Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog d'education et de formation

Dans quelle langue apprendre? La Fosha ou la Darija?

15 Juin 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Dans quelle langue apprendre? La Fosha ou la Darija?
 
· Question sensible car touchant à l’identité  

· Simplification de la langue, une des pistes


Faut-il changer la politique linguistique pour répondre aux défis à relever? Une question sensible car elle touche l’identité de chacun. Le colloque international «La Langue, Les Langues»(1) a suscité de nombreuses réactions. Il faut dire que les pistes suggérées par certains intervenants, n’étaient pas au goût de tous. Et notamment les suggestions de Claude Hagège(2), professeur au Collège de France et linguiste. Il a d’abord commencé par rappeler comment l’hébreu, le grec et le turc ont trouvé leur chemin en se transformant. La réforme et la modernisation de la langue turque est intervenue car ce n’était plus la langue des gens. Ce schéma est-il transposable à l’Arabe? Non, car l’hébreu était pendant très longtemps sorti d’usage et a été revivifié. L’arabe n’a jamais disparu d’usage.
Le Maroc a cependant une particularité, la forte proportion de berbérophones pour qui l’arabe littéraire est une langue étrangère. «Dans cette mesure, la présence de masse berbérophone fait de l’arabe littéraire une langue dont on a quelque peine à imaginer qu’elle puisse être suggérée comme la langue officielle», signale Hagège. L’avenir linguistique du Maroc ne saurait être l’arabe littéraire mais l’arabe dialectal, c’est-à-dire la langue dans laquelle s’expriment les gens quotidiennement. Dans les rapports sur l’état du système éducatif, la question des langues revient avec récurrence. La solution est-elle pour autant de choisir l’arabe dialectal au lieu de l’arabe classique. Le débat risque d’être long et houleux. Si c’est la solution, quel dialecte choisir alors? Et quelle place pour l’Amazigh?
Driss Moussaoui, professeur en psychiatrie, quant à lui, pose un certain nombre de questions: si la langue primaire, dite maternelle, est aussi importante au niveau émotionnel, pourquoi l’ignore-t-on à l’école? Pourquoi la méprise-t-on dans certains milieux officiels ? Pourquoi les jugements ne sont-ils pas lus dans la langue maternelle, afin qu’ils soient compris par la masse? Pourquoi les informations ne sont-elles pas toujours données dans la langue maternelle? Il appelle les autorités à réaliser des travaux pour évaluer la meilleure langue d’enseignement; celle qui sera la mieux cernée par les apprenants.
Ahmed Boukouss, recteur de l’Institut royal de la culture amazighe, rejoint Driss Moussaoui. Certains considèrent, rappelle-t-il, qu’il est superflu de légitimer l’enseignement de la langue première ou maternelle. Mais pour d’autres, il est nécessaire de passer par ce détour. L’élève apprendra dans sa langue les stratégies d’apprentissage de la lecture. Et quand il sera amené à apprendre d’autres langues, il effectuera un transfert de ces stratégies acquises, ce qui fait gagner du temps. Ahmed Boukouss rappelle que les experts de l’Unesco préconisent une insertion précoce de l’apprentissage de la langue maternelle au préscolaire. «Cet enseignement est rentable car il permet un meilleur ancrage de l’éducation des apprenants», ajoute-t-il.
Abderrahmane Rami, directeur du Laboratoire international de recherche en éducation et formation (Uref) parle aussi d’impasse du système éducatif. A coté des efforts qui ont été faits, les difficultés qui subsistent sont structurantes (infrastructures, formation des enseignants…). Mais certains éléments présentent des menaces, comme la considération cloisonnée des langues. Cette dualité «ghettoise» la langue arabe, selon lui. Or, il ne peut pas y avoir de développement du système de langues sans une réelle amélioration de la langue arabe et de son enseignement. Deuxièmement, la langue arabe doit être simplifiée, la moderniser par l’intégration des dialectes. L’ouverture sur les dialectes est une nécessité. Il s’agit d’une simplification qui ne renie pas la «fosha». Allez convaincre les « intégristes» de la «pureté» de la langue.


