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Le blog d'education et de formation

Arabe dialectal, arabe classique ou français? Le débat s’anime.

17 Juin 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

Fausse bonne idée
 
Arabe dialectal, arabe classique ou français? Le débat s’anime.
Effectivement, la question de la langue est toujours fondamentale puisque c’est l’outil principal qui a permis à l’Humanité de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
Les Marocains, pour faciliter l’accès au savoir, se posent ouvertement la question: ne serait-il pas plus efficient que la langue arabe dialectale remplace directement la langue classique, et cela dans un souci d’efficacité et d’efficience.
Il faut cependant éviter les fausses bonnes idées. L’arabe classique n’est pas totalement inaccessible à l’enfant qui entre à l’école, car cet arabe dialectal est un sous-produit de l’arabe classique. Pour les enfants uniquement berbérophones, il est évident que la question se pose autrement.
L’argument selon lequel l’enfant doit commencer par apprendre à écrire et lire la langue de sa mère est un faux argument pour ce qui concerne l’arabe dialectal. Les patois européens n’étaient pas des langues, or l’arabe dialectal est un ensemble de patois.
Et pourtant, il y a un problème bien plus grave, bien plus important dans l’apprentissage de nos enfants.
Une langue ne sert pas uniquement à communiquer sur les besoins élémentaires de la personne. Une langue doit aussi et surtout être l’outil de l’abstraction et de la conceptualisation, lesquelles, de plus, doivent être transmissibles grâce à cette langue.
Plus une langue est codifiée, plus elle est sophistiquée, mieux ces rôles fondamentaux seront remplis. Pour l’instant, l’arabe dialectal n’a pas cette capacité.
Une substitution brutale serait une erreur: on appauvrirait intellectuellement plusieurs générations de Marocains. Certes nous utilisons constamment l’arabe dialectal, mais dès que l’on veut exprimer une pensée complexe, chacun recourt spontanément, soit à l’arabe classique soit au français: cette spontanéité mérite qu’on s’interroge sur nos fausses bonnes idées.

Abdelmounaïm DILAMI
 
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  L'économiste

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