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Le blog d'education et de formation

L’école de la République n’est plus : nos enfants sont sacrifiés

9 Mai 2015 , Rédigé par mohamedمحمد

Depuis deux ans, notre petit village (3000 âmes) doit se bouger et manifester contre la fermeture d'une classe. Cette année encore nous avons bloqué l'école (paradoxe, lorsqu'on se bat pour le maintien d'une classe) pour montrer notre désaccord avec une politique académique basée sur les seuls chiffres des effectifs.

Tous les intervenants de l'école (psychologues scolaires, instituteurs, intervenants externes suite à la mise en place de la réforme) sont d'accord sur le fait qu'énormément d'enfants sont en difficulté scolaire (souvent accompagné de difficultés sociales, psychologiques ou comportementales) et en grande souffrance.

Les hasards de la démographie font qu'effectivement les effectifs sont cette année en très légère baisse, mais les données de l'INSEE ne mentent pas et le village est en pleine croissance (locations, constructions), ce qui va inévitablement renverser la courbe des chiffres dans les prochaines années.

Les instances décisionnelles ne tiennent pas compte des particularités de notre école et nous nous battons, pour nos enfants, contre des personnes sourdes ou (pire peut-être encore) impuissantes.

Parce que la République doit tout mettre en œuvre pour le bien de nos enfants, parce que nous refusons que des chiffres et des effectifs prennent le pas sur la qualité de l'enseignement : nous, parents, grands parents et proches refusons de perdre à nouveau une classe à l'école primaire Jean Auzilhon de Quissac.

Les contraintes et particularités de notre école nécessitent des moyens ciblés et nous voulons donner toutes les chances aux enfants qui l'habitent au quotidien.

Plus qu'un lieu d'apprentissage, l’École est le terreau d'une société et nous devons tout mettre en œuvre pour que nos futurs citoyens s'épanouissent sereinement, et surtout, qu'ils ne viennent pas alimenter les futures statistiques du chômage, de la précarité et de la délinquance.

L'année passé nous avions déjà bloqué l'école, bloqué la circulation, été reçu par l'académie. Notre investissement est parfois épuisant mais nous refusons de plier devant une politique qui s'appuie uniquement sur des quotas, chiffres, données brutes et qui « déshumanise » l'école.

Cette année encore nos revendications n'ont pas été entendues et le cas se présente à nouveau où un enfant est en partie déscolarisé (12 heures de cours par semaine) parce qu'aucune place n'est disponible en institut spécialisé (SESSAD, I.M.E. …) et que les moyens attribués à l'école sont dérisoires.

Qu'il est facile de fermer une classe pour cause d'effectif mais, parallèlement, de ne pas en ouvrir dans les établissements spécialisés alors que la demande est pressante (plusieurs années d'attente, des files d'attentes croissantes).

Notre revendication ne tournent pas autour de notre seule école. Elle soulève des problèmes d'ordre national : notamment les zones rurales sont défavorisées parce que tous les moyens sont attribués à des zones urbaines (souvent mieux loties de part les structures associatives et médicales qui s'y localisent).

L'école de la république (j’ôte volontairement la majuscule) devient un terrain « darwiniste » où la loi du plus fort, du mieux adapté, n'est plus contrebalancée par le rôle d'un état qui se désengage progressivement. La plus froide logique administrative décisionnaire admettrait que le peu d'économie que nous réalisons aujourd'hui induira nécessairement un coût exorbitant dans l'avenir. L'absence de prévention aujourd'hui impliquera la mise en place de remèdes que nous ne pourrons pas même assumer dans l'avenir.

 


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