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Le blog d'education et de formation

L’enseignement préscolaire privé attend sa mise à niveau Plus de 100.000 enfants de 4 et 5 ans inscrits à Casablanca

26 Septembre 2010 , Rédigé par mohamedمحمد Publié dans #مقالات واخبار

L’enseignement préscolaire privé attend sa mise à niveau
Plus de 100.000 enfants de 4 et 5 ans inscrits à Casablanca
  4.000 éducatrices travaillant souvent dans des conditions très précaires
http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=18398&date_ar=2010-9-26%208:27:00
A Casablanca sur 127.361 enfants âgés entre 4 et 5 ans, donc en âge de préscolarisation, 105.355 sont, en 2009-2010, pris en charge dans l’enseignement préscolaire dans ses différentes catégories modernes et traditionnelles, soit 83% selon une étude effectuée par Youssef Khiat chef du service du préscolaire et de l’enseignement scolaire privé à l’Académie régionale de l’Education et de la Formation à Casablanca. Les 17% d’enfants restants se trouvent, selon la même source, surtout dans les quartiers périphériques et régions rurales dépendant de la ville. Cependant une partie d’entre eux est constituée de «personnes à besoins spécifiques».
Le taux le plus élevé de pré scolarisation est réalisé, d’après la même source, à la délégation de l’Education de Casa-Anfa. Sur 19.429 enfants en âge de scolarisation, 19.108 sont pris en charge en préscolaire soit 98%. D’autres délégations enregistrent un taux élevé d’enfants inscrits dans des établissements préscolaires à El Fida, Ain Chok, Hay hassani, Mohammedia etc. Par contre, le taux le plus bas est enregistré dans les délégations situées dans le monde rural. Ainsi dans la délégation de Médiouna, sur 5.275 enfants, seuls 2.127 sont préscolarisés, soit 40%. A Nouacer, 3.086 enfants sont inscrits dans les établissements préscolaires sur un total 9.975, soit 31%. Ces différents chiffres témoignent de grandes disparités entre les délégations. Les chiffres sont en augmentation là où les populations ont plus ou moins les moyens de s’adresser au service du secteur privé qui a le monopole du préscolaire.
Les taux faibles enregistrés dans le monde rural expliquent pourquoi le plan d’urgence est axé sur les régions rurales et périurbaines. D’aucuns disent que le public ne peut initier ses établissements préscolaires dans des régions déjà investies par le privé pour ne pas créer des situations de «concurrence déloyale».
Régi par la loi 0500 relative au statut de l’enseignement préscolaire, cet enseignement est devenu l’objet d’un consensus national, du moins depuis l’adoption de la Charte de l’éducation et de la formation en 2000, du fait de son impact positif sur le déroulement futur du cursus scolaire de l’enfant. Ce que les familles, de quelque condition sociale qu’elles soient, ont compris depuis longtemps, d’où le succès du secteur. Par contre, il est avéré que les enfants qui ne bénéficient pas de préscolaire connaissent des difficultés d’intégration une fois débarqués directement dans le primaire à l’âge de 6 ans.
D’où l’idée que cet enseignement doit faire l’objet de soins très particuliers ce qui n’a pas été le cas pendant des années. On est encore au début d’un effort de généralisation et de mise à niveau, surtout «la mise en place et la généralisation d’un modèle de préscolaire moderne adapté aux spécificités marocaine» comme l’indique M.Khiat en reprenant les objectifs du plan d’urgence. Se développant rapidement selon la demande d’un marché prospère et d’une manière quasi spontanée, le secteur peut fonctionner par mimétisme en copiant des programmes importés qui ne correspondent pas à l’identité de l’élève. 
Mais l’un des aspects les plus criants du secteur du préscolaire, c’est la situation des ressources humaines pas valorisées, constituées d’une majorité d’éducatrices, plus de 4 mille, souffrant dans la majeure partie des cas de situations très précaires (jusqu’à 800 dirhams de salaire mensuel !) et peuvent, dans bien des cas, trimer dans des établissements qui drainent pour leurs propriétaires des recettes mirobolantes en exigeant en moyenne entre 500 à 1000 Dh en moyenne par enfants, des prix qui augmentent encore plus en cas de frais de transport scolaire.
La qualification des éducatrices est souvent réalisée sur le tas. Ainsi, d’après l’étude de Youssef Khiat, le plus gros des troupes de cette main-d’œuvre bon marché n’a reçu aucune formation initiale et 52% ont un niveau de la 9ème fondamentale (troisième année du collège) 29% ont une formation en cours et un niveau d’instruction du Baccalauréat et 19% ont une formation en cours et un niveau d’instruction de licence et plus. Bien que relevant de la tutelle de l’Education nationale, ce corps enseignant n’a qu’un très faible encadrement: une moyenne de 10 inspecteurs de l’Education nationale pour 437 éducatrices !
D’autre part, cet enseignement est loin d’être monolithique car il y a différentes catégories d’établissements, ceux qui font partie de groupes scolaires dits modernes et qui constituent 49% du total, les kouttabs coraniques (45%) qui dépendent eux de la tutelle du ministère des Habous et Affaires islamiques et qui n’ont plus rien à voir avec l’ancien msid avec fkih armé de sa férule. Et enfin le préscolaire public intervenant souvent dans le cadre de l’INDH dans les zones défavorisées, le préscolaire pris en charge par des communes pour les enfants de familles dans le besoin. Sans oublier les institutions de la coopération étrangère.
Quand on parle de préscolaire, on parle aussi dans les quartiers populaires, de constructions de faible superficie avec des petites salles de classe où sont parqués des enfants par dizaines dans des conditions parfois lamentables parce que les parents ne peuvent pas payer plus de cent à trois cents dirhams par mois. D’où le fait que la précarité touche les conditions de travail et la qualité de service d’une bonne partie des établissements sans qu’ils aient besoin d’être en régions rurales ou périurbaines.

 

 
 





24/9/2010
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