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Le blog d'education et de formation

Classe moyenne : Pas de réforme sans celle de l’école

5 Mai 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Classe moyenne

Pas de réforme sans celle de l’école
 
· Un livre blanc publié par l’Institut Amadeus et le Club Entreprendre

· Une centaine de propositions adressées aux pouvoirs publics


· Priorité: la formation des enseignants


Comment adapter le système éducatif pour favoriser l’émergence des classes moyennes? C’est en substance la question que pose la dernière publication de l’Institut Amadeus et le Club Entreprendre. Ce livre blanc s’intitule «Le système éducatif et les classes moyennes au Maroc, bilan, analyse, perspectives».
Objectif principal: proposer une série de recommandations à l’attention des pouvoirs publics. «Il faut tirer vers le haut ces dizaines de milliers de jeunes marocains à travers la connaissance et la transmission des savoirs. Notre système éducatif actuel est fermé, car il ne prend pas assez en compte le besoin de concevoir une éducation sur mesure, par quartier, par population. Il est également fermé sur l’étranger. Si tant de Marocains optent pour la formation à l’étranger, c’est parce qu’ils fuient le système éducatif actuel», soutient Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus. Précisons que la recherche a été menée dans le cadre d’un round de workshops organisé autour de la problématique des classes moyennes, dont la clôture est prévue pour 2011. Outre le système éducatif, trois autres thématiques sont en cours d’étude: l’accès au logement, la consommation et le pouvoir d’achat ainsi que la santé.
Le livre blanc est le fruit d’une année de réflexion d’une équipe de 9 chercheurs marocains (dont deux femmes et sept hommes). Les recommandations portent sur trois points: la création d’un socle de connaissances et de valeurs communes aux classes moyennes, la valorisation de la formation professionnalisante et l’implication des acteurs dans la réforme du système éducatif. Selon les chercheurs, la priorité absolue doit être donnée à la formation du personnel. «Les enseignants doivent devenir des porteurs de valeurs de ce que pourrait être une large classe moyenne marocaine éduquée», indique le rapport. Il s’agit également d’identifier et de diffuser les besoins en matière d’emploi et de ressources humaines.
Parmi la centaine de propositions émises, certaines se retrouvent dans la charte nationale de l’éducation. D’autres, plus originales, sont des apports spécifiques du groupe de recherche. Retenons, à titre d’exemple, la mise en œuvre du recouvrement des frais de scolarité, l’élaboration de tables de coûts de fonctionnement des écoles, le décloisonnement des filières scientifiques, juridiques et littéraires… Au niveau des langues, le livre recommande de «repenser intégralement la formation des professeurs d’amazigh, d’arabe classique mais aussi du français et revoir les manuels scolaires, ainsi que de résoudre les incohérences de langue d’enseignement entre les filières et le passage du secondaire au supérieur». Les chercheurs insistent également sur le besoin indispensable d’ouverture au monde des écoles et universités marocaines. Concrètement, il est préconisé de mettre en place un programme d’échanges internationaux de type Erasmus, qui pourrait s’intituler «Ibn Khaldun».
Autre axe de l’étude, le développement personnel des élèves. «Pour stimuler la créativité des élèves, il est préconisé de multiplier les conservatoires et les écoles d’art. Le théâtre n’est pas moins important que les mathématiques pour leur épanouissement personnel», tient à préciser Abderrahim El Maslouhi, chercheur. La promotion de l’entrepreneuriat n’est pas en reste. «Il faut former les élèves à la création d’entreprises et à la gestion de projets et encourager les initiatives d’expérimentation dans les établissements scolaires», souligne le rapport.


Débat


Le livre blanc voulait susciter le débat… C’est aujourd’hui chose faite! Lundi 3 mai, lors de la table ronde organisée à l’occasion de la sortie de la publication, les questions du public fusaient en tous sens. La présence de Latifa Elabida, secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement, ainsi que de Rachid Benmokhtar, président de l’Observatoire national pour le développement humain et ancien ministre de l’Education nationale, n’a certainement pas été indifférente à cette ferveur du public. Dans la salle, un observateur a souligné le constat d’échec, qui veut que la politique marocaine en matière d’éducation est à la fois l’une des plus chères de la zone méditerranéenne (41 milliard de DH alloués en 2010) et parmi celles qui donnent les moins bons résultats. D’après la plupart des intervenants, c’est au niveau de la mise en œuvre que les réformes successives des gouvernements ont échoué.

Marie-Noëlle RASSON     http://www.leconomiste.com/

 
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