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Le blog d'education et de formation

8,3 milliards DH de budget pour 310.000 étudiants

28 Juillet 2010 , Rédigé par mazagan Publié dans #مقالات واخبار

 

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LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Chaque étudiant coûte 26.748 DH/an à l’Etat
 
· 8,3 milliards DH de budget pour 310.000 étudiants

· L’abandon et la déperdition alourdissent la facture


· «Etudiants touristes»...


Amélioration de l’offre et de la qualité, promotion de la recherche… les défis de l’enseignement sont bien identifiés par le gouvernement. En fait, l’heure n’est plus au diagnostic, mais à l’action. Surtout lorsque tous les plans sectoriels (Azur, Emergence et les autres) sont confrontés au manque et à l’inadéquation des compétences comme principal obstacle. Certes, un programme d’urgence pour l’enseignement supérieur universitaire est mis en œuvre depuis 2009, mais le secteur pâtit sérieusement de la pression de la masse salariale dans les budgets, malgré le «DVD» dont il a été l’un des gros pourvoyeurs.
En effet, sur les 8,3 milliards de dirhams budgétés pour l’enseignement supérieur, la formation des cadres et la recherche scientifique au titre de l’exercice 2010, plus de 62,5% sont consacrés aux salaires du personnel (5,2 milliards DH), contre à peine 14% pour les dépenses d’investissement (1,1 milliard DH). Le reste étant réservé aux dépenses courantes en matériel et divers (chiffres de la loi de Finances 2010).
Une enveloppe qui, en plus de financer la formation de 310.000 étudiants, est également allouée à la promotion de la recherche scientifique. Avec, qui plus est, des objectifs ambitieux rapportés aux moyens mis à disposition. Toujours est-il que la formation supérieure d’un étudiant coûte chère au contribuable. Pour des résultats contestables au regard des difficultés qu’éprouvent les entreprises à trouver des compétences sur le marché. Le Maroc se trouve dans une situation paradoxale où les plans sectoriels créent des postes d’emploi non pourvus, en face d’un chômage élevé des diplômés.
En l’absence de retour de la part du Secrétariat général en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche, l’Economiste a procédé à ses propres estimations. Il en ressort qu’un étudiant de l’enseignement public supérieur, coûte en moyenne, 26.748 DH par an, tous cycles, branches, filières, et tous niveaux confondus. Il aurait bien entendu été plus instructif de se pencher sur la ventilation de ces dépenses. Car l’on imagine très bien qu’un étudiant en médecine mobilise bien plus de ressources qu’un autre inscrit en faculté de sciences humaines. Tout comme un «thésard» en mécanique appliquée, coûtera plus cher qu’un bachelier fraîchement inscrit en MPSI.
Dans ces conditions, l’abandon et la déperdition universitaires ont un réel coût financier pour l’Etat, sans parler des répercutions socio-économiques. Prenons deux universités majeures dans l’enseignement supérieur: l’université Mohammed V Agdal à Rabat, et l’université Cadi Ayyad de Marrakech.
La première a déploré au cours de l’année universitaire 2008-2009 un taux d’abandon moyen en première année de licence de 17%, pour un taux de diplômation moyen sur la durée légale du cursus de 42% seulement. L’objectif à l’horizon 2013 reste modeste: ramener le taux d’abandon à moins de 10% et porter le taux de diplômation à 57%. (Voir infographie)
Pour l’université marrakchie, l’indicateur d’abandon en première année de licence est de 23%, pendant que le taux de diplômation sur la durée légale de la formation est de 55% en moyenne. Il atteint à peine 12% pour la filière des lettres françaises! Mais approche la perfection (99%) pour certains masters. Ce qui pose avec acuité la problématique de la sélectivité et de la régulation à l’entrée...
Le phénomène d’«étudiants touristes», -c’est-à-dire inscrits mais qui ne se présentent jamais au cours, ou qui ne pointent qu’à l’examen- que l’on croyait disparu est encore présent. Ou encore les professeurs qui ne viennent que pour livrer des polycopies à photocopier, et vaquent à d’autres occupations. Ces dérives accentuent ce sentiment de gaspillage des deniers de l’Etat.
En prenant toutes ces considérations en compte, le coût réel d’un étudiant universitaire sera sans aucun doute, nettement revu à la hausse.
A titre d’illustration, en retenant un taux de diplômation national sur la durée légale du cursus de 50%, (ce qui est généreux) le coût annuel d’un lauréat passera du simple au double pour dépasser les 50.000 DH! Car quel intérêt pour le bien commun et l’économie nationale, de former des étudiants sans le sésame nécessaire à l’intégration socioprofessionnelle?

Othmane ZAKARIA
 
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© 2001 L'économiste

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