Meziane Belfkih, Conseiller de SM le Roi

 

Décès de Abdelaziz Meziane Belfkih, Conseiller de SM le Roi

Belfkih est décédé dimanche soir, à l'hôpital Cheikh Zayed, à Rabat.


M. Abdelaziz Meziane Belfkih, Conseiller de Sa Majesté le Roi, est décédé dimanche soir, à l'hôpital Cheikh Zayed, à Rabat.
En cette douloureuse occasion, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a exprimé à la famille du regretté défunt Ses condoléances les plus attristées et ses sincères sentiments de compassion.
Les funérailles du défunt se dérouleront à Taourirt, sa ville natale, demain mardi après la prière d'Addohr.

Biographie :

Abdelaziz Meziane Belfkih est né en 1944 à Taourirt (province d'Oujda).

Ingénieur civil de l'Ecole nationale des ponts et chaussées (Paris), feu Meziane Belfkih était également ingénieur de l'Institut national des sciences appliquées de Lyon, titulaire du D.E.A en mécanique des solides (Paris X) et du D.E.S.S en gestion des projets (université de Lille).

Il débuta sa carrière en 1968 au ministère des Travaux Publics, de la Formation professionnelle et de la Formation des cadres.

En 1974, il fut nommé chef de la division technique à la direction des routes, puis chef de l'arrondissement des travaux publics et des communications à Rabat.

Au lendemain de la Marche Verte, il fut nommé à Laâyoune comme coordonnateur des services du ministère des Travaux Publics et des Communications dans les provinces du sud.

De retour à Rabat en 1978, il fut nommé directeur de l'inspection générale au ministère de l'Equipement et de la Promotion nationale, poste qu'il occupa jusqu'en 1980, date à laquelle il fut nommé directeur des routes et de la circulation routière. En 1983,  Belfkih accéda au poste de secrétaire général du ministère des Travaux Publics, de la Formation professionnelle et de la Formation des cadres.

En novembre 1992, feu Meziane Belfkih fut nommé ministre de l'Agriculture, poste qu'il garda jusqu'à sa nomination, en février 1995, ministre des Travaux Publics, de la Formation professionnelle et de la Formation des cadres.

En 1997, il fut nommé ministre de l'Agriculture, de l'Equipement et de l'Environnement.

En avril 1998, feu Meziane Belfkih fut nommé conseiller au Cabinet Royal.

Le 3 mars 1999, il assura la présidence de la Commission spéciale éducation-formation, chargée par feu SM Hassan II d'élaborer un projet de Charte nationale de l'Education et de la Formation.

Meziane Belfkih avait été décoré du Ouissam du Trône de l'Ordre de Chevalier.


Source : MAP
Mise en ligne le : 10/05/2010

http://www.lavieeco.com/actualites/4279-deces-de-abdelaziz-meziane-belfkih-conseiller-de-sm-le-roi.html

Partager cet article

Commenter cet article

redimoh 11/05/2010 20:38






Décès de Abdelaziz Méziane Belfkih

Fin de parcours d’un bâtisseur




 












