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Le blog d'education et de formation

Bientôt un nouveau statut pour les chercheurs

22 Février 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Bientôt un nouveau statut pour les chercheurs

Entretien avec Saïd Belcadi, DG du Centre de recherche scientifique (CNRST)
 
· Salaire et évolution de carrière liés à la performance

· Spécialiser les universités dans leurs domaines d’excellence


· 4.000 prestations pour le compte des entreprises en 2009


- L’Economiste: Quels sont les principaux problèmes liés à la recherche au Maroc?

- Saïd Belcadi: L’un des principaux problèmes posés reste la reconnaissance et la valorisation du chercheur. Du coup, le domaine n’attire pas les talents. Le constat aujourd’hui est que l’on n’a malheureusement pas de politique de ressources humaines pour drainer les meilleurs étudiants et chercheurs qui ont fait leurs preuves à l’étranger. L’aspect ressources humaines reste donc le problème fondamental.

- Quelles sont les réalisations en matière de recherche?

- L’année 2009 a coïncidé avec la mise en place d’un plan d’urgence pour l’ensemble des universités et du CNRST. Elle a aussi été l’année où plusieurs départements ministériels ont élaboré des stratégies nationales, ce qui a permis d’avoir une visibilité sur le programme national de développement. Depuis, il est devenu possible de déterminer et fixer les priorités des universités et du CNRST en matière de recherche, pour accompagner ces plans de développement et entamer des projets, financés en partie par le plan d’urgence.

- Quel est le budget alloué à ce plan d’urgence?

- Le plan d’urgence est doté de 700 millions de DH, répartis entre investissements et fonctionnement. Il s’étale sur 4 ans, 2009/2012. La grande part de cette enveloppe est consacrée aux universités, dans le cadre d’appels d’offres qui les mettent en compétition.
Ce système, qui a fait ses preuves dans les pays avancés, permet de garantir une qualité optimale dans chaque discipline. De plus, il incite chaque université à se spécialiser. L’enjeu étant d’améliorer la qualité de la production scientifique.

- Quels sont les secteurs qui bénéficieront le plus des ressources?

- Il y a trois secteurs clés. D’abord, l’enseignement scientifique. Car, sans recherche, l’on ne peut avoir un enseignement de qualité et évolutif. C’est donc un secteur qui a besoin de l’effort de recherche de manière à suivre les dernières innovations à l’échelle mondiale. Ensuite, vient l’agriculture avec le plan vert et l’activité des énergies et des mines, notamment via la composante développement durable.
D’ailleurs, cette composante figure dans toutes les stratégies ministérielles. Pour ces programmes qui ont une vision à long terme, la recherche est incontournable afin de trouver des solutions, qui vont dans le sens de cette durabilité et qui prennent en compte l’aspect environnemental. Santé, industrie, tourisme et sciences humaines et sociales sont également des secteurs importants faisant appel à la recherche. De manière générale, l’on ne peut concevoir un développement économique sans développement du savoir et de la recherche.

- Justement, quelle stratégie adopte le CNRST en ressources humaines?

- Le centre compte un effectif très limité. Mais chaque profil a été choisi selon des critères extrêmement précis et rigoureux. Dans les mois à venir, nous comptons mettre en place un statut qui valorise les compétences dont nous disposons. Le nouveau statut devra aussi nous permettre de drainer de nouveaux profils pour la réalisation de nos programmes.

- Quelle sera la particularité de ce nouveau statut?

- Le constat aujourd’hui est que les enseignants-chercheurs ne s’impliquent pas de la même façon dans la recherche. Le nouveau système devra principalement lier les évolutions de carrière à la performance. Du coup, les évolutions des salaires dépendront de la productivité de chacun, à l’instar des pays avancés en matière de recherche. Pour y arriver, un benchmark international sera réalisé.

- Quelle est la fourchette des rémunérations du chercheur?

- Grosso modo, les revenus démarrent autour de 10.000 DH avec un plafond de 25.000 DH. La rémunération est déclinée sous la forme d’un salaire fixe.

- Quelle forme d’appui peut fournir le CNRST aux entreprises?

- Nous avons mis en place un certain nombre d’outils et de structures qui opèrent avec les entreprises. Parmi ces structures, figure l’Institut de l’information scientifique et technique (IMIST). C’est la première entité en mesure de fournir toute l’information scientifique et technique dont l’entreprise a besoin. L’institut peut également mener la veille technologique et technique pour le compte de l’entreprise. A cet effet, nous disposons de cadres compétents, formés au niveau international, pour réaliser ces études, moyennant une contribution. Aussi, disposons-nous de plateaux techniques qui fournissent les entreprises en analyses et consultation, en termes de caractérisation de matériaux, d’analyses chimiques et biologiques. En 2009, nous avons réalisé 4.000 prestations pour le compte des entreprises marocaines.

Propos recueillis par O. Z.
leconomiste.com

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