L’arabe n’est pas une langue sacrée


Chérif El Shoubashy, écrivain et journaliste, ex vice-ministre de la culture en Egypte, a axé son intervention sur la réforme de la langue arabe. El Shoubashy est auteur de nombreux ouvrages. Mais il s’est fait particulièrement remarquer par son livre polémique sous le titre: Le Sabre et la virgule, la langue du Coran est-elle à l’origine du mal arabe? La langue arabe est la seule langue au monde qui n’a pas évolué dans sa grammaire et sa syntaxe, précise-t-il.
Pourquoi? Parce que les gens font une association entre la langue du Coran et la langue arabe. Il considèrent l’arabe comme une langue sacrée et donc intouchable. Ce que j’essaie de dire, et qui m’a valu des attaques et accusations terribles, c’est que la langue, elle, n’est pas sacrée. «Cette complexité de la langue reflète une sclérose intellectuelle, de l’immobilisme. On a momifié notre langue », constate l’écrivain égyptien. Il faut remettre en cause les règles fondamentales de la grammaire et de la syntaxe.

Deux questions à Claude Hagège, professeur au Collège de France


- L’Economiste: D’un côté, il y a l’arabisation de l’Education et de l’autre, l’ouverture sur les économies occidentales…
- Claude Hagège: La Tunisie a tenté la même chose mais elle est en train de faire marche arrière. L’arabisation à outrance du Maghreb est une réaction compréhensive à la présence coloniale française. Elle pouvait se justifier dans les années qui ont suivi l’indépendance et beaucoup moins aujourd’hui car elle a montré ses limites. Je pense que le français ou d’autres langues européennes peuvent être utiles pour la vie économique. Dans l’absolu, l’arabisation n’est pas une bonne solution pour un pays tourné vers l’extérieur, pourtant je suis un défenseur de l’arabe. Je ne pense pas que ce soit l’avenir. L’avenir du Maroc est la langue du Maroc, c’est-à-dire le dialectal et pour les affaires, c’est le français plus que l’arabe classique.

- L’arabe deviendrait alors une langue de la pensée?
- C’est une situation assez fréquente que la langue de la pensée ou de la coutume ne soit pas la même que la langue de l’Education et surtout de l’économie et du commerce. Ce n’est pas une contradiction.

J. K.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
(1) le colloque a été organisé par la fondation Zakoura, dont l’objectif est d’ouvrir le débat sur le lien entre les langues et l’enseignement d’une part et le développement économique et social d’autre part.
(2) Hagège est diplômé de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales dans plusieurs langues: arabe, chinois, hébreu et russe. Il a étudié les questions relatives à la réforme et à la planification des langues.

 
Envoyer à un amiImprimer cet article     Emploi & Carrière «Il y a trop de non-dits sur la question de la langue» Entretien avec le Pr Driss Moussaoui


© 2001 L'économiste -L

LISEZ   un opinion opposé

link


http://cfijdida.over-blog.com/article-52475273.html

جريدة المساء العدد 1162   مقال للصحفي رشيد نيني تحت عنوان :«طبطب لي على اصورة anonymousلفأرة »
 بعد الندوة، التي نظمها منتدى «أماديوس» لصاحبه إبراهيم الفاسي الفهري حول التعليم، حيث تم التركيز على ضرورة اعتماد الدارجة المغربية في أقسام التعليم الأساسي، نظمت مؤسسة «زاكورة» لصاحبها نور الدين عيوش ندوة يومي الجمعة والسبت الماضيين حول «اللغة واللغات في المغرب».
القاسم المشترك بين الندوتين هو أنهما معا تشتركان في التحريض على اللغة العربية والتنقيص من قيمتها والدعوة إلى إقصائها وإحلال الدارجة  المغربية على أنقاضها. هذا دون أن نتحدث عن التنقيص من شواهد الدكتوراه التي يحصل عليها الأساتذة الجامعيون الذين طالبهم عيوش بترك الشواهد جانبا والنزول إلى الميدان، قبل أن يضيف أنه يعرف دكاترة «مكلخين» وأغبياء كثيرين.
إنه لمن المدهش أن نرى كيف أن لغة حية كالعربية تتقدم ويتكاثر عبر العالم الراغبون في تعلمها وتتسابق البلدان الأوربية والأمريكية، وحتى إسرائيل نفسها، على إطلاق قنوات فضائية ناطقة بها، تتعرض في المغرب لهذه الحملة المغرضة. في الوقت الذي نرى فيه كيف أن اللغة الفرنسية التي ينحسر تأثيرها وانتشارها عبر العالم تحظى بكل هؤلاء المدافعين عن استعمالها في التعليم والإعلام وميادين التجارة والاستثمار. ..


http://www.tarbawiyat.net/modules.php?name=News&file=article&sid=1695


Partager cet article

Commenter cet article