· Le conseiller du Souverain, un des piliers du Maroc moderne

· La rationalisation de l’Etat et les grandes infrastructures portent sa marque


C’est une grande perte. Abdelaziz Méziane Belfkih a laissé son empreinte sur plus d’un grand chantier sous deux règnes. Dans la discrétion, il aura marqué trois décennies, non seulement au
niveau des infrastructures et des projets structurants, mais aussi dans la superstructure après les réflexions autour des chantiers de la rationalisation de l’Etat, de la modernisation des
choix d’investissements publics, de la reprise en main de la formation professionnelle, (quand il était haut fonctionnaire et ministre), puis les chantiers de la réforme de l’éducation ou
les projections nées du Cinquantenaire de l’Indépendance, des grands travaux urbains, du redressement du CIH et du Crédit Agricole… (quand il était conseiller de deux Souverains); plus ce
qu’il a fait discrètement, au service de deux Rois, et qu’on ne pouvait que deviner…
L’ingénieur de métier saura, au long des années, se muer en architecte de mutations profondes qui ont fait bouger le Maroc, particulièrement la mue du Nord autour de son grand projet de
Tanger Med. L’homme débordait de la sphère de la technostructure dans laquelle il voulait se confiner lui-même (il n’avait pas suivi le conseil de Feu Hassan II qui souhaitait le voir
entrer en politique, pour y faire le même travail de modernisation que dans la gestion des services publics). On l’aura vu à l’œuvre dans ce qu’on pourrait appeler l’ingénierie politique,
du moins à l’occasion de la formation de l’actuel gouvernement de Abbas El Fassi. L’ingénierie, Abdelaziz Meziane Belfkih la maîtrisait au sens premier, des routes, ponts et chaussées
depuis sa sortie de l’école de référence parisienne.
Le délégué des Travaux publics, comme on disait à l’époque, qui est déjà à l’œuvre au Sahara, au lendemain de la Marche Verte de 1975, avait pour nom Meziane Belfkih: il y était volontaire
et en avait garder intacte toute l’émotion d’y avoir changé les lignes du développement (l’Espagne n’y avait rien investi, sauf dans les casernes de sa légion).
Modestie et discrétion mêlées parfois à un caractère ombrageux ou à une inquiétude récurrente sur le «faire mieux», comme il sied à la légende des hommes de l’Oriental, dont il est issu.
L’homme est originaire des Beni Bouzegou, une tribu berbère dans la périphérie de Taourirt, à laquelle il restera attaché au point d’avoir demandé à y être enterré, le plus simplement
possible. Dans cette région de «Chih ou Rih» (Chih par allusion à l’armoise, une plante sauvage à usage médicinal et aromatique, Rih: le vent), les populations sont pauvres, mais ne
sacrifient jamais leur système de valeur : loyauté et un nif (fierté) ancestral.
Après ses années sahariennes, Meziane Belfkih rentre au siège où, directeur des routes, il fait faire des études sur le coût des accidents, les premières au Maroc, sans obtenir de suite
auprès de la Prévention routière. Il pose alors ses premiers projets de moderniser et rationaliser l’administration, avec l’idée que le travail bien pensé et bien fait doit survivre à son
initiateur. Secrétaire général (découvert et amené par Mohamed Kabbaj) et puis ministre de l’Équipement, un département puissant et jalousé, en raison de son poids budgétaire et de son
organisation quasi militaire, qui lui donne un avantage certain dans toutes les négociations. Durant ces années, il y aura de discrètes et féroces batailles avec Basri, mais aussi en
naîtra, dans toute l’administration, l’idée qu’il faut attirer les «hommes de Kabbaj et Meziane», si l’on veut réussir une modernisation: on voit alors des «ex-TP» à l’Intérieur, à
l’Enseignement…
Alors, de grands projets d’infrastructures façonnent la géographie, l’économie et la vie des hommes. La Rocade méditerranéenne, c’est lui. Une route qui permettra à ce Rif oublié de
commencer à se désenclaver et au Littoral d’être parcouru sans entraves, de Tanger à Saïdia.
Le port TangerMed, c’est encore lui. Il avait d’abord imaginé ce gigantesque complexe portuaire sur la côte atlantique, que SM Mohammed VI replacera sur la Méditerranée.
Meziane est nommé, à sa grande surprise, ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de transition vers l’Alternance. Bien que se sachant de passage, il conceptualise des réformes, qui
resteront sans suite jusqu’à ce que, dix ans plus tard, Aziz Akhannouch leur redonne vie en s’en inspirant.
Abdelaziz Méziane Belfkih, se croyant à la retraite quand le gouvernement Youssoufi est formé, en 1998, il avait ressorti ses notes et commentaires pour écrire un livre sur le service
public, qu’il tenait à transformer en service au public où l’article composé «au» fait toute la différence.
Il n’aura pas le temps de mettre ses réflexions au propre que le voilà qui entre dans le cercle restreint du Cabinet royal où il aura l’oreille du Souverain.
Un chantier «casse-gueule» lui est publiquement confié, c’est le maudit dossier de la Cosef, qui devait finir par une loi cadre sur l’enseignement: ce fut sa mission la plus pénible, celle
dont il a souffert. Cependant, de tous, c’est Ahmed Akhchichine qui se rapproche du projet et de la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement. Il y a deux ou trois ans, c’est Méziane
Belfkih qui a été le premier à évaluer la réforme et à parler publiquement d’échec. Une franchise sans précédent ressentie comme un choc. Mais elle avait l’avantage de relancer le
projet.
Dans le premier cercle de deux souverains, la discrétion n’est pas un handicap à l’heure où il faut travailler dans l’ombre et respecter méticuleusement l’obligation de réserve que lui
dictait sa nouvelle fonction. La charge lui va comme un gant, lui qui n’aura jamais cherché à se mettre en avant. Ce qui ne veut pas dire que l’homme était opaque ou adepte de la rétention
d’informations. Lorsqu’il a été ministre des Travaux publics ou de l’Agriculture, il avait placé la recherche de la transparence comme règle de management.
Il est rare d’avoir une telle unanimité autour d’une personnalité: le défunt forçait le respect de ses collègues, de ses collaborateurs et de ses interlocuteurs par sa rigueur, sa pudeur et
une humilité, pas du tout feintes. Des syndicalistes aux politiciens les plus zélés, personne ne mettait en doute (même en privé) sa probité, son honnêteté, sa loyauté et son patriotisme.
Avec une telle force tranquille, Abdelaziz Méziane Belfkih, toujours prêt à aller au charbon dans les moments difficiles, ne pouvait que dénouer les crises sans choc frontal, sans mépris et
sans embarrasser personne. On en a eu un échantillon significatif autour du fameux feuilleton de la gestation difficile du gouvernement. Il n’a jamais argué de sa proximité du Souverain,
n’en a jamais fait usage et encore moins un usage pour ses intérêts personnels, familiaux ou claniques.
L’homme semblait solitaire. Fausse impression: il savait s’entourer de compétences, s’attacher les hommes et organiser le travail autour de lui.
Certains n’y ont vu que la figure d’un «parrain» plaçant ses hommes. Faux encore, au point qu’il a découvert toute une pépinière de talents, qui peuplent aujourd’hui les grands services de
l’Etat.
Comme indiqué plus haut, le ministère de l’Intérieur en a profité. La réforme de l’Etat exigeait de